"Nous approchons d'une zone de turbulences, veuillez accrocher vos ..."
C'est là que tout a basculé.
L'avion se disloquant en vol, je protégeais mon fils quand nous nous sommes crashés.
À mon réveil, un Sans-bite en pagne me volait ma progéniture et disparaissait dans la forêt. Je savais que je retrouverai Rufus, dussé-je remuer ciel et terre pour cela. Mais d'abord, un petit coca tout droit sorti des réserves du bar, il fait soif. Et une mignonnette de pastis, merci.
Je m'extirpais tant bien que mal des décombres de l'avion pour m'enfoncer dans la forêt. Pleine de vie, de colibris, de lapins et surtout d'arbres (en même temps c'est une forêt hein), je sortais ma hache pour taillader à tout va.
Cet abri fera l'affaire pour un petit somme. L'orage éclata. Comme je grelottais comme un damné, j'ouvris mon Manuel des Castors Juniors pour me confectionner un feu de camp. Des feuilles et des bouts de bois, ça va, c'est rapide à faire.
La pluie terminée, les gouttes quittant les arbres, je m'éloignais de mon campement de fortune. Bien m'en a pris car à peine quelques secondes plus tard, une patrouille de trois Sans-bite venait fouiller celui-ci.
Caché derrière un rocher, je les observai. Ils plaçaient une sorte de totem avant de s'en aller. Je m'approchai discrètement pour l'analyser ... Quelle horreur ! Ma voisine, celle de l'allée B siège 4 faisait partie de cette œuvre. Enfin, juste sa tête, attachée par les cheveux. Vision d'horreur.
BOUM !
Un Sans-bite profita de mon inattention pour m'attaquer par derrière, le salaud.
Je me retournai pour voir ces crapules me tourner autour, criant et vociférant tels des damnés. J'en tailladais un avec ma hache pendant que deux autres grimpaient aux arbres tels des arachnides, prêts à se jeter sur moi.
Je me démenais comme un beau diable, achevant l'un d'entre eux comme une bête sauvage assoiffée de sang quand je pris un mauvais coup sur la nuque.
Blackout. Encore.
Il faisait noir et humide dans cette caverne. J'allumai prudemment mon briquet pour découvrir une scène macabre.
Une vingtaine de passagers du vol JK540 gisaient là, pendus par les pieds. Reprenant mes esprits, je cherchais une sortie à cet enfer, trouvant au passage un pistolet de détresse.
La main tremblante et le briquet brûlant mes doigts, je remontais vers la surface, loin des odeurs de mort et des stalactites menaçantes, escorté par deux créatures qui semblaient se jouer de moi, ne s'approchant pas trop près, restant à bonne distance tout en couinant, amusés.
J'étais dehors, enfin. La lumière brûla mes yeux, mes poumons explosaient sous ma course folle.
Je m'arrêtai en haut d'une falaise, regardai derrière moi. Ils m'avaient suivi.
Voyant que je ne m'en sortirai pas et n'ayant pas plus envie que ça de tester les supplices de mes nouveaux colocataires, je me tournai vers le vide et sautais.
"Days survived : 2"
Allez, la prochaine fois on est fou, on tente 3 jours.