Je parle pour la saison 1. Sur le fond revisiter les classiques des comtes en tordant les histoires pour les intégrer dans un tout cohérent : créer un univers commun où ça interagit de manière convaincante et fluide et inventer des versions de ces comtes qui se jouent dans le contexte de la vraie vie d'une petite ville.
Sur la forme : la construction à la Lost avec parallèle entre situation présente et passée mais avec pour originalité le jeu habile qui nous fait tantôt croire à l'existence du monde des comtes, tantôt en douter, tantôt penser que c'est un seul monde vu de deux manières, tantôt penser que c'est une projection de l'un dans l'esprit d'Henry. Jusqu'en fin de saison 1 la possibilité que tout soit du délire de Henry reste ouverte : est-ce que le monde des comtes existe ? Est-ce qu'il existe par le biais de lumière qu'il apporte sur les situations du monde réel ? Est-ce que du coup se poser la question de son existence à un sens ? Est-ce que ce n'est pas un seul et unique monde et la vision déformée d'un enfant perturbé (avec Régina qui envoie donc tout naturellement Henry chez le psy) ?Est-ce que ça ne fonctionne pas tout aussi bien en inversant les rôles et en prenant Storybrooke comme expérience de pensée pour expliquer les comtes ?
Cette dualité dans la saison 1 j'estime que c'est original sur la forme : pas parce que c'est du jamais vu (c'est pas le cas) mais parce que la question de déterminer le réel de l'imaginaire n'avait pas d'importance et que ça aurait pu fonctionner avec toutes les possibilités de réponse. C'était original de faire ça dans une série télé.
À partir de la saison 2 cette originalité est perdue mais on continue sur les acquis de l'univers construit en saison 1 en l'enrichissant ce qui continue à fonctionner jusqu'à l'inexorable essoufflement.