Qu'est-ce qui fait d'un Zelda un bon Zelda ? La qualité de ses énigmes ? Ca n'a pas empêché Skyward Sword, plutôt élaboré sur le sujet, d'être considéré par beaucoup comme un très mauvais épisode. Le côté épique de la licence ? Twilight Princess, incontestablement jusque là le plus épique d'entre tous, est pourtant lui aussi considéré comme mauvais. Cela doit être, alors la capacité de la série a constamment changé son style visuel pour donner des jeux à la Direction Artistique toujours aussi envoûtante... Ou pas, comme en témoignera The Wind Waker et son style cartoon beaucoup trop enfantin. Dans ce cas, il doit rester cette capacité qu'a la licence à avoir, non pas inventer, mais imposer des codes du jeu vidéo qui sont encore visibles aujourd'hui. Ocarina of Time, pourtant, beaucoup le voit comme un opus désormais trop dépassé ayant assurément mal vieilli. Peut-être est ce alors le côté unique de l'univers Zelda, à la croisée entre le conte, la légende, le médiéval fantastique... Mais non. Majora's Mask, l'opus le plus « bizarre » de la licence, ne fait pas non plus l'unanimité. Mais alors quel est l'élément indiscutable, l'élément central à la création d'un excellent Zelda ?
En fait, la réponse n'est pas à chercher du côté des jeux en eux-même, mais du côté du joueur. Chaque joueur voit, cherche et trouve des qualités dans un Zelda qui sont différentes de ce que voit, cherche, et trouve, n'importe quel autre joueur. C'est pour ça que chercher à faire un classement objectif des meilleurs Zelda est une absolue hérésie, parce qu'on aime tous la licence pour des raisons différentes.
Tout ça, toute cette longue introduction, pour en venir à The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Son succès critique, son succès d'estime, me semble tout à fait justifié tant le jeu se révèle exceptionnel et qu'il fait, malgré ce trèèèèès long constat que j'ai fait plus haut, incontestablement parti des meilleurs, si ce n'est le meilleur, Zelda de toute la licence. Pourquoi ? Oui, pourquoi ? Pourquoi faire cette affirmation quand je dis qu'il est impossible d'en faire une à peine quelques lignes plus haut ?
Pour une simple, et très bonne raison, que le site du Monde a très bien saisi dans son test. Je cite : « il tient plus de la synthèse que d’une révolution ». Et c'est ça. C'est ça la raison qui fait de Breath of the Wild un Zelda exceptionnel, celui qui est en droit de pouvoir être considérer comme potentiellement le meilleur de la licence.. Arriver à synthétiser tous les aspects d'une saga aussi vaste, aussi variée, aussi grande relève de l'exploit, de l'impossible pour ne pas dire de l'inimaginable. Et pourtant, Nintendo l'a fait.
Il transporte avec le plus grand des respects tous les codes propres de la licence, y rendant par la même occasion un vibrant hommage. Qu'est-ce qui fait que vous adorez le Zelda que vous préférez ? Vous êtes sûrs de retrouver cette qualité dans Breath of the Wild. J'ai personnellement retrouvé cette impression d'être perdu dans un monde vaste et magnifique qui m'avait tant plu dans The Wind Waker, tout comme j'ai retrouvé le côté épique que j'avais adoré dans Twilight Princess. Ce n'est bien sûr qu'un exemple de ce que moi, j'ai aimé dans la saga, mais je suis intimement persuadé qu'il est applicable à tous les fans de la saga, avec des milliers d'exemples différents tirés de tous les jeux de la saga, selon les goûts et les appréciations de chacun.
Mais ce qui rend le jeu encore plus magique, c'est que malgré le fait qu'il porte avec lui tout l'héritage d'une saga légendaire... Il explose de part sa nouveauté et son originalité, s'imposant comme l'un des fleurons de l'open world d'aujourd'hui. On a jamais vu un monde ouvert centré sur l'aventure aussi vaste offrant une telle cohérence, une telle immersion. On a jamais vu une physique aussi poussée dans un Open World d'action aventure, et ce n'est pas Horizon Zero Dawn qui viendra dire le contraire. C'est un jeu qui témoigne avec fierté de son glorieux passé, tout en étant résolument tourner vers l'avenir. Le meilleur des deux mondes.
Pour autant, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dis : Non, le jeu n'est pas parfait. Outre le défaut technique qui ne m'a jamais déranger plus que ça puisque largement compensé par la DA, on peut dire que l'histoire du jeu est
intéressante, mais qu'elle souffre du même défaut que Xenoblade X : Trop brusque si vous suivez simplement le fil rouge. Il faudra explorer, deviner, pour en comprendre toute l'étendue, toute la richesse, et c'est dommage. Surtout, les très nombreux nouveaux personnages tous plus charismatiques les uns que les autres n'ont au final que trop peu de développement.
Je pense que le meilleur moyen de caractériser ce défaut se situe à travers le personnage de Zelda elle même. On nous offre dans BOTW l'une des Zelda les plus intéressantes, les plus originales depuis le tout début de la série, et pourtant la manière qu'a le jeu de nous la présenter ne peut que mettre de la distance entre elle et nous (Je ne dirais pas dans quelle mesure, cela rentrerait dans le spoiler). Le principal défaut de The Legend of Zelda : Breath of the Wild, ce n'est donc pas son histoire, mais la manière qu'a le jeu de nous la raconter.
Malgré tout, The Legend of Zelda : Breath of the Wild est un jeu magique, inoubliable, qui restera sans aucun doute dans l'Histoire du Jeu Vidéo. L'attente aura été longue, l'attente aura été douloureuse, mais, on peut le dire : Ca valait la peine. Pour finir ce trop long pavé, je dirais simplement qu'en 1986, Shigeru Miyamoto créait un rêve, le rêve d'un jeu ou le voyage serait magique et la liberté d'action totale. Trente ans plus tard, en 2017, Eiji Aonuma transcende ce rêve. Chapeau bas messieurs.
(PS : Tous les défauts cités ci-dessus dans le tout premier paragraphe des jeux Zelda de cet avis ne représente pas l'avis du rédacteur, qui ne déteste aucun d'entre eux. Ses Zeldas préférés sont d'ailleurs Twilight Princess et The Wind Waker, deux opus qui brillent de par leur complète et totale opposition. Le rédacteur ne faisait que citer ce qui revenait souvent dans les mots des personnes critiquant les différents opus)