"acceptons la cession de virginité, la vente d'organes etc.
Après tout, on devrait tous avoir le droit de disposer de notre corps comme bon nous semble, nous ?"
ben quelqu'un qui met la liberté au dessus tout le reste te dirait que oui, on peut vendre ses organes si on veut, aussi monstrueux que ce soit, même si c'est par contrainte économique (ça n'efface jamais complètement la liberté de l'individu de faire des choix, on n'est pas VRAIMENT LIBRE (si tant est que ça veuille dire quelque chose puisque tout acte reste dirigé par une tonne de facteurs contraignants) mais on n'est pas esclave non plus au moment de faire son choix)(par contre on peut devenir esclave après, mais c'est autre chose).
Et un exemple qui nous touche de plus près que la vente d'organe (qui concerne plus l'Europe de l'Est), c'est simplement le suicide : on se suicide également par désespoir, jamais par gaité de cœur et spontanéité, pourtant c'est le cran au dessus de la vente d'organe.
Alors j'ai pas d'avis tranché sur le reste, mais si demain j'en ai marre et que je veux me suicider, j'ai certainement pas envie qu'on me dise que je n'en ai pas le droit.
Dans cette optique moi oui j'ai un peu une vision jusquauboutiste du droit à disposer de soi.
"qui veut que la dignité humaine s'apprécie aussi objectivement"
Moué, apprécier "objectivement" la dignité qui est une conception philosophique, bon courage.
Mais là en plus on entre un peu dans ce que Lorgue parlait hier, d'inertie catholique. Considérer que le sexe est un acte grave, lourd, qu'il faudrait le sacraliser par la seule relation amoureuse et que le faire à la légère est un manque de dignité et d'amour propre, c'est un relent de la religion, c'est certainement pas un extrait du code civil des bonobos.
Et ne parlons pas de la dimension marchande, désacraliser un acte céleste pour de l'argent c'est encore plus infamant.
Alors si on ne mord pas à l'hameçon de la "dignité humaine", et qu'on considère que l'intégrité physique reste infiniment moins remise en cause que la vente d'organe...
(d'ailleurs l'ouvrier qui bosse 10h par jour sur des machines à répéter le même geste toute la journée, c'est un joli cas de dignité humaine aussi)
"Mais celles qui veulent continuer n'ont sans doute pas envie, elles n'ont juste pas le choix j'imagine"
Ils ont déjà fait des reportages sur des prostituées qui, sans aimer leur activité à proprement parler, se disaient tout de même préférer ça à bosser comme femme de ménage ou caissière. Mais bon les prostituées indépendantes ne sont pas le plus gros morceau, encore moins celles qui s’accommodent positivement de leur job.
Par contre on peut dire que cette petite minorité restera la plus durement touchée par cette loi, parce que les filles dans les filets du proxénétisme se feront simplement exploiter ailleurs, sous le manteau.
Vouloir abolir une pratique de ce genre qui brasse autant de fric et qui aura toujours des clients, c'est comme vouloir abolir le trafic de drogue, l'alcool ou le jeu, dans un monde idéal tout le monde voudrait qu'on puisse s'en débarrasser et vivre sainement comme des anges, dans la réalité ça existera toujours et nous resterons des animaux, pleins de subtilités mais des animaux quand même. Alors que faut-il ? se battre pour ses idéaux mordicus même si ça semble inaccessible ou accepter les faits et tenter de limiter la casse ?
C'est une question qui revient souvent.
(d'ailleurs c'est la même qui anime la légalisation du cannabis ou l'autorisation des salles de shoot)