Le résulat de cette finale était prévisible. Il y avait quelque chose d'inévitable dans le scénario de cet affrontement. Si Nadal aura eu le mérite de conserver le suspens avec le gain de la troisième manche, on sentait le Serbe tout simplement trop fort, trop régulier, trop bon, trop précis.
Pour tout dire, la première et la dernière manche de cette finale m'ont penser aux inombrables Nadal/Djokovic auxquels on a déjà eu droit cette saison. Comme à Madrid, comme à Rome, on a vu un Espagnol qui s'accrochait, qui faisait presque jeu égal avec le Djoker. Et puis, inévitablement, sur les fins de set, le Serbe a montré qu'il était le patron. Souvenez-vous de Rome : Djokovic mène 1 set à 0, 5-4n service Nadal. Et là, on sent qu'il décide d'accélerer. Djokovic se décide tout simplement à gagner. Il mène rapidement 0-40 et gagne le match. Même scénario aujourd'hui : à 4-3, le Serbe semble décider d'élever son niveau de jeu. Il mène alors 0-40 puis 15-40 : le match est en passe d'être gagné.
Cette victoire était donc inévitable. On avait beau dire que Nadal était meilleur en 3 sets gagnant, la vérité est criante : aujourd'hui, le Serbe est meilleur que Nadal dans l'échange, la régularité. Il s'amuse tout simplement à battre Nadal à son propre jeu. Doté d'un retour au moins aussi bon que l'Espagnol, avec un meilleur revers et un coup droit très solide, le Serbe montre, pour la cinquième fois en quelques mois, qu'il domine Nadal aussi bien techniquement que physiquement.
Djokovic vient de confirmer ce dont on se doutait déjà depuis Roland Garros : quand il joue à ce niveau-là, des joueurs comme Tsonga ou Federer sont bien plus dangereux pour lui qu'un Nadal. Le Suisse et le Français ont quelque chose d'imprévisible : dans un bon jour, leur coup droit et leur service dévastateur leur permettent de tenir Djoko en respect. Nadal, lui, n'a pas le même jeu. Il n'y peut rien. Comme une fatalité, il est condamné à voir son coup droit lifté revenir à chaque fois. Il est condamné à échouer en pillonant revers et/ou coup droit de Djokovic. Nadal est très bon, Djokovic est juste excellent : avec le même type de jeu, il fait tout simplement tout mieux. Le Serbe est le premier à mettre en lumière les limites de l'Espagnol.
C'était inévitable, Djokovic devient le nouveau roi du tennis.