Chapitre 1
Descente en Enfer
- Rapporte la moi…
- Oui maître.
Une voix grave avait répondu à l’ordre. La tour résonnait de murmures et de rumeurs. Tout était sombre. Même le soleil ne parvenait pas à percer l’épaisse couche de nuages. Aucun visage n’était visible. L’espoir n’était plus. Les créatures étaient esclaves de leurs propres folies. Il y avait ici-bas des nains, des elesstrals, des elfes… mais surtout des hommes. Et ces hommes, se disant si fort et montrant leur musculature au monde, semblaient se rendre compte que la véritable force à présent était de ne pas sombrer dans la folie qui se présentait à eux comme une sauveuse. Mais je sais que cela ne nous sauvera pas du destin qui se présente à nous, aujourd’hui. Il est si dévastateur, si abominable, plein de préjudices… et de mort. Je suis un elfe et je n’avais jamais autant subi de torture et d’esclavage de ma vie. Je savais que seul un pouvoir démesuré pourrait nous sortir de cet enfer. En attendant le bon moment de m’enfuir, j’écris tous les soirs dans ce livre, les aventures qui suivront. Lorsque le temps nous manquera, la magie les fera s’y retranscrire toutes seules. C’est pourquoi que ce que vous lisez, ce passe en même temps que ce récit qui sera fait d’autres mains que la mienne, je l’espère. Mais pour cela, il faudra déjà que je sorte d’ici. Ce qui ne sera pas une emprise facile…
J’observais les créatures à peine endormies qui gisait au sol, telles des cadavres au milieu d’un champ de bataille. Beaucoup étaient meurtris et fatigués par le travail forcé de la journée. N’ayant de l’eau et des vivres qu’une fois par jour et en petite quantité, beaucoup mourraient de faim ou de soif… c’est pourquoi je vidais le pichet d’eau à ma droite. Je me regardais autour. Nous étions dans les profondeurs de la terre, creusées par les serviteurs du « maître », qui n’était pas le mien. Je levai la tête. Il me faudrait beaucoup de patience pour réussir à m’échapper d’ici. Le ciel était lointain, mais je ne voyais plus les quelques rayons de soleil qui perçaient autrefois les nuages noirs. Le « maître » avait sans doute lancé un sort qui, quand certains de ses esclaves ou serviteurs avaient la moindre parcelle d’espoir, faisait que le soleil réussissait à percer les nuages maléfiques. Et ceux-là mourraient dans d’atroces souffrances. Mais moi, l’espoir je l’ai perdu depuis longtemps…