Les arguments principaux :
« Ça ralentirait le jeu. »
Rien qu'aujourd'hui, j'ai déjà un contre-exemple. L'arbitre de Mexique - Argentine a mis un peu plus de trois minutes à décider s'il accordait le but, pour finalement prendre la mauvaise décision. Avec la vidéo, en dix secondes, ça aurait été réglé.
Avec la vidéo, on ne perdrait pas de temps avec les contestations des joueurs. Ce serait en fait un gain de temps énorme.
« L'arbitrage doit rester humain. »
Justement. Là, il n'est pas humain. L'arbitre de Mexique - Argentine peut bien avoir fait un super match, dans l'ensemble : on retiendra seulement de lui qu'il a accordé un but non valable. C'est devenu mécanique : soit l'arbitre a la chance d'avoir raison sur le but litigieux du match, soit il se trompe et il devient un arbitre calamiteux.
Si la vidéo aidait sur ces actions décisives, l'arbitre serait jugé sur ses qualités humaines d'arbitre : gérer les joueurs avec psychologie, laisser le jeu se développer tout en évitant de laisser passer trop d'agressivité, veiller au "fair-play"... Pas sur un coup de pile ou face.
« La vidéo ne permet pas de se faire un avis sur chaque action. »
C'est vrai. Il arrive que même avec la vidéo, on ne puisse juger une action. Mais faut-il rejeter une solution sous prétexte qu'elle ne supprimera que 99% des injustices ?
« La vidéo ne pourra être utilisée que dans les compétitions importances, ce qui aggravera l'écart entre le foot professionnel et le foot amateur. »
Un argument déjà plus recevable, au nom de l'universalité du foot. Mais il y a déjà des écarts gigantesques. À ce compte-là, autant interdire les stades de plus de 1 000 places. Après tout, les clubs amateurs ne peuvent pas faire de grands stades.
Si encore l'argument venait de quelqu'un comme Didier Drogba, qui passe ses vacances en Afrique dans des écoles de foot... Mais venant de Platini, qui veut passer à six arbitres, ça me fait rire. Trouver deux arbitres supplémentaires serait encore plus difficile, au niveau amateur, que mettre en place la vidéo.
« Que fait-on si l'équipe A a une grosse occasion, que sur la contre-attaque, l'équipe B marque, et que la vidéo montre qu'un but aurait dû être accordé à l'équipe A sur la première occasion ? »
(Platini a vraiment sorti ça.)
Ben... On revient au premier but. Ça casse un peu le moral de l'équipe B, c'est sûr, mais c'est toujours mieux que l'énorme injustice si on accorde le but à l'équipe B.
« (Argument courant) Platini est contre la vidéo. Il sait quand même de quoi il parle. »
Et Wenger, qui est pour la vidéo, il ne sait pas de quoi il parle, lui ?
Je reconnais que la vidéo pourrait ralentir le jeu... Mais seulement si elle était mal utilisée. Des solutions ne manquent pas. Par exemple, on met un arbitre dans les tribunes, avec une vidéo. Si la vidéo permet d'infirmer une décision arbitrale, il appelle l'arbitre central pour la changer. Si la vidéo ne permet pas de voir au premier coup d'œil, la décision de l'arbitre est confirmée.
Exemple 1 : le but anglais, tout à l'heure. L'arbitre vidéo voit dès le premier ralenti qu'il y a but, et appelle l'arbitre central.
Exemple 2 : pendant le Liverpool - Arsenal de 2008, un pénalty a été accordé à Babel. Même avec la vidéo, c'est litigieux. L'arbitre vidéo ne fait donc rien, et la décision d'accorder le pénalty est confirmée.
Ça résoudrait presque toutes les injustices. Seuls resteraient les cas les plus litigieux. On pourrait imaginer que l'arbitre central ne peut pas appeler la vidéo, afin de ne pas ralentir le jeu (sauf après un but, pour savoir s'il faut l'accorder), et que c'est l'arbitre-vidéo qui doit prendre l'initiative.
Bref, les arguments anti-vidéo ne tiennent pas vraiment debout. En se donnant un peu de mal, on peut trouver des solutions qui ne nuisent pas au jeu. Instaurer la vidéo ne signifie pas instaurer la vérification-vidéo de chaque coup de sifflet de l'arbitre...