Tu as sans doute raison de dire que si la prévention est efficace, les risques seront minimisés.
Je ne met aucunement en doute les capacité des mécecins épidémiologistes en France.
Moi je n´oublie pas que nous ne sommes pas seuls.
Nous dépendons de nombreuses administrations en différents points du globe.
Si chacun joue le jeu, c´est parfait.
Je ne fais que mettre une copie de la traduction d´un communiqué du congrès de l´OMS (Organisation Mondiale de la Santé, sous l´égide de l´ONU):
´´C´est de Nouméa que l´OMS tire une fois encore la sonnette d´alarme à propos de la grippe aviaire, mais non pas pour demander aux états qu´ils tentent d´endiguer le virus de la grippe aviaire, mais bel et bien pour qu´ils se préparent à le " recevoir " afin qu´ils ne soient pas pris de cours et de confiner le virus quand la pandémie sera déclarée car ceci est maintenant inéluctable selon tous les spécialistes.
"La menace est évidente, aucun gouvernement, aucun chef d´Etat ne peut être pris de court. Il est très important pour nous tous d´être préparés " déclare le directeur général de l´OMS (Shigeru Omi) depuis Nouméa où a lieu la réunion annuelle du Comité régional pour le Pacifique ouest de l´Organisation Mondiale de la Santé.
Le virus de grippe aviaire A (H5N1), détecté pour la première fois en Corée du Sud en décembre 2003, a touché 11 pays jusqu´à aujourd´hui, y compris le Kazakhstan et la Russie. Certains des pays affectés n´ont malheureusement pas les ressources nécessaires pour prendre en charge pleinement les problèmes de prévention, de surveillance de détection et de contrôle de l´épidémie, a observé M. Omi.
C´est au total quelques 112 infections et 57 décès humains dus à la grippe aviaire qui ont été décomptés depuis le début de l´épidémie, même si M. Omi a précisé que la possibilité que le virus puisse se propager efficacement d´humain à humain n´était pas encore prouvée scientifiquement.
Plus de 100 représentants, dont un certain nombre de ministres de la Santé, sont réunis à Nouméa jusqu´à vendredi pour examiner le travail de l´OMS dans la région du Pacifique ouest et pour discuter des orientations du secteur de la santé dans les années à venir.
Shigeru Omi a déclaré que si le virus n´était pas contenu dans un délai maximum d´un mois, le risque que celui-ci se propage à grande vitesse était immense et que l´OMS s´inquiète du fait que présentement que certains des pays ne soient pas du tout préparés à lutter contre l´arrivée du virus et que sa détection et le signalement des cas de grippe aviaire prennent des semaines, voire des mois.
L´agence onusienne craint qu´un nouveau virus de la grippe n´engendre une épidémie pire que celle de la grippe espagnole, qui avait fait près de 100 millions de morts en 1918 et les spécialistes s´accordent à penser que, dans le scénario le plus noir mais tout à fait probable d´une propagation du virus dans le monde, 25% à 50% de la population mondiale pourrait alors être touché par le virus en moins de deux ans.
Le directeur général de l´OMS regrette que, malgré les nombreuses tentatives de son organisation pour sensibiliser les états au virus de la grippe aviaire afin de les aider à se préparer à lutter contre le virus lorsqu´il sera présent sur leur territoire, une trentaine de pays seulement ont adopté des mesures, principalement dans régions industrialisés de la planète et que la situation est carrément catastrophique dans les pays en voie de développement.
Mr Omi a également appelé les pays à améliorer les pratiques d´élevage pour limiter la propagation d´une espèce à l´autre, à stocker des antivirus et à les positionner stratégiquement, à intensifier les efforts de développement d´un vaccin, et enfin à se préparer aux troubles sociaux et économiques massifs que causerait une pandémie (administrations bloquées, moyens de transports stoppés, écoles indisponibles, etc).
De nombreuses questions sont aussi en suspens quant à l´utilisation d´antiviraux comme le Tamiflu, dont l´Etat français a commandé 14 millions de doses d´ici fin 2005. le Dr Daniel Levy-Bruhl le l´institu de veille sanitaire en France indique que "Dans la grippe habituelle, le Tamiflu réduit de 24 heures la durée des symptômes, et de 30 à 70 % le taux de complications. (...) En prévention, l´efficacité est de 60 à 85 % s´il est administré dans les 48 premières heures."
Les Etats Unis d´Amérique sont quant à eux en train d´acheter quelques 50 millions de doses de Tamiflu pour plus d´un milliard de dollars auprès des laboratoires Roche qui détiennent le brevet de ce médicament anti viral. L´affaire est juteuse pour les laboratoires Roche dont la marge opérationnelle est de l´ordre de 50%. Le mois dernier, Roche a fait don à l´OMS de 3 millions de traitements pour constituer un stock d´urgence.
Le Tamiflu est classiquement utilisé pour lutter contre les épidémies de grippe classique, mais personne ne sait dire encore si son utilisation sera éfficace contre le virus de la grippe aviaire; toujours est-il qu´il n´existe à ce jour aucun autre traitement et qu´aucun vaccin ne sera disponible avant que la pandémie ne se déclare.
Aucun pays du tiers monde n´a les moyens aujourd´hui d´acheter suffisamment de doses de Tamiflu pour se préparer correctement à l´arrivée inéluctable du virus de la grippe aviaire dans les mois ou les années à venir, Mr Omi souligne que ce fait sera certainement un facteur d´aggravation terrible de l´écart entre les pays du nord et du sud.´´