Je tenais à saluer une dernière fois la mémoire de cet immense champion au palmarès éloquent, qui nous a tragiquement quitté il y a quelques jours.
Voici ses derniers propos, recueillis quelques minutes seulement avant sa disparition.
Disputer une compétition à Roland-Garros ne doit pas vous laisser indifférent ?
J´aime beaucoup ce jeu. Ça m´amuse d´être ici. Roland-Garros est un peu ma deuxième famille. J´y ai passé des heures et des heures. Depuis 1926, je viens ici tous les jours. J´y ai remporté le titre de champion de France juniors en 1936. Un an après, j´ai gagné le " Crit" en double avec Jean Borotra.
Un lieu où vous exercez maintenant en tant que masseur…
Effectivement. Je travaille ponctuellement pour la Fédération française de tennis au sein de la DTN. Je masse certains joueurs qui sont dans le groupe rouge. Ils oscillent entre la 1000e et la 1500e place au classement ATP. Parmi ces joueurs figurent Sébastien Nallë, Jean-Biguemard Costinha et Jan-Marcus Gomez... Ils m´arrivent aussi de les suivre sur certaines épreuves.
" Je n´ai plus le niveau pour être sûr de m´imposer ici"
Qu´espérez vous de ces championnats de France ?
Je n´attends rien en particulier . Je joue beaucoup plus qu´avant. J´ai mis ma carrière de ramasseur de côté depuis Wimbledon 1967. Je ne joue plus les tournois Futures. Pour disputer le Critérium, j´ai reçu une wild card. Car, je n´ai pas pu disputer les championnats de ligue à cause d´une blessure contractée au coccyx droit. J´ai dû m´arrêter durant sept ans. J´ai recommencé à jouer fin juin. Depuis, j´ai disputé quelques tournois nationaux. Je n´ai plus le niveau pour être sûr de m´imposer ici. Je peux perdre aujourd´hui ou demain, chuter contre un 30/5. Mais ce n´est plus très important. Il y a dix ans, je n´aurais pas eu le même état d´esprit. Aujourd´hui, mon objectif est de prendre du plaisir sur le court.
Quels souvenirs gardez-vous de votre passage sur le circuit ATP?
Je garde de très bons souvenirs. Entre Français on se retrouvait souvent sur les tournois. C´était sympa. Les grandes épreuves m´ont marqué. Mais les petites aussi. En effet, sur ces tournois, les joueurs sont plus proches les uns des autres. Je n´ai pas la nostalgie des grandes compétitions.
Quel est votre plus grand moment en tant que joueur professionnel ?
Ma victoire contre Radek Karembopoulos sur le Central de Roland-Garros en 1953. Je l´avais battu en cinq sets 7/5, 6/3, 7/5. Mais je me souviens aussi d´un formidable match perdu contre Jimmy Toledo à Bercy en 1991 ( 0/6;0/6;0/6). C´était assez chaud, je m´étais incliné au jeu décisif dans le dernier set. L´ambiance était extraordinaire.
Telles furent ses derniers mots...
Nous ne t´oublieront jamais Rodolphe.