James est un homme las. Sa femme est atteinte d’un mal incurable, et dépérit jour après jour. Sa souffrance devient insoutenable pour James, elle le mine, elle, lui. Alors, pour elle, pour lui, il la tue.
Anéanti de douleur, le temps s´étire. Une semaine devient trois années dans sa tête ( cf. Laura). Il se convainc d’avoir reçu une lettre écrite de la main de sa femme.
Cette lettre est un espoir fou : retrouver sa femme en vie, réparer l’irréparable, mais surtout, elle cristallise une rédemption possible.
Silent hill 2 retrace le parcours tortueux d’un homme rongé par la culpabilité. Le jeu, à travers ses différentes fins, va mener à bien, ou à mal, un véritable travail de deuil. Accepter la mort de sa femme et se pardonner – vivre – ou sombrer à jamais dans la négation du réel par le suicide ( dans l’eau) ou la perte de soi dans l’underground le plus total ( Maria). En somme l’aventure de James pourrait s’apparenter à une tentative d’exorcisme : se libérer de la culpabilité, du meurtre commis, faire son deuil et recommencer – peut-être – à vivre.
Le joueur va accompagner James dans cette quête pour la vie à travers la ville fantôme, le suivre dans les méandres des rues et des maisons comme dans les sinuosités de son imagination. Car ce paysage d’étrangeté est autant extérieur qu’intérieur. Silent Hill n’est rien d’autres que le reflet de son tourment. Et il n’a dans ce brouillard opaque pour se guider que la lueur lointaine de son espoir, absolument fou : retrouver sa femme en vie, quelque part dans Silent Hill.