Avec un dixième titre dans les tournois Masters Series, Roger Federer a conclu magistralement le premier volet de sa saison. Victorieux à Doha, Melbourne, Indian Wells et Miami, le No 1 mondial attaquera dès le 17 avril à Monte-Carlo sa campagne sur terre battue qui le conduira à Rome, Hambourg et, bien sûr, Paris.
Depuis sa victoire à l´Open d´Australie, Roger Federer ne passe pas un jour sans penser à Roland-Garros. Au soir du dimanche 11 juin, le Bâlois pourrait, en effet, devenir le premier joueur depuis Rod Laver en 1969 à remporter les quatre tournois majeurs à la suite. Même si elle ne lui assurera pas encore le Grand Chelem - enlever les quatre tournois la même année -, une victoire à Paris sera bien son Graal.
Douze ans après Sampras
Il y a douze ans, Pete Sampras s´était retrouvé dans la même position que Federer. Il était, lui aussi, arrivé à Paris avec dans ses bagages les titres à Wimbledon, Flushing Meadows et Melbourne. Mais à Roland-Garros, le Californien tombait en quatre sets devant Jim Courier en quarts de finale.
Incollable sur l´histoire du tennis, Roger Federer sait très bien que Sampras n´a jamais vraiment mis tous les atouts de son côté pour aborder Roland-Garros dans les meilleures conditions. Tout le contraire de Federer en 2006. Ainsi, le soir de son sacre à Melbourne, le No 1 mondial a passé une bonne partie de la nuit à… élaborer avec Tony Roche le programme de sa saison sur terre battue. Les deux hommes sont arrivés à la conclusion qu´il ne fallait en aucun cas cette année faire l´impasse sur Monte-Carlo ou Hambourg. «Je veux jouer à tout prix les trois Masters Series avant Roland-Garros», assure Roger Federer.
Tony Roche rejoindra Roger Federer à Rome déjà. Le coach australien avait accompagné le Bâlois à Indian Wells ce qui n´avait pas été le cas l´année dernière. Au cours de cette tournée aux Etats-Unis, Roger Federer a effectué des opérations publicitaires avec Nike et Maurice Lacroix pour réduire au minimum ses obligations durant sa saison sur terre battue. Avant d´entamer l´entraînement sur terre, il s´est accordé une petite semaine de vacances - «mes dernières jusqu´à la conclusion de Wimbledon», lâche-t-il - à partir de demain. Hier, il avait, en effet, rendez-vous à New York avec Adolf Ogi pour être nommé ambassadeur auprès de l´Unicef.
«J´ai grandi sur la terre»
«Je suis en parfaite condition, relève Federer. Maintenant, l´objectif est de disputer un maximum de rencontres. Les Espagnols tapent près de 1000 coups droits sur terre battue dans une année. Moi, je n´aurai que trois tournois pour ajuster mon jeu avant Roland-Garros. Je dois faire autant de gammes que possible. Sur le plan tactique, je ne pense pas devoir apporter beaucoup de changements. J´aurais toutefois l´envie de donner davantage de lift à mon coup droit.»
Le Bâlois est convaincu que son salut passera par l´attaque. «Les temps de Chang et de Wilander, qui attendaient la faute adverse, sont bien révolus, explique-t-il. Les derniers dominateurs sur la terre, Thomas Muster, Sergi Bruguera, Gustavo Kuerten et Rafael Nadal, étaient tous ou sont tous des attaquants de fond de court.»
Le numéro 1 mondial a bon espoir de ne pas partager le sort de John McEnroe, Boris Becker, Stefan Edberg et Pete Sampras, quatre grands attaquants qui n´ont jamais gagné à Paris. «J´ai grandi sur terre battue, répète-t-il. J´ai, aussi, l´espoir de ne pas être paralysé par la pression à Paris. Naturellement, je vais tout donner pour m´imposer au «French». Je me souviens que l´an dernier, je n´étais pas passé très loin du titre. Mais si je dois perdre, je ne suis pas du genre à devenir fou au point de tout fracasser dans le vestiaire!»