Je trouve que l'échec sonne comme le terme d'une grande mission. On ne dit pas « Sturm a échoué » si je n'ai pas réussi à plier une serviette. Non, l'échec, ça implique la difficulté, le défi sacré qui nous a été confié : « Alan Shearer échoue dans sa mission de sauver le club de la relégation ».
Après la réussite, il ne reste que le vide. "J'ai réussi... C'était facile. Et maintenant, je fais quoi ?" L'échec, au contraire, c'est l'honneur d'avoir pu se frotter à plus fort que soi. C'est le perfectible, l'espoir d'une revanche. C'est propre, aussi, un échec, bien plus qu'une demi-réussite : il n'y a aucune ambiguïté dans « j'ai échoué ». Et ce dernier mot sonne bien, peut-être plus qu'en anglais, où le côté transitif de "fail" lui ôte sa pureté.