On est plus proche d'une liberté totale que s'accorde l'auteur rapport à plusieurs palettes imaginables de métatextuel que de "prémices" ou autre. Autant chez certains écrivains du XXe on peut voir des idées très clairement en rupture avec le roman classique, mais qui s'inscrivent dans le modernisme (Paludes, Swim-two-Birds ou autre), autant l'idée n'étant pas l'épuisement du verbe pour mettre en avant ses échecs chez les plus anciens, mais plutôt un mélange de fantaisie, de jouissance ou de proto vision oblique comme Conrad l'a théorisée.
Ou alors on considère le Quichotte comme un roman postmoderne aussi à ce titre, et pourquoi pas Sterne et d'autres. Mais ça ne veut plus rien dire. Ou alors on n'établit pas non plus de frontière entre le monologue intérieur et le stream of consciousness et on le considère le second comme une évolution temporelle du premier, ce qui n'est pas non plus le cas.
Entre Schnitzler et Faulkner, il y a un monde, une succession de paradigmes, pas juste trente ans.
Il faut jeter toute cette merde et simplement admettre que le plaisir de "citer" - et toutes les pratiques qui en découlent, du plagiat (exercice littéraire respectable) à la parodie en passant par le pastiche, sont consubstantielles au fait d'être un lettré qui ne dissocie pas fondamentalement lire et écrire.
Très précisément
Le 16 juin 2022 à 11:16:39 :
Il faut jeter toute cette merde et simplement admettre que le plaisir de "citer" - et toutes les pratiques qui en découlent, du plagiat (exercice littéraire respectable) à la parodie en passant par le pastiche, sont consubstantielles au fait d'être un lettré qui ne dissocie pas fondamentalement lire et écrire.
Oui. Il y a de bonnes pages là-dessus dans un bouquin sur les mémoires de Debord, publié chez Allia, je peux vous les retrouver.
Balance toujours si t'as, ça nourrit le topax et la réflexion et ça sort de la boucle "commencer Schopenhauer".
Par exemple ces pages sur la dialectique de la mémoire et de l'oubli chez Debord. Rien de fulgurant, mais assez juste :





Photos prises à l'arrache avec un objectif pourri, ce ne sera lisible que sur écran d'ordi...
(et qui expliquent le sentiment d'élection ou d'affiliation à une communauté d'esprit ou d'affects des lecteurs les plus fervents et lettrés de Debord)
Je lis L'île d'Arturo de Elsa Morante. Je confond toujours avec Elena Ferrante. D'ailleurs je trouve ça dégeulasse d'avoir pris ce pseudo.
J'ai flashé sur Les inconsolés de Min Tran Huy, une histoire de coup de foudre qui finit mal entre deux personnages de caractère et de classe sociale et culturelle complètement opposés. Vivement que je puisse le lire.
Je suis en train de lire The Citadel of the Autarch (4e livre du cycle The Book of the New Sun lui même dans The Solar Cycle) de Gene Wolfe.
C'est un livre qui entre dans la catégorie 'Dying Earth' (fin de la Terre), mais c'est beaucoup plus que ça.
Je tente "des souris et des hommes" de Steinbeck en anglais
Le 16 juin 2022 à 14:53:19 :
Je viens de finir Inherent Vice de Pynchon. Hâte de voir le film d'Anderson du coup.
Tu en as pensé quoi ?
Régression de Fabrice Papillon.
Amers - Saint-John Perse, entre autres petites choses. Je choisis bientôt mon prochain roman.
Le 18 juin 2022 à 07:57:03 :
Régression de Fabrice Papillon.
Il raconte comment il retourne à l'état de chenille, c'est affreux 
Les impatientes de Djaïli Amadou Amal.
Je viens de terminer "Huzursuzluk" de Zülfü livaneli. En turc.
Maintenant j'hésite entre les 10 petits nègres, et Hamlet.
Je débute en lecture ![]()
Enfin fini Le Devoir de violence, de Yambo Ouologuem, sur lequel je calais un peu.
Pour ceux qui l'ignorent comme je l'ignorais moi-même jusqu'à récemment, c'est le texte (et l'auteur) qui inspirent Elimane et son oeuvre dans le Goncourt de Sarr.
C'est une sorte d'épopée orale qui raconte l'histoire d'un empire fictif vaguement inspiré du Mali entre le Moyen-Âge et la seconde guerre mondiale. On voit comment une dynastie de rois locaux assurent à travers les siècles la pérennité d'un empire basé sur l'exploitation presque zombie par moments de leur peuple comme esclaves, que ce soit avant, pendant ou après la colonisation proprement dite.
C'est un roman violent et poétique, avec évidemment une poignée de scènes de cul, qui insiste sur la perversité un peu tribale des élites africaines et sur le système magique mi-juif mi-païen mi-musulman (oui ça fait trois demi) qu'elles organisent pour créer leur représentation.
C'est un vrai bon livre que je n'ai pas réussi du tout à kiffer sur la quasi totalité de ses pages malgré son énonciation griotique (en fin de partie surtout) que j'adore vraiment. Mais c'est à tester, c'est intéressant pour les gens dans le trip de la littérature noire.
Les colons y tiennent la mauvaise place qu'ils méritent mais ceux-ci demeurent finalement très périphériques et le roman est très négatif et déconstructeur envers toute une manière de rêver et de magnifier la négritude et la tradition.
C'est peut-être ce souffle de négativité un peu nihiliste qui m'a d'ailleurs pas plu, en tout cas je dirais que c'est un de ces cas rares pour moi de livres que j'identifie comme très intéressants et que je n'aime pas du tout.
Et quand on le lit, on voit bien que y a encore moins d'idée dans Sarr que ce qu'on en pensait initialement.
Le 19 juin 2022 à 08:50:50 :
Enfin fini Le Devoir de violence, de Yambo Ouologuem, sur lequel je calais un peu.Pour ceux qui l'ignorent comme je l'ignorais moi-même jusqu'à récemment, c'est le texte (et l'auteur) qui inspirent Elimane et son oeuvre dans le Goncourt de Sarr.
C'est une sorte d'épopée orale qui raconte l'histoire d'un empire fictif vaguement inspiré du Mali entre le Moyen-Âge et la seconde guerre mondiale. On voit comment une dynastie de rois locaux assurent à travers les siècles la pérennité d'un empire basé sur l'exploitation presque zombie par moments de leur peuple comme esclaves, que ce soit avant, pendant ou après la colonisation proprement dite.
C'est un roman violent et poétique, avec évidemment une poignée de scènes de cul, qui insiste sur la perversité un peu tribale des élites africaines et sur le système magique mi-juif mi-païen mi-musulman (oui ça fait trois demi) qu'elles organisent pour créer leur représentation.
C'est un vrai bon livre que je n'ai pas réussi du tout à kiffer sur la quasi totalité de ses pages malgré son énonciation griotique (en fin de partie surtout) que j'adore vraiment. Mais c'est à tester, c'est intéressant pour les gens dans le trip de la littérature noire.
Les colons y tiennent la mauvaise place qu'ils méritent mais ceux-ci demeurent finalement très périphériques et le roman est très négatif et déconstructeur envers toute une manière de rêver et de magnifier la négritude et la tradition.
C'est peut-être ce souffle de négativité un peu nihiliste qui m'a d'ailleurs pas plu, en tout cas je dirais que c'est un de ces cas rares pour moi de livres que j'identifie comme très intéressants et que je n'aime pas du tout.
Et quand on le lit, on voit bien que y a encore moins d'idée dans Sarr que ce qu'on en pensait initialement.
Très intéressant. Ca me changera de l'avis de mes profs qui me bourrent le crâne et magnifient comme tu dis si bien, les peuples colonisés.
Le 19 juin 2022 à 09:34:53 :
Le 19 juin 2022 à 08:50:50 :
Enfin fini Le Devoir de violence, de Yambo Ouologuem, sur lequel je calais un peu.Pour ceux qui l'ignorent comme je l'ignorais moi-même jusqu'à récemment, c'est le texte (et l'auteur) qui inspirent Elimane et son oeuvre dans le Goncourt de Sarr.
C'est une sorte d'épopée orale qui raconte l'histoire d'un empire fictif vaguement inspiré du Mali entre le Moyen-Âge et la seconde guerre mondiale. On voit comment une dynastie de rois locaux assurent à travers les siècles la pérennité d'un empire basé sur l'exploitation presque zombie par moments de leur peuple comme esclaves, que ce soit avant, pendant ou après la colonisation proprement dite.
C'est un roman violent et poétique, avec évidemment une poignée de scènes de cul, qui insiste sur la perversité un peu tribale des élites africaines et sur le système magique mi-juif mi-païen mi-musulman (oui ça fait trois demi) qu'elles organisent pour créer leur représentation.
C'est un vrai bon livre que je n'ai pas réussi du tout à kiffer sur la quasi totalité de ses pages malgré son énonciation griotique (en fin de partie surtout) que j'adore vraiment. Mais c'est à tester, c'est intéressant pour les gens dans le trip de la littérature noire.
Les colons y tiennent la mauvaise place qu'ils méritent mais ceux-ci demeurent finalement très périphériques et le roman est très négatif et déconstructeur envers toute une manière de rêver et de magnifier la négritude et la tradition.
C'est peut-être ce souffle de négativité un peu nihiliste qui m'a d'ailleurs pas plu, en tout cas je dirais que c'est un de ces cas rares pour moi de livres que j'identifie comme très intéressants et que je n'aime pas du tout.
Et quand on le lit, on voit bien que y a encore moins d'idée dans Sarr que ce qu'on en pensait initialement.
Très intéressant. Ca me changera de l'avis de mes profs qui me bourrent le crâne et magnifient comme tu dis si bien, les peuples colonisés.
Ces fameux profs d'histoire au visage criblé de cicatrices qui nous racontaient les exploits guerriers de leurs ancêtres, entre deux séances d'initiation aux divinité astrales (interdites aux femmes). Ils n'ont pas duré longtemps, mais quels ravages ils ont fait dans nos consciences juvéniles !
Dans l'ensemble, ce n'est pas un bouquin qui peut servir efficacement de caution à quoi que ce soit parce que personne n'en sort réellement sauvé, pas même les victimes des exactions des autres qui ne sont traitées qu'avec peu de pathétique.
Mais c'est une vision intéressante quoi qu'il en soit.
Le 18 juin 2022 à 22:43:09 :
Je viens de terminer "Huzursuzluk" de Zülfü livaneli. En turc.Maintenant j'hésite entre les 10 petits nègres, et Hamlet.
Je débute en lecture
👍