Après Comme les amours de Javier Marías, je lis Avril brisé de Kadaré, que je gardais pour avril oui ; j'en suis à la fin et j'aime beaucoup.
Rapidement, de ce que j'ai lu de Javier Marías, j'aime sa propension à gratter dans les angles sombres de l'esprit humain, par rapport à des situations ou à des idées qui mettent en jeu la morale, questionnent le comportement à tenir, et cela à travers des introspections ou des analyses qui tirent en longueur. Mais j'ai trouvé qu'il y avait quelque chose de décevant et d'un peu superficiel dans son système, comme s'il n'allait pas jusqu'au bout de cette prise en main, de cette plongée en matière (malgré ses circonvolutions, ses redondances), ou qu'elle finissait un peu en queue de poisson par exemple dans une révélation finale, ou un suspens final ; quelque chose qui laisse sur sa faim, sans que l'action ou l'inaction finale y remédie. Et avec ça, je trouve que dans certains cas placer son texte sous l'autorité de telle et telle référence littéraire, qui revient régulièrement, ne fonctionne pas, n'apporte pas grand-chose au texte en soi (mais je pense que dans certains cas c'est moi qui n'ai pas bien compris / adhéré au truc) même quand la référence est, elle, réinterprétée / relue de manière intéressante.
Bref, je le lis sans déplaisir, ça m'intéresse, mais j'ai encore une opinion trouble (que je ne devrais peut-être pas forcément chercher à éclaircir) quant à cet auteur. Je ne sais pas encore bien ce qui fait que je ne peux pas simplement aimer ses bouquins alors qu'au fond c'est un type de narration qui me plaît beaucoup.
Le 08 avril 2022 à 08:50:54 :
Les ailes de la Colombe de Henry James c'est fatiguant à la longue, on se laisse prendre pendant la lecture mais entre temps j'ai vraiment pas envie de me relancer dedans, c'est le problème des pavés aux phrases alambiqués.
Je préfère Portait de femme du même auteur, beaucoup plus digeste.
De Henry James tu as Washington Square aussi qui se lit bien.