Chapitre 1 : Malveillance, espionnage et autres soucis
12h15... Le ventre d'Esly criait famine. Le beau brun ténébreux s'empressa de rejoindre le fast-food où son ami Olivier l'attendait, entouré de quelques un de ses amis. Finalement arrivé à destination, il quitta sa voiture et rentra sans plus tarder dans ce restaurant. Bondé de monde, ce fast-food avait un succès flagrant, d'après ce qu'il pouvait constater. Quand il vut Olivier, accompagné d'autres personnes, il partit dans sa direction.
- Oh alors mon vieux ! Ca fesait longtemps hein ? dit-il en frappant son poing avec celui d'Esly.
- Tu m'étonnes... fit-il d'un ton amusé.
- Assis-toi, va.
Esly s'installa à côté d'une jeune femme. Cette dernière regardait le jeune homme d'un air arrogant...
- Euh, c'est ton amie ? fit Esly à Olivier, un brin intrigué.
- Ouais, c'est Sophie. Sophie, voici Esly... Puis y a aussi Jérémy et Tomas.
- Enchanté tout le monde. Excusez-moi, je ne vous avait pas vu, fit le héros désolé.
- M'enfin, Olivier t'avait prévenu qu'il était ici avec des amis, non ? dit-elle d'un ton vif.
C'était la seule fille à table, mais celle aussi qui ne gardait pas sa langue dans la poche. Cette jolie brune, Sophie, possédait de magnifiques yeux océans, cachés sous une paire de lunettes. Vêtue simplement d'un veste en jean et d'un pantalon blanc, elle semblait un peu garçon manqué.
- Et sinon, quel genre d'arts martiaux pratique-tu ? fit Jérémy à Esly, d'un ton sobre.
- Je fais du karaté depuis mon enfance, j'ai été élevé avec cet art martial... Et toi ?
- Je pratique le kickboxing.
- Intéressant... Et toi, euh... Sophie ? Tu pratique un sport de combat ?
- Bien sûr que oui. Je fais du kenpo depuis quelques années.
- Et toi Tomas ?
- Du catch... Mais j'ai débuté il y a environ quatre ans, j'y connais pas encore grand chose, mais assez pour me défendre.
- Tu t'entraînes dur ? demanda Esly.
- Il faut bien pour que je m'améliore...
- Bon c'est pas tout, mais on parlera de combat après... Là j'ai trop faim ! fit Olivier, la main sur le ventre.
- Je crois que c'est pareil pour nous tous, plaisanta Esly.
Les jeunes gens regardèrent tranquillement le menu et choisirent le repas.
***
Beaucoup plus loin, opposant l'état de la France, nous nous retrouvons sur l'île de Shikoku, une des quatres principales îles japonaises, les autres étant Hokkaido, Honshû et Kyûshû. Dans un grand immeuble d'apparence froide et imposante, un homme avança d'une démarche rapide et assurée dans le couloir longeant son bureau. Il y sortit les clés de son bureau fièrement, ouvrit la porte et s'asseya sur son fauteuil. Il alluma son ordinateur, vérifia si ses dossiers étaient mis à jour. Sur son bureau figurait, bien entendu, son ordinateur, une lampe, un pot de stylos et une photo de sa fille bien-aimée et de lui. Quand il entra dans ses pensées, son téléphone sonna :
- Mr. Josselin Monfort, je vous écoute ? fit-il de sa voix grave.
- C'est moi, patron... fit une voix aigue et sensuelle.
- Ah, Anthony... Alors ? Du nouveau sur la création de ce tournoi ?
- Oui, monsieur. Nous avons tout préparé... Nous avons les candidats idéals pour ce tournoi, y comprit nous bien entendu. Les invitations ont été envoyées précisement ce matin, ils les reçevront chez eux dès ce soir, normalement.
- Bon travail, Anthony... N'oublie pas que le tournoi commence dans deux jours.
- J'y serai, monsieur...
- Bonne journée.
Et il raccrocha net.
***
Dans un somptueux manoir bien aménagé se trouvait une personne assise sur une chaise, les jambes croisées tout avec raffinement et élégance, les mains jointes sur le genou. Elle regardait d'un air vide la pluie qui tombait comme des cordes sur ses vertes contrées d'Irlande. Avec ses longs cheveux châtains, ses yeux maquillés de noir, son long manteau sombre et son magnifique collier crucifix, on pourrait croire qu'il s'agissait d'une belle femme... En vain, il s'agissait d'Anthony, le bras-droit de Josselin Monfort.
- Cette pluie ne cesse de tomber... fit-il d'un ton neutre.
Quand le son des cloches de l'église retentit, il esquissa un bref sourire et fit tout en prenant sa tasse de café avec délicatesse.
- Plus le temps avançe, plus je sens que la partie va être pimentée... Le temps est compté...
Il finit sa phrase et plongea ses pulpeuses lèvres dans le café chaud... et à attendre le temps qui passe.
***
Après un très "bon" repas, Esly et ses amis parlèrent de tout et de rien avant d'attendre le dessert.
- Alors, Esly, t'a toujours pas de petite copine ? demanda Olivier, curieux.
- Ce n'était pas des relations stables. Juste des petites conqûetes d'un soir ou deux.
- T'es pas sérieux, toi... ria Olivier.
- Et toi ? Pourquoi tu ris ? Tu as trouvé ta perle rare ? se moqua Esly.
- Euh... J'ai cassé avec elle il y a 1 semaine...
- Ah, c'est gênant de le dire, hein... dit le héros d'un ton sournois.
- Allez, ne vous prenez pas la tête et partons faire un tour... s'exclama Jérémy.
- Et le dessert ? s'interrogea Tomas.
- On est tous plein là, non ? ironisa Jérémy.
- Je crois oui... fit Olivier.
Ils quittèrent le fast-food et prirent la situation de se balader sur le port non loin de la ville.
Tout le petit groupe marchait tranquillement, discutait et blaguait entre autres, comme le feraient d'excellents amis. Mais étrangement, l'un d'entre eux se sentait mal à l'aise, et ce n'était qu'autre qu'Esly. Il avait l'étrange sensation d'être espionné, poursuivi du regard... Mais un regard malveillant qui le guettait. Il avait l'impression que ce "vautour" qui l'espionnait venait d'un des bateaux du port. Etrangement, aucune trace de présences humaines sur le port, si ce n'était seulement celle des amis.
- Esly ? Ca va pas mecton ? demanda Jérémy.
- Euh si... Je regardai les bateaux, c'est tout.
- Original, soupira Sophie.
Puis ils reprirent leur route paisiblement, enfin, presque pour tous...
***
Il regardait de son bateau, à travers ses jumelles, un groupe de jeunes gens passant innocement sur le port... Il remarqua le manque d'assurance d'un d'eux... Et de plus, c'était le "Pion", comme il l'avait surnommé.
- C'est donc bien lui... Je le vois à son regard perturbé et intrigué... se moqua cet homme, présent sur un des imposants bateaux du port.
Avec son allure de pirate, son immense taille, sa moustache et son air terrifiant, on aurait dit qu'il serait tout droit sorti des oeuvres de Jules Verne ou autres auteurs réputés.
Il constata avec plaisir que son téléphone sonna et décrocha :
- Allô Patron ? fit l'homme à l'allure de pirate.
- Aurélien, as-tu repéré l'homme que nous recherchons ? fit un voix d'homme grave.
- Je peut vous assurer avec plaisir que je l'ai aperçu, certes entouré d'infâmes idiots, mais si je me souviens bien, il s'agit de lui... fit Aurélien.
- Parfait, n'oublie pas...
- Non patron. Pas d'inquiétude sur ça.
Il raccrocha directement le téléphone. Aurélien craqua sa nuque, s'étira les muscles et frappa férocement un mur en guise de réussite.
Esly s'est-il vraiment rendu compte au fond de lui-même qu'on l'espionnait d'un air malveillant ? Ou était-ce qu'une sensation ?