Je me sentais interpellé et même si les roses ne sont pas de saison, j´ai eu envie de parodier ce cher Ronsard
Mignonne, allons voir si la princesse ne nous a pas envoyé sur les roses,
Pourtant chaque matin nous convoitons un petit témoignage de sa prose.
Aurait-elle échangé ses jeans délavés pour une robe de pourpre au Soleil?
Désenchantement ou manque de fraîcheur? Aurait-elle perdu ceste vesprée?
Quels sentiments espiègles dissimule-t-elle dans les plis de sa robe pourprée?
Quel baladin talentueux s´est empourpré pour afficher un teint au votre pareil?
Las! Nous autres écuyers baissons nos yeux ternis, voyez comme en peu d´espace,
Un voile à présent la sépare de nous, pauvres gueux, la mignonne a dessus la place
Altéré ses couleurs vives, voyez comment elle a, las las, ses beautés laissé choir!
Fatalité cruelle, destinée barbare, comment ne pas interpeller cette marâtre Nature,
Nous avons le coeur au bord des lèvres en découvrant qu´une telle fleur ne dure
Qu´un moment si bref à l´égard de l´âge de l´univers, que du matin jusque au soir !
Acceptez nos témoignages de sympathie, vous pouvez nous en croire, mignonne,
Nos coeurs battent à l´unisson, vénérant votre grâce tandis que votre âge fleuronne,
En amateurs d´art nous ne pouvons refréner nos élans vers une si verte nouveauté,
N´écoutez que votre intuition, profitez du présent, cueillez, cueillez votre jeunesse
Ne craignez pas les outrages du temps et souriez comme à cette fleur la vieillesse
Pour le chansonnier il n´y a pas de fatalité, nul sacrilège ne fera flétrir votre beauté.