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Interview : comment Rafa est devenu Rafa

superman5
superman5
Niveau 10
24 janvier 2011 à 23:54:28

Entretien avec Toni Nadal dans les coulisses de l’Open d’Australie. L’oncle et coach du numéro un mondial raconte le chemin parcouru avec l’humilité qui caractérise le clan. J'ai trouvé ça très intéressant.

Le Temps : Rafa a commencé le tennis à 4 ans. Avez-vous rapidement pensé qu'il deviendrait pro ?

Toni Nadal : Non. Même si, quand tu es l'entraîneur et l'oncle, tu as envie de rêver à de grandes choses. C'est d'abord avec mon regard de parent que je le voyais devenir un bon joueur. Il se débrouillait très bien. Il a remporté le Championnat des Baléares à 8 ans, alors que la limite d'âge était de 12 ans.

- Vous avez beaucoup misé sur l'éducation…

Toni Nadal : C'était essentiel à mes yeux. D'abord, parce que c'est plus facile de travailler avec un garçon bien élevé. Et deuxièmement, comme c'est mon neveu, je ne voulais pas que les gens aient une mauvaise image de lui. Pour un sportif, la notion est importante. Elle signifie que vous avez une discipline, que vous savez écouter et vous remettre en question. Sur un court, Rafael a du respect pour tout le monde, les ramasseurs de balles, l'arbitre, ses adversaires. C'est pareil en dehors.

- Plus jeune, Federer était colérique. Est-ce que Rafa s'énervait ?

Toni Nadal : Non jamais. Il a toujours eu un bon tempérament. Il n'a jamais cassé de raquette.

- Sa force mentale est incroyable…

Toni Nadal : Le sport est avant tout un effort et un travail mental. Passer la balle par-dessus le filet n'est pas si difficile. C'est l'attitude qui compte. La capacité à surmonter un obstacle. Certains n'ont pas besoin de ça pour jouer au tennis. Quelqu'un comme Federer a le coup de raquette si facile qu'il peut faire ce qu'il veut. Quand Rafael était jeune, j'ai mis l'accent sur le mental. C'est utile dans le tennis et dans la vie. On en revient à la notion d'éducation. Si tu es capable d'affronter les difficultés de l'existence, tu peux aussi le faire sur un court. Dans la famille, on a été élevés avec l'idée que dans la vie, il faut savoir regarder l'adversité en face. J'ai habitué Rafael à l'idée que les choses ne vont pas toujours bien. Depuis tout petit, il a appris que la vie est faite de leçons à tirer.

- Est-ce vrai qu'il était droitier ?

Toni Nadal : Au début, il faisait tout à deux mains, coup droit et revers. Il était gaucher au niveau des jambes, alors je me disais qu'il l'était aussi des bras. On a commencé le service en utilisant sa main gauche et après, je lui ai fait faire son coup droit à une main, avec la gauche. Mais aujourd'hui, je ne sais pas ce qu'il est. La vérité, c'est qu'il ne sait rien faire de la main gauche. Ni écrire, ni manger, ni jouer au golf, ni lancer une balle.

- Comment est né son coup droit "lasso" ?

Toni Nadal : Petit, face à des joueurs de son âge, il avait un geste normal. Quand il a commencé à disputer le tournoi de Monte-Carlo, il avait moins de force que ses adversaires. Il avait tendance à frapper la balle un peu tard et il s'est mis à faire le lasso. Mais moi, toute ma vie, je lui ai dit de frapper la balle comme Federer.

- Il dit toujours que Federer l'a aidé à élever son jeu…

Toni Nadal : Si tu te mesures avec quelqu'un qui court systématiquement plus vite que toi, tu fais tout ce que tu peux pour le rattraper. Quand tu te retrouves face à un joueur comme Federer, tu es obligé d'élever ton niveau au maximum.

- Rafa, c'est cette capacité à courir sur toutes les balles…

Toni Nadal : Tous les bons joueurs ont cette capacité. Federer l'a. Monfils est plus rapide que Rafael. Ferrer et Djokovic aussi. Il y a très peu de différences.

- Alors qu'a-t-il en plus ?

Toni Nadal : Ce qu'il a en plus que tous les autres, mais moins que Federer, ce sont les titres en Grand Chelem. Je ne sais pas ce qu'il a en plus. Quand je vois d'autres joueurs, ils me paraissent aussi bon que Rafael.

- Quel regard portez-vous sur le jeu de Federer ?

Toni Nadal : Il a un toucher de balle unique. Je ne connais pas de sportif (et je ne parle pas que du tennis) qui maîtrise son sport comme Roger le fait. Il a un des meilleurs services du monde, le meilleur coup droit, une des meilleures volées, le meilleur revers coupé, un bon lift, un jeu de jambes incroyable.

- Qu'a changé Paul Annacone?

Toni Nadal : Il est plus agressif. Je l'ai constaté à l'US Open et au Masters. Mais plus que Paul Annacone, c'est la défaite qui l'a changé. Il en a connu plusieurs depuis son 16e Gand Chelem ici, il y a un an. Il a réalisé qu'il devait changer quelque chose et c'est ce qu'il fait. C'était pareil pour Rafael l'an dernier. On s'est dit que si on ne faisait rien, c'était fini. Alors il a changé de cordage et modifié son service. Son jeu a évolué.

- Est-ce le fruit de votre travail ?

Toni Nadal : Oui, mais c'est une question d'attitude. Le plus important pour s'améliorer, c'est avoir envie de progresser. Dans sa tête, Rafael est habité en permanence par le désir de faire mieux. Tu es obligé de progresser sinon tu recules. Rafa sait qu'il ne peut pas se reposer sur ses lauriers. Djokovic, Murray et Söderling ne sont pas loin. Et Federer, pfouh, il est encore là. Quand Rafael a décroché son premier Roland-Garros, je lui ai dit: «N'oublie pas qu'il y a des joueurs qui ont gagné ici avant toi, dont on pensait qu'ils allaient remporter plusieurs Roland-Garros, et qui n'en ont gagné qu'un seul.»

- La notion d'objectif à court terme est-elle votre philosophie ?

Toni Nadal : Nous savons que c'est difficile de gagner. Demain (samedi), nous affrontons un jeune et très bon joueur (Tomic). Alors peut-être qu'après-demain, nous serons dans l'avion. Depuis qu'il est tout petit, nous nous sommes toujours fixé des objectifs à court terme, pour le travail quotidien, mais aussi à long terme. Pour savoir quel chemin suivre et se le dessiner dans la tête, il faut d'abord savoir où l'on veut aller.

- Certains comparent la relation entre un joueur et son coach à celle d'un couple. Chez vous, elle est plutôt filiale…

Toni Nadal : Dans un couple, la relation en principe est équilibrée. C'est du 50-50. Entre un joueur et son coach, c’est 90-10, voir 95-5. Le joueur est le patron. Il paie son coach et estime donc avoir le pouvoir. Je vois souvent des joueurs qui parlent mal à leur entraîneur. Mais si le coach veut garder son job, il doit s'écraser.

- Mais entre Rafael et vous, ce n'est pas comme ça…

Toni Nadal : Non. Sinon, je ne serais pas ici. Je viens en Australie pour aider mon neveu. Mais s'il me parle une fois mal, je rentre chez moi.

- Est-ce vrai que vous ne voulez pas être rémunéré ?

Toni Nadal : Je ne veux pas recevoir d'argent de mon neveu. A un moment, mon frère voulait que Rafael me paie. J'ai refusé. Pour pouvoir continuer à lui dire ce que je veux. S'il me rémunérait, cela fausserait notre relation.

- Il est comme un fils pour vous. Comment gérez-vous l'aspect émotionnel ?

Toni Nadal : C'est plus compliqué pour lui. J'étais dur quand il était jeune car en tant qu'oncle, tu te permets plus facilement de t'énerver contre le joueur après une défaite. J'ai appris à contrôler ça.

- Il cherche souvent votre regard sur le court. Pour se rassurer?

Toni Nadal : C'est une habitude qu'il a prise depuis tout petit. Certains m'ont reproché de lui parler pendant les matches, mais je ne dis rien. Maintenant, il me regarde moins.

- On vous sent très proches…

Toni Nadal : La famille est très soudée. C'est aussi lié à l'attitude de Rafael. Je crois qu'il aurait le même respect avec un autre entraîneur.

- On a l'impression que la modestie est une marque de fabrique chez les Nadal…

Toni Nadal : C'est plutôt la marque de notre implication dans le monde. Nous ne faisons que passer une balle par-dessus un filet. Cela ne nous rend pas supérieurs aux autres. Je suis important pour ma famille. Mais je ne suis qu'une personne parmi des milliards. La modestie n'a rien d’extraordinaire. C'est l'inverse qui n'est pas normal.

- Mais ce n'est pas évident de rester modeste quand, comme Rafa, on ne peut pas faire un pas sans attirer les foules.

Toni Nadal : Il sait que cette situation est due au fait qu'il est numéro un dans son sport et que dans quelques années, ce sera terminé. Et surtout, il sait que cela ne le rend pas plus important que les autres. Quand j'étais jeune et que je regardais Borg ou Lendl à la télévision, j'étais impressionné et je pensais que ces champions étaient des gens à part. Maintenant que j'occupe la même place sur le court que le coach de Borg, je sais que Rafa n'est pas quelqu'un de spécial. Et moi encore moins. J'en déduis qu'il n'y a personne au-dessus des autres.

-–Etes-vous fier de Rafael?

Toni Nadal : Je n'aime pas ce terme mais je suis content d'être ici, de voir mon neveu gagner des titres.

- Sa plus grande qualité?
Toni Nadal : Sur un court, c'est sa combativité. En dehors, sa gentillesse.

- Les enfants l'adorent. Expliquez-vous ce pouvoir d'attraction par sa nature généreuse ?

Toni Nadal : Les jeunes aiment son caractère de battant. Alors que les personnes un peu plus âgées apprécient plus le côté gentleman de Federer. Par ailleurs (je ne devrais pas dire ça vu que c'est mon neveu), il n'y a pas beaucoup de joueurs qui consacrent autant de temps à signer des autographes. Il est patient avec les enfants. Au restaurant, il va se lever jusqu'à sept fois pendant le repas pour poser avec des gens. Il dégage une certaine proximité. Alors que Federer paraît plus inaccessible, davantage sur un piédestal.

-–Il paraît que vous faisiez croire à Rafa que vous aviez des pouvoirs magiques…

Toni Nadal : Oui et je le fais encore avec mon fils. Rafa était un petit garçon très crédule. Alors je lui faisais croire que j'étais un grand joueur de l'AC Milan, ou que j'avais gagné plusieurs fois le Tour de France avec une mobylette. Je lui ai dit aussi que j'étais un magicien. Un jour, je l'avais pris pour remplacer un joueur du club lors d'une rencontre par équipe. Il avait 7 ans et devait affronter un garçon de 12 ans. Alors pour le rassurer, je lui ai dit que si je voyais qu'il était mené au score, je ferais tomber la pluie pour interrompre la partie. Il était moins fort que le garçon mais courait sur toutes les balles et le match était serré. Quand la pluie est arrivée, il m'a dit: «Oh non, tu devrais l’arrêter, je crois que je peux gagner.»

Tina_Kennard
Tina_Kennard
Niveau 46
24 janvier 2011 à 23:59:34

J'en connais un autre qui souhaite soigner son ratio, moi. :pacg:

superman5
superman5
Niveau 10
25 janvier 2011 à 00:03:26

T'es obsédé par les stats L-orgue :o)) Par contre désolé pour les caractères "’", bizarre :(

Mover
Mover
Niveau 10
25 janvier 2011 à 00:05:50

C'est bien vrai que L-orgue est possédé par la seule stats qui compte à ses yeux : le nombre de caractères par message. :o))

- Sa force mentale est incroyable…

Toni Nadal : Le sport est avant tout un effort et un travail mental. Passer la balle par-dessus le filet n'est pas si difficile. C'est l'attitude qui compte. La capacité à surmonter un obstacle. Certains n'ont pas besoin de ça pour jouer au tennis. Quelqu'un comme Federer a le coup de raquette si facile qu'il peut faire ce qu'il veut. Quand Rafael était jeune, j'ai mis l'accent sur le mental. C'est utile dans le tennis et dans la vie. On en revient à la notion d'éducation. Si tu es capable d'affronter les difficultés de l'existence, tu peux aussi le faire sur un court. Dans la famille, on a été élevés avec l'idée que dans la vie, il faut savoir regarder l'adversité en face. J'ai habitué Rafael à l'idée que les choses ne vont pas toujours bien. Depuis tout petit, il a appris que la vie est faite de leçons à tirer.

:d) C'est vrai que Nadal a l'air d'une personne assez bien éduquée. :oui:

Tina_Kennard
Tina_Kennard
Niveau 46
25 janvier 2011 à 00:12:24

Obsédé est un peu fort. Mais oui, je tiens à mon ratio. Faut dire que sur les 30 classés, je suis 30è. Et comme j'aimerais continuer à figurer dedans... :o))

Mais je suis attentif aux autres stats aussi. Pourquoi croyez vous que je continue à poster chaque jour avec L-orgue au moins un message ? :pacg:

Mover
Mover
Niveau 10
25 janvier 2011 à 00:14:26

Pour poster, voyons. :pacg: Non, mais je sais bien que tu aimes bien les stats alors que les autres en ont juste trop rien à foutre.

Pas mal l'affaire de l'oncle qui disait qu'il était magicien.

superman5
superman5
Niveau 10
25 janvier 2011 à 00:14:59

Rien que pour une telle volonté de continuer à figurer dans le top, tu mérites le statut de GOAT des stats :ange:

Tina_Kennard
Tina_Kennard
Niveau 46
25 janvier 2011 à 00:25:55

J'irais pas jusqu'à dire qu'ils en ont trop rien à foutre des stats, suffit de voir la fréquence à laquelle le topic s'est fait uppé récemment. :o))

"Pour poster, voyons. "

-> Tu comprends rien. :pacg:
Pour poster, j'ai TK. Si je poste chaque jour avec L-orgue, c'est pour continuer à croître dans le classement le plus inertiel, celui de la présence en nombre de jours. :oui:

Non, je ne puis prétendre être le goat des stats, loin de là. :fou:

Mover
Mover
Niveau 10
25 janvier 2011 à 00:35:18

-> Tu comprends rien. :pacg:
Pour poster, j'ai TK. Si je poste chaque jour avec L-orgue, c'est pour continuer à croître dans le classement le plus inertiel, celui de la présence en nombre de jours. :oui:

Toi tu comprends rien. :pacg:

Mon petit pacman signifiait que j'étais ironique.

superman5
superman5
Niveau 10
25 janvier 2011 à 00:51:14

Vous comprenez rien tous les deux

shawt
shawt
Niveau 10
25 janvier 2011 à 01:10:11

Demande de ban pour incompréhension.

superman5
superman5
Niveau 10
25 janvier 2011 à 01:13:57

Tu viens polluer un de mes rares topics, j'aimerais tellement te défoncer la gueule.

fed37
fed37
Niveau 10
25 janvier 2011 à 01:18:59

Je suis un pur pro-federer. (je précise^^)

Je n'aime en rien le tennis de Nadal qui est une évolution de l'anti-tennis de Simon poussé à son paroxysme. De plus, sa carrière se finira bientot ou du moins ,il deviendra comme Hewitt à terme vu son tennis physique.

il a déjà fait preuve de manque de fair-play. Mais bon Roger a fait ses petites bourdes aussi remarque...

Mais ceci-dit, j'aime le personnage de Nadal, il incarne le bosseur, le combattif , la volonté. Et il a l'air d'une grande gentilesse en dehors des courts.

Espérons qu'il reste encore à ce niveau un peu pour des duels d'anthologies avec le maître.

Le tennis se joue à 2, il faut 2 génies pour que les plus grandes parties aient lieux.

Même si son style est horrible à mes yeux contrairement au maître qui est magnifique, il excelle dans son domaine et ça marche du tonerre.

Allez je vais soutenir un peu Nadal pour sa carrière^^, Vamos Rafa! mais l l'OA sera pour maître Roger^^

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