Horner était dans la forme de sa vie. Pour moi une préparation spécifique d'un bon grimpeur sur la Vuelta et rien que sur la Vuelta, c'est l'assurance d'un immense succès avec des performances énormes.
Chaque année les coureurs qui sortaient du podium du Giro se font massacrer sur la Vuelta par des espagnols qui ont ciblé cet objectif, comme Cobo récemment. Enchaîner deux grands tours par saison à haut niveau c'est devenu impossible, d'autant plus avec les conditions difficiles du Giro qui fatiguent les organismes sur le long terme, Scarponi par exemple on a l'impression qu'il a laissé son punch dans la conquête du Giro 2011, il n'a plus jamais été le même après.
Horner n'a jamais enchaîné les saisons avec un fort volume de course, il a préservé son corps avec un mode de vie sain, d'ailleurs on l'accuse de dopage mais c'est surement l'inverse : l'absence de dopage qui a permis à Horner de vieillir moins vite que ses adversaires, comme Jeannie Longo. Ceux qui abusent du dopage finissent cancéreux, suicidaires, paraplégiques à 50 ans, Horner sera jeune éternellement.
Tout le monde n'est pas égaux, certains experts des arts martiaux asiatiques restent souples, dans une condition physique supérieure à un homme entraîné de 30 ans, même dans leurs vieux jours. Son père était militaire, il a des gènes exceptionnelles et a su entretenir son corps d'une meilleure façon que les autres afin de rester en forme. Horner a le corps d'un coureur de 27 ans et le cerveau d'un sage, ce qui explique son succès actuel.
S'il s'alignait sur le Tour de France en tant que leader, il serait autour de la 6-7e place, il ne faut pas oublier qu'il a longtemps été condamné à un rôle de coéquipier de Evans puis Armstrong/Contador, il n'a jamais eu l'ambition de devenir un leader et cela a eu pour effet de limiter sa progression, mais de le préserver de l'usure du haut niveau. Au tournant des années 2010 il a compris quel était le niveau qu'il pouvait atteindre et quelle serait la texture de son futur palmarès s'il se donnait à 100% dans sa quête de devenir à son tour le véritable leader qu'il aurait toujours du être.