Chapitre 6 : Souvenirs
Un sinistre convoi parcourt les montagnes. Menaçant. Les sombres Pokemon qui avancent prudemment, servent d'escorte à un autre, plus grand, sans doute le chef. Le soleil n'est pas encore levé, mais il faut encore continuer, la route est longue.
Quand enfin, dans les premiers rayons du matin ils aperçurent la colonne de fumée au loin. Ils étaient proches...
Max et Cazal avaient rejoint le village voilà quatre jours déjà, et commençaient à prendre leurs habitudes, même si la perspective de l'Alrogh se rapprochait, Cazal ne laissait rien transparaître.
À peine le jour levé, les deux amis partaient s'entraîner derrière leur demeure provisoire. Chaque Maison du village disposait d'un petit espace aménagé pour l'entraînement. Ici, il était pris très au sérieux, la moindre faiblesse était vécue comme une honte.
-Essaye d'esquiver mes attaques, Max. N'oublie jamais d'anticiper les mouvements de ton adversaire.
Cazal tenait à ce que Max intègre le village, et ce dernier travaillait d'arrache-pied, plusieurs heures par jours pour maîtriser ses mouvements. Il savait que ça prendrait du temps, car Max n'avait jamais été un Riolu, et devait donc apprendre tout ce qu'un Lucario saurait déjà maîtriser depuis son enfance.
Il frappa Max avec une série de coups de pied rapides, ce dernier esquiva avec brio tous ses mouvements, mais Cazal augmentait chaque fois la difficulté. Cette fois, il intégra une feinte dans son mouvement. Son coup de pied se transforma en un violent coup de poing qui envoya Max au sol. Cazal l'aida à se relever.
-Ne reste pas focalisé sur un mouvement particulier. Tu étais tellement persuadé d'encaisser un énième coup de pied, que n'a pas vu ma feinte.
Max se remettait déjà en position, sa motivation étonnait son ami.
-Je suis prêt, et je ne tomberais pas dans ton piège cette fois !
Cazal refit les mêmes mouvements, coups de pieds, feinte, Max bloqua son poing facilement. Mais Cazal avait encore choisi de rehausser la difficulté, grâce à sa vitesse extrême il disparut et réapparut immédiatement derrière Max.
-Dommage ! s'exclama Cazal, avant de lancer une puissante balayette.
Sans avoir eu le temps de réagir, Max se retrouva de nouveau au sol.
Cazal se pencha auprès de son ami.
-Si j'étais un adversaire, tu serais mort.
Il l'aida de nouveau à se relever.
-On va faire une pause, rafraîchi toi. On reprend dans dix minutes !
Max alla boire dans la petite fontaine située à côté de la maison.
Cazal était de plus en plus dur dans ses entraînements. Mais Max ne bronchait pas. Il savait que son ami en avait autant bavé que lui, sinon plus, a l'époque ou il était son Pokemon.
Alors qu'il s'apprêtait à retourner s'entraîner. Max perçut de l'agitation sur la place centrale, de nombreux Lucario s'était rassemblé non loin de la porte, comme s'ils attendaient quelque chose.
Max se fraya un chemin pour apercevoir ce qui se passait.
Les deux gardes ouvraient la grande porte pour laisser passer des visiteurs.
Une demi-douzaine de Demolosse étaient entrés. Ils servaient d'escorte à un autre Demolosse qui devait sans doute être le chef. Ils s'arrêtèrent face à Mareth, et laissèrent passer leur chef.
-Salutation Zabel ! Avez-vous fait bon voyage ? Dis Mareth d'une voix mielleuse.
Le Demolosse ne répondit pas, mais adressa à la foule de Lucario un regard menaçant.
Max n'avait pas remarqué immédiatement Cazal qui se dirigeait vers eux, visiblement en colère.
-Mareth ! Que font-ils ici ? demanda ce dernier en désignant les Demolosse.
-Je n'ai pas de compte à te rendre Cazal !
-Tu oublies ce qu'ils ont fait ? N'as-tu donc aucun respect pour la mémoire de ton père ?
Mareth était à la limite de l'explosion.
-Reparle encore une fois de mon père et l'Alrogh ne sera plus ton principal problème, pigé ?
Mareth et Zabel, le chef des Demolosse, entrèrent seuls dans sa maison, les autres Pokemon se mirent devant la porte. Personne ne devait entrer.
La foule se dispersa vite, tous retournaient à leurs occupations.
-Cazal, c'était qui ceux-là ? demanda Max.
-Une longue histoire...
Une histoire que son ami n'avait visiblement pas envie d'évoquer. Max se souvint alors de ce qui s'était passé sur le bateau, lorsqu'ils faisaient route vers Hoenn. Cazal était déjà reparti, Max du lui courir après pour le rejoindre.
-Est-ce que ça a un rapport avec le Demolosse qui t'a attaqué sur le bateau ?
-Ce sont des souvenirs douloureux, Max. J'ai essayé de ne pas y penser pendant toutes ces années, et je n'ai pas envie de commencer maintenant. On retourne se battre.
-Non Cazal. Répondit Max fermement.
-Non ? Dois-je te rappeler qui est l'élève ?
-Je retournerais m'entraîner quand tu m'auras dit la vérité. J'ai l'impression que tu n'as pas confiance en moi !
-Ce n'est pas une question de confiance, c'est juste que...d'accord, allons en parler a l'intérieur.
Une fois dans la maison, Cazal raconta à Max ce qui était arrivé lorsqu'il n'était encore qu'un Riolu.
-À cette époque, le clan était en guerre de territoire avec celui des Demolosse. Plus nombreux et organisés, nous avions facilement le dessus. Mais un jour tout changea. Dans leurs mines, Les Demolosse avaient trouvé d'étranges pierres qui démultipliaient leur force. Forts de cet avantage, ils nous écrasèrent en une semaine. Il ne restait plus que le village. Le siège dura des semaines sans trouver de solution. Braten, le chef du clan à cette époque, voyait que les réserves de nourriture baissaient, il décida de négocier une trêve avec les Demolosse. Leur chef accepta de le rencontrer seul à seul. Seulement, il ne respecta pas cet accord, et quand les gardes ont ouvert la porte, les Demolosse ont lancé l'assaut. En quelques heures, le village avait presque entièrement brûlé.
Cazal marqua une pause.
-J'ai vu ma mère, mourir. J'ai vu mes amis mourir. Le père de Mareth est mort sous ses yeux. Il ne restait plus rien...et pourtant au lieu de nous écraser une bonne fois pour toutes, les Demolosse sont retournés chez eux. Ceux des nôtres qui avaient survécu ont reconstruit le village. Mon père à succéder à Braten a la tête du clan et à adopter Mareth, il l'a élevé comme son fils.
-C'est de là que vient votre rivalité ?
-Non elle est plus ancienne...il soupira.
On frappa à la porte. Cazal alla ouvrir.
Devant lui se tenait un autre Lucario. Une jeune femme visiblement. Elle avait la fourrure d'une couleur dorée au lieu du bleu habituel. Elle s'empressa d'entrer, sans même y avoir été invitée.
-Alors comme ça tu réapparais après toutes ces années et tu ne penses même pas à me faire un petit coucou ? Ça me brise le cœur !
Elle le sera dans ses bras.
-Anaë ! Ça fait si longtemps.
Elle remarqua alors Max, qui se tenait en retrait.
-Tu ne me présentes pas ?
-Si...si bien sûr, Max je te présente Anaë, mon ami d'enfance.
-Tu es...son ami, je suppose ?
-Mon élève. C'est moi qui suis chargé de l'entraîner. Poursuivit Cazal.
Anaë pouffa de rire.
-Toi ? Entraîner quelqu'un ? Quand on pense que tu te planquais derrière moi a l'époque ! Ouin, Mareth ne me fait pas de mal ! dit-elle en mimant un enfant peureux.
Cazal était rouge de honte.
-Et toi...Max d'où tu viens ?
Max hésita avant de répondre, il valait mieux qu'elle ne sache pas.
-De loin, de très loin. Oui, de vraiment loin. Répondit-il maladroitement.
-Et ça fait depuis toutes ces années que vous vous connaissez ?
Max et Cazal se regardèrent.
-On peut dire ça oui...répondit ce dernier.
-Bon, ce n'est pas tout ça, mais j'ai encore du boulot ! C'est la fête ce soir !
-Une fête ? demanda Max.
-Oui, vous ne faites pas ça chez toi ? Quand un événement important va avoir lieu, un grand banquet est organisé pour tout le monde.
-L'Alrogh?
Anaë fit oui de la tête, avant de sortir de la maison.
-Je compte sur vous pour venir hein ? dit-elle avant de s'éloigner.
-Une vraie tornade cette fille. Lança Max.
-C'est peu de le dire...soupira Cazal.
Le soir venu, la plupart des Lucario du clan s'étaient rassemblés autour d'un immense feu. L'ambiance était bonne, a des lieux de celle qui régnerait sans doute demain lors de l'Alrogh.
Même Mareth participait à la fête, il riait avec Leonan. Que pouvaient-ils bien se dire ?
Les Pokemon se passaient la nourriture chacun leur tour. Max trouvait la viande délicieuse, mais se demandait de quoi il s'agissait. Dans la vie, il vaut mieux ignorer certaines choses.
Il avait vraiment le sentiment de faire partie des leurs à présent.
Son voisin lui passa une petite coupelle.
-Tiens, bois ça ! Tu verras c'est délicieux.
Il adressa un clin d'œil à Anaë, assise un peu plus loin.
-Le tord-boyaux local ? demanda Max.
Il commença à boire, et recracha aussitôt. C'était ignoble.
Tous les Lucario à proximité éclatèrent de rire.
-Alors, ça pique ? Lui adressa Anaë en souriant.
-C'est immonde ! s'exclama Max. Mais j'en veux bien un peu.
-Il me plaît ce petit ! dit son voisin en lui resservant de cet infâme breuvage.
Max faisait tout son possible pour se faire accepter, il était sur la bonne voie.
Il cherchait son ami du regard. Cazal avait participé à la fête, mais c'était éclipsé ensuite. Max se leva et se dirigea vers la maison.
Cazal était assis sur le pas de la porte.
-Vient faire la fête, ne reste pas ici ! l'invita Max.
-Non merci, je ne préfère pas. Mais, vas-y, ne t'inquiète pas pour moi !
-Tu as peur...pour demain ?
-Non. Enfin peut-être.
-Tu gagneras, je ne me fais pas de souci. Et puis dans le cas contraire, on partira ailleurs.
-Non, je ne pense pas, Max.
-Cazal, qu'est-ce que tu me caches encore ?
Cazal déglutit.
-Max, je ne t'ai pas tout dit à propos de l'Alrogh.
-Continue...
-L'Alrogh n'est pas qu'un simple combat pour l'honneur...c'est...c'est un combat à mort.
Le cœur de Max bondit dans sa poitrine.
-Pardon, tu peux répéter ?
-J'aurais dû te le dire plus tôt, mais je craignais que tu tentes quelque chose.
-Du style fuir d'ici ?
-Oui, et dans ce cas précis nous serions morts tous les deux. Une fois l'Alrogh accepté on ne peut s'y soustraire.
-Mareth...il est si fort que ça ?
-Quand nous étions enfants, il m'écrasait à chaque fois. Mais nous ne sommes plus des Riolu. Et grâce à toi je suis devenu le meilleur. Je le battrai. Retourne avec les autres, ne t'inquiète pas pour moi.
Mais Max ne se sentait plus le cœur à faire la fête.
-Non, je ne te laisserai pas seul alors que tu risques ta peau demain.
Il s'assit à côté de son ami.
-Je l'ai fait en toute connaissance de cause. C'était ça où ne jamais revenir.
-Et le jeu en vaut la chandelle ?
-D'une certaine manière, oui.
Max soupira.
-Au fait, jolie fille hein ? poursuivit Cazal avec un clin d'œil.
-De quoi tu parles ?
-Anaë, elle n'a pas arrêté de te regarder. Mon ami, tu as une touche.
Max se sentait gêné de parler de ça.
-Je...je ne sais pas vraiment quels sont vos coutumes en matière de...
-de séduction ? Pas forcement différent de vôtres...
Alors que la fête battait son plein, les deux amis étaient plus soudés que jamais. Mais Max avait peur. Peur de perdre Cazal...
Demain, ça serait lui ou Mareth...
Chapitre 7 : Honneur
En cette froide matinée, le temps était comme suspendu. Le clan frémissait à l'approche du duel fratricide. Et pourtant le silence. Un silence de mort.
Autour de la place centrale, tous étaient présents pour assister au terrible dénouement. Pas d'échappatoire, un Lucario disparaîtra sous peu. Pour l'honneur.
Max se réveillait à peine, son ami était déjà parti se préparer. À peine le temps de prendre quelque chose à grignoter, on frappait à la porte. Anaë.
-Il faut que tu viennes, dépêche-toi.
Elle semblait avoir perdu sa vitalité de la veille, et affichait une mine sinistre.
Max est un des derniers à arriver sur le lieu du duel. Anaë lui avait laissé une place non loin de Leonan. En temps qu’élève il serait aux premières loges pour assister au combat de son maître.
Sur la place, deux Lucario lançaient des petits grains grisâtres en psalmodiant de sombres prières. Anaë expliqua qu'ils bénissaient le lieu de l'Alrogh avant le duel. Ils se mirent a genou, l'un en face de l'autre avant de se retirer. Le cérémonial fut suivi par une courte annonce de ce qui semblait être une sorte de prêtre.
-Frères et sœurs, réunis en ce jour et en cette heure, veuillez vous incliner pour ceux qui vont défendre leur honneur, jusqu'au trépas.
Tous se mirent à genou, Max suivit le mouvement.
Les deux combattants entrèrent dans l’arène, Mareth avait l'air sûr de lui et son regard ne quittait pas celui de Cazal.
Le prêtre poursuivit son monologue.
-Puisse l'Aurapshere éternelle vous protéger mes enfants. Gloire à l'Aurasphere !
« Gloire à l'Aurasphere ! » Répétaient tous les Pokemon avant de se lever. L'Aurapshere éternelle ? Qu’est-ce que c'est ? Se demandait Max.
Cazal et Mareth s’avancèrent chacun leur tour, avant de se serrer la main sans prononcer un mot. La différence de taille entre les deux Pokemon était assez impressionnante, mais cela n'intimidait pas Cazal.
Ils retournèrent à leur place, l'instant était solennel. Le Lucario placé sur le côté de l’arène baissa le bras. L'Alrogh venait de commencer. Et désormais, seule la mort pourrait l’interrompre.
Cazal s’élança le premier, sa vitesse était son principal point fort, Max savait qu'elle pouvait lui permettre de mettre son adversaire en difficulté. Une attaque close combat. Il multipliait les coups sans relâche. Mareth n'esquivait pas, mais bloquait aisément les mouvements adverses, cette défense serait difficile à mettre à mal, et Cazal l'avait vite constaté. Il usa de sa vitesse, disparut et réapparut dans le dos de son adversaire. Mareth n’eut pas le temps de réagir, et le giga impact de Cazal l'envoya au sol. Le choc avait été d'une telle violence, que Max se demandait si Cazal ne l'avait pas tué.
À l'autre bout de l’arène, Mareth était parvenu à se relever, mais son regard avait changé, il était dans un tel état de colère, que n'importe qui aurait fui face a lui.
-Pas mal, tu te défends bien, mais cette fois je ne te laisserais aucune chance !
-Cesse de parler et bat toi Mareth !
-Si c'est ce que tu veux...
Les deux adversaires chargèrent leur Aurasphere, et les lancèrent au même moment. Le choc des deux sphères d’énergie provoqua une onde de choc qui déséquilibra presque les combattants. À cause du nuage de poussière qu'elle avait soulevé, Cazal n'avait pas vu l'attaque de Mareth, et l'esquiva de justesse. Sans relâche, Mareth se jeta de nouveau sur Cazal, ce dernier ne s'attendait pas à une telle vélocité de la part de son adversaire. Cette fois, Mareth avait le dessus, Cazal ne faisait qu'esquiver les coups sans pouvoir riposter, son adversaire cherchait à le fatiguer. D'un salto arrière, il se dégagea pour reprendre son souffle.
-Tu fatigues Cazal ? Abandonne, ta mort sera moins douloureuse. Dis Mareth avec un sourire moqueur.
Cazal lança de nouveau une attaque close combat, Max s’inquiétait, car l'attaque, bien que très puissante le rendait plus vulnérable. Il aurait voulu être dans l’arène pour l'aider. C’était la première fois qu'il se battait réellement sans dresseur à ses côtés.
Cazal tenta le coup qu'il appréciait : son coup de pied feinté. Mais Mareth n’était pas Max. Au moment où Cazal lançait son coup de poing, son adversaire, lui attrapa le bras, l'envoya voler à l'autre bout du terrain avant de lancer sa plus puissante Aurasphere. Elle toucha Cazal en plein vol.
Il s’écrasa de l'autre côté de l’arène.
-Tu pensais vraiment que ta feinte ridicule fonctionnerait ? Je ne suis pas ton minable d’élève!
Minable ? Max aurait voulu lui montrer qui était le minable.
Cazal peinait a se relever, pour la première fois il regarda Max. Son regard en disait long, il était résigné à mourir, et s'effondra de nouveau. Mais il était toujours en vie.
Max se retourna vers Leonan.
-Il ne peut plus se battre ! Cessez le combat !
-L'Alrogh ne peut être stoppé que par la mort d'un des combattants. Répondit Leonan avec une froideur presque effrayante.
-Je ne le laisserais pas se faire tuer !
Il s'apprêtait à franchir la barrière qui le séparait de l’arène, mais fut stopper par Anaë.
-Ne fais pas ça idiot ! C'est toi qui serais tué !
Dans l’arène, Cazal était à genoux, il n'arrivait plus à tenir debout.
-C'est tout ce que tu sais faire ? cria Mareth. Relève-toi !
Constatant qu'il peinait à se relever, Mareth s'en chargea...avant de lui assener un violent coup de poing dans le ventre. À présent, Cazal était comme son jouet. Comme un chat joue avec une souris avant de la dévorer. La cruauté même.
Tout le monde s'attendait à la défaite de Cazal, mais celui-ci n'avait pas dit son dernier mot.
D'un coup, il se releva en hurlant, brillant d'une lueur rougeâtre. Il mit ses dernières forces dans sa riposte, rendant à Mareth le double de la puissance de ses propres attaques, cette fois il ne pouvait plus parer ses attaques. Cazal le souleva, sauta le plus haut possible avant de le jeter au sol avec une puissance inouïe, l'impact de Mareth avait presque creusé un cratère au beau milieu de l’arène.
Cazal avait laissé de côté son calme naturel, et débordait d'une rage que même Max ne lui connaissait pas.
-Cette fois, je vais en finir avec toi ! Adieu...vieux frère !
Il sauta de nouveau le plus haut possible, puis croisa les bras avant de plonger vers le sol. Il avait décidé d'en finir avec une attaque coup-croix. Mais soudain, alors qu'il allait donner le coup de grâce à Mareth, ce dernier disparut d'un coup. Cazal eut tout juste le temps d'amortir sa chute.
-Cazal ! Derrière ! cria Max.
Mareth réapparu derrière Cazal, ce dernier n'eut pas le temps de se retourner, et assena a son adversaire sa plus puissante attaque coup-croix.
La nuque de Cazal se brisa dans un « crac ! » sonore.
Il s'effondrait, comme au ralenti, mort sur le coup.
Max ne comprit pas tout de suite, Cazal allait se relever et triompher, il ne pouvait pas perdre.
Mareth leva le bras en signe de victoire. Max croyait que son cœur allait s’arrêter. Il enjamba la barrière, et se précipita sur le corps de son ami.
-Cazal, relève-toi je t'en supplie !
Mais Cazal ne bougeait plus, il ne bougerait plus jamais. Leonan s'approcha de lui, et lui posa une main sur l'épaule.
-Que son honneur soit sauf. Il aura des adieux dignes de lui, je puis te l’assurer.
Max sentait la colère bouillonner en lui.
-Je me fiche de vos adieux !
Mareth croisa son regard, avant de faire volte-face sans aucune émotion. Sans réfléchir, Max se jeta sur lui.
-Espèce d'ordure !
Il n'eut pas le temps de le frapper que Mareth l’expédiât plusieurs mètres plus loin, avant de le soulever en lui enserrant la gorge, prêt à le tuer lui aussi.
-J'ignore quelles sont les règles de la d’où tu viens, mais sache qu'ici les faibles se taisent. Ton maître était un faible, tout comme toi !
Mareth allait frapper Max avec les forces qui lui restaient, mais quelqu'un stoppa son geste. Anaë.
-Arrête Mareth ! Lâche-le ! Il ne connaît pas nos coutumes !
Mareth le libéra, avant de bousculer Anaë.
-Hors de ma vue !
Il quitta l’arène en boitant, il était très diminué par le combat, mais s'en remettrait vite.
Max rampa jusqu'au corps de Cazal. Avant de s’effondrer en larmes. Il venait de perdre son meilleur ami, mais n'y croyait toujours pas, non c’était impossible, Cazal allait se réveiller, ils reprendraient l’entraînement ensemble...
Alors que la plupart des Lucario étaient retournés à leurs occupations, seuls Max et Anaë étaient toujours là. Cette dernière n'avait pas l'habitude de voir un Lucario pleurer ainsi. Mais d’où venait-il pour ainsi montrer ses failles ? Elle s’accroupit à ses côtés.
-Il ne faut pas rester la Max, vient avec moi.
Elle l'aida a se relever. Mais a ce moment la Max fit quelque chose a laquelle elle ne s'attendait pas, il la prit dans ses bras. Anaë ne savait pas comment réagir, elle décida de faire de même. Peut-être était-ce une coutume dans son clan ?
Max venait de perdre la seule personne a laquelle il pouvait se raccrocher. Il n'avait plus personne, le voilà seul, au milieu d'un clan de Lucario dont le chef venait de tuer son seul ami...
Chapitre 8 : L'Aurasphere éternelle
Les premiers rayons du jour pénétraient par une fente dans le bois. Au fond de la pièce, Max était toujours emmitouflé dans une couverture. En fait, ce ne fut pas la lumière qui le réveilla, mais l'odeur qui emplissait la pièce. Quelque chose cuisait sur le feu. Il se réveilla en sursaut.
-Cazal, c'est toi qui...
Mais ce n'était pas son ami.
-Oh, tu te réveilles pile à temps. À table!
Anaë lui adressa un bref sourire, comme si rien ne s’était passé. Elle l'avait raccompagné chez lui, mais était finalement restée. Ils avaient discuté de tout et rien, et avaient fini par s'endormir.
Max se leva. Des sortes de petites galettes avec de la viande séchée étaient posées sur la table.
-Sert toi, tu n'as rien avalé hier soir.
-Merci, Anaë, mais...je pense que je n'avalerais rien ce matin non plus.
Max avait l'estomac noué, il se demandait comment elle faisait pour avoir l'air si forte dans un tel moment.
-La cérémonie a lieu ce matin, tu ne voudrais pas t'évanouir à ce moment-là ?
C'était en effet ce matin que le clan dirait adieu à son ami. Il se força à manger une galette pour faire plaisir à Anaë.
L'ensemble du clan se dirigeait vers le fond du village, là où brillait cette étrange lumière que Max avait aperçue à son arrivée. Tout comme l'entrée, une immense porte protégeait cette zone, gardée par deux Lucario immobiles. Tous se massaient devant la porte, dans le silence. Max et Anaë se frayaient un chemin dans la foule.
-Anaë, qu’est-ce que'il y'a derrière cette porte ?
Elle n'eut pas le temps de répondre. Quatre Lucario arrivaient en direction de la porte, ils portaient quelque chose recouvert d'un drap écarlate. Le corps de Cazal. Dans un bref moment d'agitation, la foule se sépara en deux, pour laisser passer le funeste cortège. La porte s'ouvrit à peine, juste pour leur permettre de passer de l'autre côté. Et se referma avant que Max ait pu apercevoir ce qui s'y trouvait.
Quelques minutes plus tard, la foule se scindait de nouveau en deux, cette fois pour laisser passer les membres les plus importants du clan : Mareth et Leonan. Max ne lâcha pas Mareth du regard. Sa colère n'avait pas totalement disparu et Anaë lui conseilla de ne pas recommencer quelque chose qu'il regretterait. Elle ne serait pas là pour lui sauver la mise à chaque fois. Le chef et son père d'adoption s'arrêtèrent devant la porte, avant de s'agenouiller, ce que firent ensuite tous les autres Lucario. La porte s'ouvrit quelques secondes plus tard. Et la foule commença à pénétrer à l’intérieur. Max et Anaë entraient à leur tour. Il découvrit alors l'origine de la lumière.
Au fond de l'enceinte, deux statues de Lucario se faisaient face sur un piédestal, et au bout de leurs mains, une immense sphère de lumière bleutée, dont le centre brillait d'un blanc immaculé. L'Aurasphere éternelle. Sa lumière d'une infinie beauté semblait pénétrer tout ce qui l'entourait.
Au pied des statues, le corps de Cazal avait été disposé sur une sorte d'autel. En le voyant, Max avait peur de craquer de nouveau, mais il se rappelait de ce que lui avait dit Anaë le matin même. « Ça serait considéré comme un manque de respect. »
Une fois tout le clan réuni, les portes se refermèrent bruyamment. Max et Anaë s’étaient placés devant sur la gauche, Mareth et Leonan complètement à l’opposé. Ils semblaient encore plus froids que l’ensemble du clan. Ils étaient là par obligation, comme presque tout le monde d'ailleurs...
Le prêtre qui avait officié la veille lors du combat monta sur le piédestal. Il tenait en main un étrange sceptre, qui se terminait par une sorte de cristal translucide . Le clan s'agenouilla à nouveau. Il entama son discours sur un ton monocorde.
-Mes frères, mes sœurs. En ce triste jour, nous sommes réunis en ce lieu pour dire adieu à un être qui nous est cher. Cazal, fils de Leonan, a bravement combattu, mais a hélas péri en défendant son honneur. Cependant, sa mort ne sera pas vaine.
Il fit volte-face, et tout en psalmodiant de sombres prières, il agitait son sceptre de haut en bas.
Soudain, le corps de Cazal fut entouré d'une lumière vive, Max fut ébloui par le flash.
La lumière se transforma en un halo bleu. Puis ce dernier quitta le corps de Cazal avant de former une sorte de globe. Un globe qui montait peu à peu jusqu'à l'Aurasphere. Une fois a sa hauteur, il tourna plusieurs secondes autour d'elle, et d'un coup, cette dernière l'absorba. Elle émit à son tour, brièvement une lumière vive, avant de retourner à son état originel. Max n'avait absolument rien compris à ce qu'il venait de se passer, mais réserva ses questions pour plus tard.
-Son aura a rejoint l'Aurasphere et celle-ci brille plus forte. Mes frères et mes sœurs, notre destin est tout proche. Gloire à l'Aurasphere !
« Gloire a l'Aurasphere » répétaient tout le clan en cœur.
La majeure partie du clan commençait à quitter l'enceinte, Anaë lui indiqua que seuls ceux qui étaient proches de Cazal pouvaient rester. Les portes se refermeraient alors que seuls lui, Anaë, Mareth et Leonan ainsi que trois autres Lucario que Max ne connaissait pas étaient restés.
Max se demandait ce qui allait se passer à présent.
Le prêtre agita de nouveau son sceptre devant lui. En un instant, le corps de Cazal s'enflamma. Les Lucario présents s’agenouillèrent de nouveau avant de quitter les lieux. Anaë l'informa que le prêtre s'occuperait d’enterrer les cendres dans un endroit que lui seul connaît.
Anaë raccompagnait Max jusque chez lui, il en profita pour lui poser les questions qui le taraudaient.
-Alors jamais vous ne vous recueillez pour vos défunts ?
-Bien sûr que si, auprès de l'Aurasphere. Car c'est là que sont tout nos ancêtres.
-Vos ancêtres ? J'ai du mal à comprendre...
-Chaque fois que l'un de nous meurt, son aura rejoint l'Aurasphere éternelle. Il continue de vivre en elle...en quelque sorte.
-Mais cette Aurasphere elle...qu’est-ce que c'est exactement ?
-Ce pourquoi ce clan existe. Nous sommes chargés de la protéger, de la vénérer. Et un jour, lorsqu'elle aura accumulé suffisamment d’énergie, le créateur viendra la chercher.
-Le créateur, tu veux dire Arc...
Anaë lui mit la main devant la bouche.
-Juste le créateur, son nom est tabou.
Alors qu'ils arrivaient à hauteur de sa maison, un Lucario vint leur faire part d'un message. Leonan désirait voir Max immédiatement. Ce dernier se demandait de quoi il s'agissait et espérait qu'il n'allait pas lui demander de s'en aller.
L’intérieur de la maison de Leonan avait été organisé pour ressembler à une salle du trône, il n'y avait pas beaucoup de décoration, et seul le fond de la grande pièce avait été aménagé avec un grand siège entouré de deux grosses torches sur pied. Leonan se traînait jusqu’au siège, soutenu par un jeune Lucario. Il s’éclaircit la voix.
-Mon garçon, sache que la mort de mon fils est une épreuve pour moi aussi. Mais pour toi, la vie continue. Et j'ai eu vent qu'il était ton maître d’entraînement.
Max fit timidement oui de la tète.
-Il te faut donc un nouveau maître pour poursuivre ta formation. Il appela. Lackan, veux-tu venir, je te prie.
Le Lucario qui pénétra dans la pièce était assez vieux, trapu et large d’épaules. À sa grande surprise, Max reconnut celui qui lui avait offert de ce breuvage horrible l'autre soir. Lackan lui adressa un clin d’œil en souriant de toutes ses dents. Anaë intervint.
-Vous êtes sûr que Lackan saura s'occuper d'un novice ? Vous connaissez ses méthodes !
-Que proposes-tu jeune fille ? demanda Leonan.
-Je m'en occuperais moi même.
Lackan écarquilla les yeux.
-Toi ? Tu es maîtresse de combat maintenant ? C'est nouveau !
-Je suis responsable de la garnison de chasse, je pense être aussi qualifié que toi. A moins bien sûr que tu veuilles essayer de me battre.
Lackan recula d'un pas.
-Très bien, très bien, si tu veux absolument t'occuper de lui...
-Bien. Leonan, je pense que la question est réglée.
Ce dernier fit oui de la tête, visiblement contrarié. Max et Anaë quittèrent sa maison sans oublier de s'incliner.
-Au fait, merci, c'est pour les Malosse ? demanda Anaë, ironique.
-Merci pour ?
-Pour t'avoir sauvé des griffes de Lackan.
-Il est n'a pas l'air méchant pourtant.
-Il ne l'est pas. Simplement, ses entraînements sont...assez particuliers.
Elle lui indiqua deux Lucario qui tentaient de traîner une grosse pierre attachée à une corde. Un autre leur hurlait dessus en les traitant de chiffes molles. Max avait presque l'impression d'assister à un entraînement militaire humain.
Il n'avait pas remarqué tout de suite la petite perle qui pendait au bout de son collier. Mais il remarqua tout de suite ce que c’était : Une Lucarite.
-Anaë, d'où tiens-tu cette perle ?
-Cette breloque ? C'est ma grand-mère qui me l'a offerte. Elle me disait « Ce joyau révèle la force qui sommeil en chaque Lucario ! » Pour le moment elle n'a pas révélé grand-chose, mais elle me porte chance.
Anaë l'emmena jusqu'à chez elle. Sa maison se trouvait à proximité du mur d'enceinte qui protégeait l'Aurasphere. Elle était l'exact opposé de celle où il avait vécu ses derniers jours. Vaste, lumineuse, et accueillante.
-Tu peux t'installer ici si tu veux, il y a toujours de la place pour les amis.
-Anaë, tu n'es pas obligé de faire tout ça pour moi, tu sais.
-Non, mais j'y tiens, tu étais le meilleur ami de Cazal, alors je ne peux pas te laisser seul. Je sais que c'est ce qu'il aurait voulu.
Soudain, un Riolu entra en trombe dans la maison, et sauta dans les bras d'Anaë.
-Maman !
-Niky ! Alors, ça s’est bien passé chez grand-père ?
-Trop bien ! J'ai battu Tuhan aujourd'hui !
-Oh, Niky, dis bonjour à Max. Il va rester quelque temps ici.
-Bonjour. Dis timidement le petit Riolu en secouant sa main.
-C'est ton...
-Mon fils, oui.
Elle le reposa par terre, il s'empressa de courir à l’extérieur pour jouer.
Max allait de surprise en surprise.
-Et ton, ton mari est...
-Mort. Question suivante ? répondit-elle sèchement.
-Je suis désolé je...
-Ne t'en fait pas, j'ai l'habitude.
Soudain, Niky réapparut dans l’entrebâillement de la porte.
-Maman vient voir !
Anaë se hâta à l’extérieur.
De petits flocons commençaient à tomber du ciel.
-Il neige. On dirait qu'on va avoir un hiver finalement. Dit elle en se retournant vers Max.
Alors qu'un manteau blanc recouvrait peu à peu le village, Max va désormais être entraîné par Anaë. Quelles nouvelles aventures l'attendent encore ?