La matinée se terminait, Mikhail était seul dans le grand parc vert .
Immobile depuis quelques minutes, il tentait de ressentir la " respiration" de la vie autour de lui .
Au bout d´un moment, ses deux mains ouvertes totalement immobiles se posèrent simultanément sur les deux poignées de ses épées, attachées verticalement dans le dos .
Un crissement retentit, puis le son caractéristique des lames glissant contre le bois de leurs fourreaux .
Concentré, le jeune homme serra plus fort chaque poignée, jusqu´a ce que ses articulations blanchissent sous l´effort .
Un calme magnifique s´établit, le silence, lourd, tomba sur Mikhail . Autour de lui, aucun mouvement ne rompait la tranquilité de l´air, immobile . La respiration de l´élève devint un peu plus difficile, mais celui-ci n´en remarqua rien, l´ésprit focalisé sur ses lames .
Les deux épées formaient une croix, un " X", pointes vers le bas . Pieds parallèles, jambes fléchies, bassin rétro versé, poitrine rentrée, épaules vers le bas, dos relaché et poignets relachés . Cette position ancestrale nommée : Position de l´arbre, améliorerait, selon certains maîtres, la détente du corps et de l´ésprit .
Plusieurs minutes passèrent encore, le jeune homme toujours immobile . Puis, soudain, un changement s´opéra dans le milieu protégé par la fragile aura du jeune guerrier .
L´air, si dense jusque là autour du jeune homme, sembla reprendre une compression normale .
Ce fut a ce moment que la tempête se déclencha .
Mikhail, comme en trance, bondit en avant, ses lames vibrantes faisant hurler le vent, il frappa de ses épées, les rabattant sur un ennemi invisible . Sans attendre une fraction de seconde de plus, il se rua sur un autre combattant invisible à une vitesse qui semblait surhumaine . Les lames frappèrent de nouveau, dans des enchainements de plus en plus compliqués . Lorsque le troisième ou quatrième adversaire invisible fut vaincu, la vitesse de rotation des épées autour de Mikhail dépassa la capacité de rétablissement de la pupille de l´oeil humain .
Un flou entourait le bretteur qui, le visage inexpressif, continuait ses enchainements dans le vide, frappant chaque ennemi avec une violence redoublée .
La bal dura quelques minutes, quatre ou cinq tout au plus .
A ce moment, les deux lames du jeune homme se fichèrent dans le bois centenaire d´un chêne . Le guerrier s´éffondra, tout à coup haletant et en sueur .
- zoldik#