Après Engrenages, Braquo et Pigalle, Canal+ mise sur la série en costumes, une première, avec Maison Close. Un huis clos infernal, en huit épisodes de 52 minutes, sombre, sulfureux et sexy, qui nous plonge dans l'enfer d'un bordel parisien de la fin du XIXe siècle. Au "Paradis" cohabitent des femmes qui tentent d'échapper à leur servitude. Pour cela, une seule solution : racheter leur liberté. Au prix fort. Il y Véra (Anne Charrier), la star vieillissante de la maison ; Rose (Jemima West), vingt ans, enrôlée de force comme prostituée; la naïve et immature Angèle (Blandine Bellavoir) et Hortense (Valérie Karsenti), la froide "maquasse", glaciale patronne lesbienne des lieux.
Pour mettre en scène Maison Close, Canal+ a fait appel à un réalisateur de cinéma (comme elle l'a fait avec Eric Rochant pour Mafiosa). Mabrouk El Mechri (JCVD) livre un travail à l'esthétique ultra-léché, façon éclairage à la bougie, ultra-documenté sur l'époque, modernisé à coup de langage moderne et d'une bande-originale très rock'n'roll. Il y a du Marie-Antoinette de Sofia Coppola là-dedans.
Interdite aux moins de 16 ans, la série offre certes des scènes très crues de sexe et d'orgies, mais il serait dommage de la réduire à ça : il s'agit là d'une reconstitution fidèle d'une certaine époque, mais surtout d'une immersion souvent étouffante dans une véritable prison, portée par des comédiennes magistrales. Et c'est bien suffisant pour que, malgré un scénario faiblard, on pousse les portes de cette Maison Close.
