Des manoeuvres sans précédent depuis des années paraissent confirmer la préparation des troupes britanniques à une éventuelle offensive contre l´Irak aux côtés des États-Unis. Officiellement, Londres dément toute préparation militaire à une quelconque offensive contre l´Irak. Pourtant, indices et déclarations s´accumulent.
Le Daily Telegraph rapporte vendredi qu´un contingent de troupes britanniques commencera bientôt à se déployer au Koweït en prévision d´une éventuelle offensive contre le régime irakien, qui pourrait mobiliser jusqu´à 30 000 soldats britanniques. D´après le quotidien, ce déploiement s´amorcera après la séance extraordinaire du Parlement, convoqué le 24 septembre par le premier ministre Tony Blair pour débattre du dossier irakien.
Selon le journal, les attaques aériennes effectuées par les patrouilles américaines et britanniques qui survolent les deux zones d´exclusion en Irak se multiplieront. Une opération aérienne d´envergure menée le 6 septembre contre une importante installation irakienne de défense aérienne à l´ouest de Bagdad était destinée à créer un couloir permettant aux forces spéciales alliées d´empêcher Saddam Hussein d´installer des missiles Scud visant Israël, dit le Telegraph. La flotte aérienne britannique basée en Turquie devrait être renforcée. Le porte-avions Ark Royal est pour sa part déjà en route pour la Méditerranée. Toutefois, il faudra au moins trois mois aux chars britanniques pour être acheminés au Koweït, ce qui écarte toute offensive pour cette fin d´année, ajoute le quotidien.
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Le ministère britannique de la Défense a qualifié ces informations de «hautement spéculatives». Il a reconnu cependant le lancement, durant le week-end, d´un exercice logistique militaire d´envergure, le plus important depuis 1998 en Grande-Bretagne. Quelque 6000 hommes et un millier de véhicules transportant des tonnes de nourriture, munitions et équipements médicaux, devraient faire mouvement vers le port militaire de Marchwood, dans le sud d´Angleterre.
Les États-Unis ont déjà annoncé un sérieux renforcement de leur dispositif militaire dans le Golfe. Quelque 600 membres du personnel du Commandement central américain, basé à Tampa, en Floride, se rendront en novembre au Qatar, officiellement dans le cadre «d´exercices». Le Qatar a indiqué qu´il prendra en considération toute demande de son proche allié, Washington, d´utiliser ses bases pour une intervention en Irak.
Les forces irakiennes, selon le CSIS
L´armée irakienne a perdu 40 % de ses forces depuis la guerre du Golfe mais reste l´une des plus importante dans la région, selon le Centre d´études stratégiques et internationales (CSIS), un centre de recherches de Washington. Selon des estimations contenues dans un rapport publié cette semaine et intitulé «Les capacités militaires de l´Irak en 2002», les troupes de l´armée irakienne s´élèveraient à 424 000 hommes, auxquels il faut ajouter environ 650 000 réservistes. En outre, l´Irak possèderait encore 2200 chars d´assaut, dont 700 T-72 de fabrication soviétique, 3700 véhicules blindés et 2400 pièces d´artillerie.
L´armée de l´air, forte de 30 000 hommes, compterait 316 avions de combat, dont seulement 50 à 60 % seraient en service opérationnel.
Décimée durant la guerre du Golfe, la marine irakienne, avec 2000 hommes et une douzaine de navires de combat, ne représente qu´un danger réduit, mais Bagdad conserve toujours un stock important de missiles sol-mer et de mines.