L'analyse socio des réactions épidermiques n'est pas mauvaise à rappeler, mais borner les bienfaits ou la nécessité d'une réforme sur la langue à l'espoir de meilleurs résultats chez les jeunes revient à prendre le problème par le mauvais bout.
L'échec scolaire se traduit par une accumulation de retards, il y a déjà eu des études sur les petits 6e qui fraichement débarqués au collège avec des lacunes bien souvent les creuseront plutôt que l'inverse. Les gens mauvais en grammaire & orthographe le sont avant tout à cause de l'absence de fondamentaux, les erreurs les plus récurrentes que je vois portent sur le démonstratif/possessif, (sa/ça, ces/ses), l'infinitif/ppassé (manger/mangé) ou encore les auxiliaires & leurs règles. Choses censées être solides en primaire.
Imo, un nivellement par le bas, doux ou frontal, ne comblera jamais chez le mauvais élève le manque de méthodologie, de régularité, d'investissement, ou de suivi des parents. Peut tout au plus te faire gagner 1 ou 2 pts sur une rédac' de 4e.
Le véritable bien-fondé d'une réforme linguistique > une langue étant en perpétuelle évolution voit son patrimoine acquis tomber en désuétude d'un côté et le langage parlé du temps présent prendre l'espace de l'autre > il faut donc faire un écrémage régulier pour tenir les deux bouts de la corde le plus harmonieusement possible en limitant les archaïsmes étymologiques, les pléonasmes, les contresens, les exceptions, enfin toute la somme d'écueils qui gonfle au fil du temps.
Comme le balayage au curling.
Avec ces réalités dans le viseur tu peux construire pépère une politique culturelle logique & cohérente & sans heurts & sans stress en sirotant ton mojito dans ton fauteuil d'Académicien. Les mauvais élèves eux resteront mauvais, et rien ne change pour les passionnés de linguistique qui auront toujours leur gamelle pleine.