Je ne sais pas dans quelle mesure un débat est utile. Je ne suis pas la personne la plus compétente au monde sur les prédictions que je t'expose, loin de là, et tu n'es a priore pas la personne la plus compétente pour les contredire. À partir de là, que je "gagne" ou "perde" le débat ne pourra rien nous apprendre, si ce n'est lequel de nous maîtrise le mieux son sujet. Mais si tu y tiens, allons-y.
Le pétrole a bien sûr des défauts, à commencer par le défaut de ses qualités. Il a fourni une énergie peu chère, abondante et facile d'accès à une humanité qui s'est construite dessus, et ne peut plus vivre sans lui. Quand je parle des défauts des autres énergies, ce n'est pas dans l'absolu. Dans l'absolu, j'aime beaucoup les énergies renouvelables, par exemple. Je parlais de défauts dans le sens d'incapacité à répondre aux exigences de la situation présente.
Les plus riches, ceux qui ont vraiment des moyens démesurés, s'en sortiront peut-être, oui. Mais les gens aisés « normaux », à moins de s'être bien préparés, ne seront, selon moi, guère plus épargnés que les autres. Une fois le système économique anéanti, être riche ne voudra plus dire grand chose.
L'histoire montre peut-être que les riches tendent à mieux s'en sortir que les autres. Mais Peak Oil n'est pas comparable aux évènements passés.
Je ne parle pas d'une grève volontaire de production de nourriture, mais d'une fin de la production. L'agriculture moderne, même sans parler des camions qui acheminent les marchandises, ne fonctionne pas sans pétrole, et fait partie du système économique.
Alors, le nucléaire... Déjà, il faut comprendre que Peak Oil n'est, toujours selon moi, pas une théorie pour dans 40 ans, mais une situation très proche. Nous n'avons pas besoin d'une énergie alternative prometteuse qui pourrait éventuellement convenir dans le futur, mais de quelque chose de prêt maintenant. Les confusions entre énergie et électricité, ainsi qu'entre énergie primaire et énergie finale, poussent à largement surestimer la part du nucléaire dans l'énergie française. Pour l'instant, le nucléaire reste minoritaire.
Ensuite, l'énergie nucléaire coûte cher, très cher, et il serait tout aussi onéreux et difficile de modifier les systèmes de transport afin de les adapter à cette nouvelle énergie. Il ne suffit pas d'en avoir la technologie pour passer du pétrole au nucléaire. De plus, l'énergie nucléaire ne permet pas de produire des matières plastiques, pétrochimiques, ainsi que les pesticides devenus indispensables dans l'agriculture moderne.
Un problème récurrent des énergies alternatives est qu'elles nécessitent (ironiquement) du pétrole. Dans le cas du nucléaire, puisque c'est notre exemple, l'extraction de l'uranium, qui est aussi une ressource limitée, se fait à l'aide de machines fonctionnant au pétrole. Si le pétrole vient à manquer, ça pénalisera donc l'énergie nucléaire.
Quant aux autres formes de nucléaire (fusion...), elles ne sont pas encore utilisables. Or, comme je le disais, il faudrait une énergie prête maintenant, pas en phase de recherche. Sauf si j'ai raté une information importante ? Si tu as une bonne nouvelle, je suis naturellement preneur.