Pour la petite histoire, Boulez est le grand représentant tyrannique du sérialisme intégral, technique de composition cherchant comme d'hab à substituer les systèmes tonaux/modaux polarisés que l'on connait tous.
Le but du jeu est de paramétrer une ou plusieurs séries génératrices, de hauteurs, dynamiques, durées, timbres, etc, puis on déroule ce qui s’apparente à gros travail combinatoire, donnant ce qu'on écoute ici, à savoir un truc plus proche des recherches acoustiques du CNRS que de la musique comme on l'attend. Tout devient combinaison, il n'y a plus de pôle harmonique, mélodique ou rythmique auquel s'accrocher pour le cerveau.
Bref, c'est tout à fait normal de trouver cette musique pourrave, à moins d'être soit-même sérialiste, musicologue, orchestrateur très avancé, ou d'aimer les jeux intellectuels, elle n'a aucun intérêt pour un lambda. Elle serait morte depuis longtemps sans l'acharnement thérapeutique de l'Etat et ses subventions (et Boulez a eu un grand poids là-dedans, étouffant toute autre alternative artistique).
Mais ça reste bon à préciser car on est loin du monde de charlatans qu'est devenu "l'art contemporain" depuis ces dernières décennies, où ne compte que "ce qu'a voulu exprimer vaguement l'artiste dans les tréfonds vagues de son âme complexement vague" . Les compositeurs dont on parle sont des têtes, de grands techniciens & chercheurs parfois plus proches des scientifiques que des artistes, dont les oeuvres sont globalement beaucoup plus "objectives", elles sont et puis point, pas de profondeur métaphysico-mystique à chercher à grands coups ~d'ouverture d'esprit~.
S'il fallait les rapprocher d'un autre genre artistique, ce serait sans doute l'OuLiPo en littérature, pour ceux qui connaissent.