- ...Bien.
De son joli mètre 92, le "papa" regardait sa fille avec un air qu´il fit plus... neutre.
La gamine le fixait avec des yeux éperdus de chagrin quant à l´attitude de celui qui ne serait sûrement pour elle que son "géniteur" et jamais son "père".
Mais pourtant on discernait sous les larmes un regard paradoxalement placide, comme si elle commençait à se dire que cet homme n´avait de toute façon jamais été là pour elle, et que finalement ça ne changerait pas grand chose, malgré qu´aujourd´hui encore plus qu´à tout autre moment de sa vie, elle avait besoin de lui, et qu´elle ressentait ce besoin comme une plaie ouverte qui saigne depuis longtemps et devant laquelle on aurait posé de quoi la soigner mais que personne ne daignait s´en occuper.
Oui, c´était exactement ça.
Un besoin immense d´avoir un père, comme un point d´encrage, un soutien, une fondation vitale, mais le sort avait fait que son père (et elle s´en rendait déjà compte alors que c´était la première fois qu´elle le voyait) était un homme vide, et froid comme la pierre qui lui servait de coeur.
Goran: Quoi? Tu pleures?
La fillette ne cessa de le fixer.
Goran: C´est indigne de toi, princesse. Tu te dois de toujours cacher ta faiblesse. Surtout devant moi. Je ne veux pas d´une fille qui pleure sans arrêt, d´une enfant qui ne veut pas grandir, d´un bébé qui se révellerait être plus un BOULET qu´autre chose!
Le ton était extrêmement dur, glacial, et l´expression sur le visage de Goran avait tout de celui du maître s´adressant à son esclave.
Mais la petite fille ne cessa pas de le regarder, et les larmes par la force des choses finirent par couler le long de ses joues laiteuses et à y marquer instantanément des sillons rougis.
Mais elle ne sanglotta pas. On aurait dit qu´elle retenait sa respiration, bien qu´on eût vu son thorax soulevé au rythme de son souffle.
Goran: Au moins, tu ne fais pas de bruit quand tu pleures. C´est déjà ça...
Anarkia murmura de façon presque inaudible à l´adresse de son père:
Anarkia: Je te déteste...
Goran: Répète?
Anarkia: Je te déteste...
Goran: PLUS FORT!! Assume ce que tu dis!!
Anarkia: JE TE DETESTE!!!
Goran attrappa les cheveux de la fillette de façon à lui faire tendre la tête en arrière et se rapprocha de son visage.
Une puissante mais néanmoins encore légère odeur de musc s´éleva dans son mouvement.
Goran: Tu n´est qu´une peste mal élevée et parfaitement idiote...!