Plus j'y pense, plus je me dis que globalement, notre problème, à Liverpool, c'est qu'on ne sait plus gérer les temps faibles de nos matches. En règle générale, un match de foot va se diviser en une succession de périodes : l'équipe A domine, l'équipe B domine, le jeu s'équilibre, une équipe re-domine...
Gagner un match suppose d'exploiter au mieux les temps forts et de limiter la faiblesse dans les temps faibles. Sur le dernier match, notre domination a été écrasante pendant plus d'une heure, et on a été dominés pendant même pas dix minutes. Pourtant, le résultat n'a pas été positif.
Malgré les occasions ratées, on a globalement bien exploité les temps forts. Comme dit Kenny, on aurait plus à s'inquiéter si on ne créait pas d'occasions. La malchance, on ne peut pas y faire grand chose.
Mais bon sang, dès qu'on a un coup de moins bien, c'est la panique ! On perd des ballons, Norwich prend la main sur le jeu... Bon, le but, encore, ça ne veut pas dire grand chose, mais on a quand même concédé quelques occasions, quelques frappes.
C'est ce qui nous différencie du Manchester de l'an dernier, par exemple. (Celui de cette année n'est actuellement pas plus fort que nous, je trouve.) Les Mancuniens savaient être dominés. Leurs adversaires avaient souvent une bonne période de domination, mais au final, aucune réelle situation de but. Nous, non. À chaque fois qu'on a eu ce coup de moins bien, ça a été la panique.
Ne pouvant pas être dominateurs 90 minutes, il faut absolument qu'on travaille cette consistance qui nous fait défaut. Je dirais que ce n'est pas tant un problème défensif qu'une incapacité à faire le dos rond quand l'adversaire domine. "Walk on through the wind", pourtant, dit notre hymne.
C'est aussi ce qui a perdu Lille contre le CSKA, d'ailleurs : deux buts marqués en une bonne heure de domination extrême, deux encaissés en une vingtaine de minutes de très légère domination russe.
Demain, on joue Stoke City, en Carling Cup. Ce sera un excellent test : Stoke City est une des meilleures équipes d'Europe dans la gestion de ces temps. On doit à tout prix retrouver cette efficacité institutionnelle qui faisait notre force du temps de Rafa. Ces dernières semaines, on a montré les mêmes défauts qu'Arsenal.
Sinon, je suis bien content de voir la réussite de Bellamy. J'aime beaucoup ce joueur. J'ai écouté un joli discours de Bellamy, il y a quelques mois. Il expliquait avoir perdu la rage et la haine qui l'habitaient depuis toujours, avoir enfin réussi à faire la paix avec le monde et avec lui-même, à s'accepter. Il veut maintenant aller travailler avec des jeunes en difficulté, pour les aider à faire de même.
Heureusement pour nous, sur le terrain, il a toujours la même rage de vaincre. Le joueur le moins onéreux a peut-être été la meilleure affaire... Il a même l'avantage de présenter une grande polyvalence : pratiquement n'importe quel poste offensif lui convient. Dalglish a vraiment bien fait de le ramener.