Bien sûr, Prauron. Il y a des choses avec lesquelles il ne faut pas plaisanter. Un Paraguay - Japon, ça ne se rate pas !
Ectoplismi, une passion pour un pays ou un club de foot se différencie quand même d'une relation amoureuse, en cela qu'elle garde des limites. Il est vrai que je suis "dépendant", puisque je ne pourrais pas rater un match de Liverpool, mais ça ne représente qu'une dose de 90 minutes toutes les semaines (et encore). Et ma passion pour le Paraguay m'a amené à lire de nombreux livres d'histoire, mais pas à oublier tout ce qui fait de moi ce que je suis.
Même pour les paris, j'ai fini par apprendre à me modérer, et à limiter mes dépôts à une quinzaine d'euros par semaine grand maximum.
C'est là que je vois l'amour comme un danger : lui n'a aucune limite, et détruira n'importe quelle autre passion nous séparant de la personne qu'on aime. Pour mon cousin, par exemple, une après-midi sans sa copine, c'était déjà trop, alors qu'avant, on se faisait régulièrement une semaine entière de jeux vidéo. J'ai aussi vu des gens engloutir chaque mois une large part de leur salaire dans des trajets de 300 km pour aller voir une fille qui ne les aimait même pas.
La différence entre l'amour et une passion saine, aussi, c'est que l'amour repose sur l'imagination plus que sur ce que l'on voit. Demande à un gars amoureux pourquoi il aime sa petite amie : il te dira sans doute qu'elle est parfaite. Après leur rupture, une fois qu'il n'est plus amoureux, repose-lui la même question, et il lui trouvera très facilement des défauts.
Mon vieux Dune 2000, je sais pourquoi je l'aime : il est difficile, il a bercé mon enfance... Une fille, je pense qu'on ne sait pas vraiment pourquoi on l'aime. On l'aime, et ensuite, on lui trouve des qualités pour se justifier. Je ne veux pas me soumettre à un sentiment que je ne pourrais pas comprendre.
Et puis, il m'est arrivé que des femmes soient amoureuses de moi. (Encore heureux, en presque 22 années d'existence.) Quand je vois à quel point ces habituelles dominantes devenaient des soumises, quand je vois de quelle façon je pouvais les faire souffrir ou les rendre heureuses d'une seule phrase, sans même le vouloir, j'ai peur de ce qui m'arriverait si je tombais amoureux. Ce besoin vital et irrationnel de voir une autre personne, même si on sait qu'elle ne nous apportera que des souffrances, c'est une horreur.
Enfin, tout ceci n'est que mon avis. Quelqu'un d'heureux dans son couple te dirait probablement que cette dépendance est ce qu'il y a de plus beau au monde.