Ca y est! C´est l´heure, je me tient près,devant le Mougouille marché, avec mon flingue et mon Kalachnikov. J´ai aussi amené un petit cochon d´Inde autrichien. En fait, si je l´ai ramené c´est parce que je me doute bien que sans cochon d´Inde, une attaque à main armée n´est qu´une idée fantasmagorique! Ma tactique est de faire entrer le cochon d´Inde dans le Mougouille et pour qu´il aille me chercher de l´eau de javel, comme ça: fini les plaques de calcaire sur mon évier! Pas con, le mec!!! Mais ne vous inquiétez pas, pour ne pas être malhonnête, je lui ai donné un peu de monnaie…
Ca y est André arrive, mais sans Marchal!!!! Selon lui, Marchal est mort. Enfin, il croit mais il n´est pas sur. Tout ce dont il se souvient, c´est qu´il l´a criblé de balles de fusil à pompe dans le bois de Groutengogoule street mais il n´est pas sur qu´il soit mort! D´ailleurs, selon lui, c´est la raison pour laquelle il l´a noyé mais il n´est pas sur qu´il soit mort parce que, comme il dit: «Il a sans doute retenu sa respiration et il est sans doute encore vivant». mais apparemment, les chances de le revoir sont pratiquement inexistantes. On est tous très triste mais en fait on s´en fout un peu, alors on s´est préparé pour le braquage. Un homme nommé Bertauphe vient d´arriver et dit qu´il est venu pour remplacer Marchal dans le plan! On accepte immédiatement! On le jette contre le mur très violemment pour qu´il comprenne qui sont les maîtres et ensuite on a commencé! On rentre dans le Mougouille Marché avec nos kalachnikovs et nos mitraillettes calibre 5,7 en poussant des cris Visigoths avec de longues tuniques tyroliennes pour exprimer nos opinions sur les déchets bio-dégradables. Dès mon arrivée, je reconnais mon père qui achète des baguettes de campagnes (pures en céréales, s´il vous plait!): je le descend immédiatement avec six ou sept coups de mitraillette et je rentre dans le Marché. «André, prend le côté nord, bordel, prend le côté nord!!! hurle Bertauphe, ensanglanté. L´alarme s´est mise à sonner. Je ne vois plus rien à présent: tout est flou! Une mère de famille, avec ses deux filles dans les bras, crie «Prenez les bouées de sauvetage les enfants, sinon vous allez y passer!». Je comprend alors que je allait me les faire: je tire une rafale de coups de feu, mais la mère se protège derrière ses deux filles et réussis à éviter les coups! je la poursuis! Des gens hurlent dans le magasin! Tout est rouge! Tout le monde a une bouée de sauvetage, heureusement pour eux, même si cela ne leur sert pas à grand chose puisqu´ils sont dans un super marché, mais bon…. «Prend le quartier nord André, continue de beugler Bertauphe.» N´écoutant que mon courage, je le pousse contre un rayon et il s´écrase comme une bouse dans les bouteilles d´alcool! Evidemment, j´y mets le feu! Tout brûle a présent! Les flammes flamboient dans le magasin! tout le monde hurle! C´est l´apocalypse! Les CRS nous balancent des bombes lacrymogènes à la tronche mais je les descend en moins de deux! J´avoue que j´ai un peu mal à l´orteil droit mais ne vous inquiétez pas pour moi, ça va mieux!Je n´ai plus d´oxygène! Une petite fille hurle «Maman! J´ai perdu ma maman! Ouiiiiiiiiin!». «Ferme ta gueule, que je lui répond!». Elle tombe dans les flammes et elle meurt… une de moins après tout! Sale gosse! Bon dieu, mes jambes flagellent! Le bruit de l´alarme est insupportable, j´ai une migraine horrible, je tombe par terre! La fumée me fait presque perdre conscience: si je ne sort pas vite fait de cette supérette, je vais y rester, c´est certains! J´aperçois la silhouette de André au loin, en train de jouer au dominos à deux ou trois mètres de moi! Je viens de comprendre: Si je suis ici, c´est pour accomplir la mission que m´a confié le seigneur! Je devais mettre à feu et à sang toute cette putain de supérette et pour cela je devais tuer chaque personne présente! Une vingtaine de coups de mitraillettes dans le torse de André! «Marcel, promets moi, de finir cette partie de dominos et de la réussir haut la main puisque je ne pourrais jamais la finir! m´a t il dit. Je me sens frustré, frustré de mourir ainsi, comme si je mourai avec une mission inachevée et…»
-Je te le promets, lui ai je dit. Bon allez, salut!
Je balance une grenade pile aux rayons des fruits et légumes, tout le magasin explose sous l´impact des framboises piégées qu´avait déposé un terroriste breton, il y a un jour de cela : je suis projeté à une vingtaines de mètres en arrière, transpirant sous l´effet des flammes… le froid me glace les os soudain, pas de doute: je viens d´atterrir dans le rayon surgelé! J´en profite pour chiper un bon petit filet de merlu de derrière les fagots! Je sens que l´excitement est à son comble! Tout tourne autour de moi, je vois rouge et tout l´univers me semble pénible, douloureux, maniaque, trop petit pour sa propre idée de départ, trop ambitieux pour faire régner la joie, trop orgueilleux pour maintenir la stabilité politique… non, enfin, si, enfin, je ne sais pas! mon cœur bat si vite… Pourquoi nos sens sont ils si maigres? Pourquoi la technologie actuelle, pourtant si avancée, si moderne, ne peut elle pas résoudre les petites histoires actuelles aussi bien politiques que patriotiques? Enfin, bref… Je vais sans doute crever à présent alors… non, il faut résister car telle est la mission que m´a attribué le seigneur! Mais comment subsister? Mais oui, c´est évident: Il me faut du rouge, c´est la seule façon de m´en sortir! c´est l´apocalypse! Je vois totalement flou et une notion d´obscurité devient toujours plus machiavélique quand on est énervé! Rayons frais à la mousse de lait, rayons pain de mies, rayons rouge! C´est bon! maladroitement, je renverse le rayon avec une hache, une mitraillette, et un portugais! C´est triste! me voilà entrain de lécher le sol, mouillé de rouge!!! Ca y est je sens que ça vient, oui! Le goût bouchonneux m´amplifie l´estomac, cette odeur fruitée et cristalline m´envoûtent! J´entre en transe… tout redevient normal! je vois net à présent, je me sens très bien, en pleine forme, les flammes du Mougouille Marchée, s´éteignent, les balayeurs enlèvent les cadavres avec gaieté… tout va mieux à présent! J´ai dit à la police que ce n´est pas moi qui ai braqué le Mougouille, donc ils ne m´ont pas arrêter: ils ont arrêter un honnête père de famille allant chercher un emploi dans une pharmacie pour nourrir ces deux enfants et sa gentille femme qui leur prépare un bon goûter à la sortie de l´école non loin de là! Tant pis pour lui! Je sens que ma vie va pouvoir reprendre son cours normal désormais! Je me sens mieux qu´avant… Le bilan de cette boucherie est de quatre vingt dix huit morts, sans compter les blessés graves! Bref…rien de très grave, du moins, ce n´est pas le plus grand massacre de l´humanité! Au régiment, c´était autre chose, et j´ peux vous dire que le gouvernement était bien plus strict que ça! En tout cas, le colonel Bichard vient de me rappeler à l´ordre, ce matin, je pars pour l´Amérique du Sud. Le colonel m´a expliqué que le gouvernement était très touché par la pauvreté dans les pays d´Amérique du sud, donc, on va tous les buter. Une fois qu´on aura tout liquider, on pourra dire, que grâce à nous, il y n´y aura plus de pauvres dans le monde!!!! Notre tactique est la plus évoluée, la plus astucieuse, la plus réfléchie que je n´ai jamais entendue auparavant: Moi et mes amis, on sera dans une grande maison chauffée avec jacuzzi, salle de sport pour s´entretenir parce que quand même, c´est important de s´entretenir, bon sang de brêle! On aura un bon verre de rouge, en regardant un match de handball féminin sur glace par temps estivaux sur une jambe entre les péruviens et les tibétains! on aura le droit d´aller voir des spectacles ou d´aller à des soirées dansantes et tout le bordel, pendant que les soldats handicapés, en particulier, les unijambistes, ou les amputés des bras, seront sur le champ de bataille. Leur mission est d´apporter des grenades jusqu´au camp d´en face en marchant (pour ceux qui peuvent), poser la grenade parterre, et s´enfuir en moins de quatre secondes (c´est le temps de retardement des grenades auvergnates…).Bref, nous sommes à huit cent mille cinquante six personnes par couchette: j´ai froid et les rats sont plus coriaces que prévus à ce qu´on m´a dit… Qui rira bien qui rira le dernier…