Le moment était venu, elle allait se venger… Elle avait enfin décidée qu’il était temps pour elle d’accomplir cette mission. Elle se lava et s’habilla d’une tenue de cuir noir moulant parfaitement son corps de déesse. Elle ne pensait à rien d’autre qu’à son combat, le combat qui allait enfin débarrasser son cœur d’un sentiment de haine, de colère et de tristesse que l’on appelle la vengeance. Certes elle allait sûrement périr dans ce combat mais elle se disait qu’elle mourrait certainement le cœur léger. Malgré dix ans après cet évènement, elle s’en souvenait encore. Elle revoyait la scène. Sa sœur et elle sous le lit, ses parents se faisant massacrer sous leurs yeux, bref une tuerie indescriptible. Touts ces faits n’étaient dû qu’à la présence de Matsumoto. La jeune fille saisit son téléphone et appela un de ses généraux. Elle lui demanda d’apporter un véhicule, de préférence une moto pour être plus discrète.
« Bien… et vous ne savez pas où ils seront ce soir, par hasard ? Demanda-t-elle.
_ Si justement, j’allai vous le dire, répondit il, il déjeune dans un restaurant chic de Kyoto, le Fujintaka.
_ Bien, je vous remercie…
_ Mais de rien mademoiselle, j’envoi tout de suite un de vos hommes. »
Elle raccrocha le combiné téléphonique et se dirigea vers le hall, armes en mains et s’assit sur un des bancs de marbre. Elle repensait à chaque instant qu’elle avait vécue ici. Ses disputes, ses combats, même les moments les plus désagréable lui donnait un coup de nostalgie dans le cœur. Soudain elle entendit le vrombissement d’un moteur, c’était son « chauffeur » qui venait la chercher. Elle sortie du bâtiment et regarda une dernière fois la structure de l’université.
« Désolé… Xiaoyu… »
Elle grimpa sur le véhicule à deux roues, mit son casque et fit signe au jeune yakuza qu’il pouvait démarrer. Celui-ci s’exécuta, ne voulant surtout pas la contredire, après avoir apprit ce qu’il s’était passé une fois. Ils traversèrent moult paysages mais le jeune homme ne pouvait pas apprécié la diversité de ces contrées puisqu’il était attelé à conduire et la jeune fille, non plus, puisque son esprit était toujours prit de remords et de regrets. Avait elle fait le bon choix ? Etait ce judicieux de se faire sa sœur comme ennemie quasiment la veille de sa mort ? Elle ne voulait pas le savoir même mais sa conscience lui rappelait sans cesse ces questions. Elle était sur le point de devenir folle. Ils prirent aussi l’avion mais la jeune femme se posait encore et toujours ces questions… Heureusement ses pensées furent interrompues par son arrivée à Kyoto. Elle retrouvait SA ville enfin c’était sa ville, maintenant elle appartenait aux Orochis. Et oui dans cette cité se n’était pas le maire le patron mais celui qui dirigeait la pègre, le business, le contrôle de la drogue enfin bref. Savoir que Matsumoto, chef suprême du groupe révolutionnaire contre le régime politique dont les parents des deux jeunes filles avaient essayé de défendre, asseyait son autorité avec une poigne de fer, avec les Orochis sur cette région la rendait folle de rage. Si elle arrivait à détruire cet homme elle serait à moitié venger en ce qui concerne la lutte du pouvoir sur la ville. Encore une raison pour le tuer. Mais elle n’allait pas chercher tout ce qu’avait commit ce démon sur cette terre sinon elle pourrait trouver des milliers de motifs d’assassinat. Ils s’arrêtèrent devant un building énorme. Ils y entrèrent et sans prendre la peine de s’adresser à l’accueil, l’homme et Yui prirent l’ascenseur pour monter au dernier étage de celui-ci. Le jeune yakuza céda le passage à sa maîtresse avec un signe de révérence et alla même lui ouvrir la porte de la suite royale. Elle y entra sans se faire prier. Son fidèle lieutenant l’attendait, assit sur un canapé de cuir blanc et un verre de scotch à la main. Il ne se refusait rien il profitait même des avantages de la suite de mademoiselle Fang. Il se leva et s’inclina pour faire un baisemain à la jeune fille et se releva.
« Mademoiselle Fang, j’espère que vous avez fait bon voyage.
_ Oui, ça peut aller.
_ Tant mieux. Je vous pris, prenez vos aises, vous êtes chez vous. Dit il.
_ Encore heureux c’est moi qui paye ! S’écria-t-elle.
_ Oui, oui… Dit il avec un soupçon de peur de ses propos.
_ Et je vois que vous profitez bien de tout ce luxe.
_ ……… Il ne dit rien, la jeune fille avait tapé dans le mille.
_ Bon, un verre de whisky, s’il vous plaît. Demanda-t-elle.
_ Bien mademoiselle. Il claqua des doigts et le jeune motard apporta la commande à la jeune Yui.
_ Merci…
_ Bon, vous allez réglée vos compte ce soir si je comprend bien ?
_ Oui, tout a fait.
_ Parfait, je vous ai fait une petite surprise. Annonça-t-il en amenant une tenue de cuir noir sous les yeux de Yui.
_ Qu’est ce que c’est ?
_ Votre tenue de combat… En cuir noir, pare-balle intégré, confortable, bref le costume qu’il vous fallait.
_ Imbécile ! Dit elle en se dirigeant vers la baie vitrée qui donnait l’occasion d’admirer la ville éclairée seulement par des néons.
_ Qu’ai-je fait ? Dit il avec anxiété.
_ Ce que je vais commettre ce soir n’est pas une vulgaire vengeance ou même un combat juste pour la domination de cette ville… c’est bien plus. Je me battrai en yukata… ce sera une bataille symbolique. Pour venger mes parents… C’est un combat plus moral que physique. Je lui ferais payer ses actes et par ce biais je me vengerais par la même occasion. Et de toute façon ses hommes n’utilisent pas les armes à feu.
_ Mais cela ne vas pas être facile pour vous battre.
_ Je le sais ! Mais si je dois mourir, autant mourir dans cette tenue.
_ Bien, je prépare vos affaires ?
_Oui, merci… »
Celui-ci disposa et alla préparer les habits de la jeune fille, le jeune homme l’avait accompagné. Ils laissèrent la jeune étudiante devant le spectacle nocturne de la ville.
« [Mon dieu… pourquoi j’ai commis toute ces atrocités ? Pourquoi est ce que j’ai aimé voir le sang couler ? Pourquoi donc ai-je tué tout ses gens ? C’est peut-être Xiaoyu qui avait raison, peut-être que j’aurais du ouvrir mon cœur… Rhô ! C’est trop tard, je ne vais pas me remettre en cause maintenant… jusqu’à lors mes méthodes m’ont toujours réussie ! Pourtant… Ils ont tous été gentils avec moi, jusqu’à la fin… Non ! Pas de sentiments ! Ma sœur est devenue faible à cause de cela ! Sieg’ ! Si je survis je te promets que je couperais ta tête, tu as osé détruire la vraie personnalité de ma sœur et crois moi que tu me le paieras, mais… elle m’a dit qu’elle l’avait manipulée… est ce vrai ? Peut-être… Mais pour le moment…] »
Elle se retourna, le lieutenant lui fit un signe comme quoi sa tenue était prête. Elle entra seule dans une sorte de salle de bain, revêtit la tunique et se coiffa en une sorte de chignon ( imaginez Lucy Liu dans Kill Bill) et sortit. Le lieutenant, toujours en bon lèche botte, lui disait qu’elle était magnifique et encore bien d’autre chose. Elle ignorait ses compliments car cela l’horripilait plus qu’autre chose. Après être descendue dans le hall d’entrée, elle sortit dehors où une superbe voiture noire l’attendait. Elle y grimpa, toujours accompagnée du lieutenant et le véhicule démarra tout de suite. Yui se préparait psychologiquement à cette bataille, elle ne vit pas le voyage jusqu’au restaurant. Elle gardait les yeux fermés et essayait de vider son esprit. Elle cherchait à ne pas entendre le rugissement des moteurs, de la voiture et des motos qui l’accompagnait. Après environ un bon quart d’heure, ils arrivèrent devant le lieu où Yui allait se venger. En fait… son histoire se résume surtout sur le mot « vengeance » et ça elle s’en rendait bien compte. Elle descendit de son véhicule. Ses hommes arrêtèrent leurs machines. D’un signe de main la jeune geisha leur dit d’arrêter.
« Pourquoi ? Dit un des yakuzas.
_ J’y vais seule… Répondit elle.
_ Mais vous êtes folle ? S’écria le général qui venait à peine d’arriver aux côtés de Yui.
_ Comme je vous l’ai dit à l’hôtel, c’est plus un symbole que je défends.
_ Mais… mais… Balbutia-t-il.
_ S’il vous plaît, n’intervenez pas dans ce combat. Demanda la magnifique jeune fille.
_ A ça non ! On refuse que vous vous tuer stupidement !
_ Alors prenez ça comme un ordre. Et qu’insinuez vous ? Que je vais mourir ? Je vois que la confiance règne…
_ Bien… bien…
_ Bon au revoir, nous nous reverrons peut-être…
_ ………. » Ses hommes ne pouvaient que garder le silence