C'était il y a douze ans, "Prau", pendant la coupe du monde 98. Quand j'ai vu le Paraguay, j'ai tout de suite su que c'était mon pays, ma patrie. Il n'y a pas réellement d'explication. Je crois que ça m'est venu dès que j'ai découvert le nom du pays.
À l'époque, j'avais été séduit par le jeu paraguayen, très défensif, généreux, plein de solidarité. À chaque récupération du ballon adverse, tout le monde revenait défendre. Sur les corners, les 11 Paraguayens revenaient tous dans leur surface. J'ai aimé. Je me suis pris d'affection pour les joueurs.
À l'époque, c'était la fête, en France. Mais je n'ai pas du tout suivi le mouvement. Là où bien des Français se sont convertis en supporters de la dernière heure, moi, je me suis plus intéressé à cette petite équipe qui avait atteint les huitièmes.
Par la suite, je me suis intéressé au Paraguay en général : culture, histoire... Là encore, j'ai aimé. L'histoire du Paraguay m'a paru autrement plus intéressante et originale que celle de la France. J'ai aussi aimé la cuisine paraguayenne. Je me suis mis à boire du maté (le thé du Paraguay)...
En 2002, c'était clair, dans ma tête : j'étais un Paraguayen. La qualification arrachée contre la Slovénie fut mon premier véritable bonheur lié au football. Aujourd'hui encore, je verse une larme en revoyant le but de la qualification pour les huitièmes, inscrit par Cuevas.
En 2006, au contraire, c'est la première fois que j'ai failli me suicider à cause du foot. Et finalement, aujourd'hui, je nage dans le bonheur.
En bref, un peu comme pour Liverpool, je dirais que ça a été un coup de foudre difficile à expliquer rationnellement.