Voilà, j´ai un DM à faire pour lundi j´ai trois questions à faire sur un texte de mme bovary ( ci dessous) et galère!!! si quelqu´un voudrait m´aider ça serait sympa!!! je sais qu´on est pas sur un forum littéraire mais bon...
questions:
1. Quels sont les deux discours qui se superposent dans le texte? Quel effet produit cette composition?
2. Relever les différents types de discours rapportés et commentez leur disposition dans ce passage.
3. Qu´est ce qu´un discours fleuri ? En quoi celui du Conseiller mérite t´il ce qualificatif? Est il adapté à son auditoire? Quel est son objectif?
5. Montrez que les propos de rodolphe sont calculés pour produire un effet sur emma
La scène se situe en août 1841. La beauté d´Emma n´a pas laissé insensible Rodolphe Boulanger, un petit propriétaire terrien. Il décide de la séduire pendant les comices ( concours destinés à promouvoir le progrès de l´agriculture) et s´isole avec elle au premier étage de la mairie sous prétexte de mieux voir la cérémonie. Par la fenêtre ouverte, on entend les discours d´un conseiller de préfecture puis du président du jury, M. Derozerays. Aux côtés de Rodolphe, Emma se sent gagnée par l´émotion.
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travers le battement de ses tempes elle entendait la rumeur de la foule et la voix du Conseiller qui psalmodiait ses phrases.
Il disait: ´:^f´ ´ ; ´ ´"´ •´•´´´´ ´-´: ´-
« Continuez ! persévérez ! n´écoutez ni les suggestions de la routine, ni les conseils trop hâtifs d´un empirisme1 téméraire ! Appliquez-vous surtout à l´amélioration du sol, aux bons engrais, au développement des races chevalines, bovines, ovines et porcines ! Que ces comices soient pour vous comme des arènes pacifiques où le vainqueur, en en sortant, tendra la main au vaincu et fraternisera avec lui, dans l´espoir d´un succès meilleur ! Et vous, vénérables serviteurs, humbles domestiques, dont aucun gouver-
voir la récompense de vos vertus silencieuses, et soyez convaincus que l´État,
désormais, a les yeux fixés sur vous, qu´il vous encourage, qu´il vous protège, qu´il fera
droit à vos justes réclamations et allégera, autant qu´il est en lui, le fardeau de vos
pénibles sacrifices ! » • . ,-...
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M. Lieuvain se rassit alors ; M. Derozerays se leva, commençant un autre discours. Le sien, peut-être, ne fut point aussi fleuri que celui du Conseiller ; mais il se recommandait par un caractère de style plus positif, c´est-à-dire par des connaissances plus spéciales et des considérations plus relevées. Ainsi, l´éloge du gouvernement y tenait moins de place ; la religion et l´agriculture en occupaient davantage. On y voyait le rapport de l´une et de l´autre, et comment elles avaient concouru toujours à la civilisation. Rodolphe, avec Mme Bovary, causait rêves, pressentiments, magnétisme. Remontant au berceau des sociétés, l´orateur vous dépeignait ces temps farouches où les hommes vivaient de glands, au fond des bois. Puis ils avaient quitté la dépouille des bêtes, endossé le drap, creusé des sillons, planté la vigne. Était-ce un bien, et n´y avait-il pas dans cette découverte plus d´inconvénients que d´avantages ? M. Derozerays se posait ce problème. Du magnétisme, peu à peu, Rodolphe en était venu aux affinités, et, tandis que M. le président citait Cincinnatus2 à sa charrue, Dioctétien3 plantant ses choux, et les empereurs de la Chine inaugurant l´année par des semailles, le jeune homme expliquait à la jeune femme que ces attractions irrésistibles tiraient leur cause de quelque existence antérieure.
- Ainsi, nous, disait-il, pourquoi nous sommes-nous connus ? quel hasard l´a voulu ? C´est qu´à travers l´éloignement, sans doute, comme deux fleuves qui coulent pour se rejoindre, nos pentes particulières nous avaient poussés l´un vers l´autre.
Et il saisit sa main ; elle ne la retira pas.
« Ensemble de bonnes cultures ! », cria le président. -,
- Tantôt, par exemple, quand je suis venu chez vous...
« À M. Bizet, de Quincampoix. » , ; r . ;..:,,
- Savais-je que je vous accompagnerais ? . , ,-.••-« Soixante et dix francs ! »
- Cent fois même j´ai voulu partir, et je vous ai suivie, je suis resté. « Fumiers. »
- Comme je resterais ce soir, demain, les autres jours, toute ma vie ! «À M. Caron, d´Argueil, une médaille d´or! »
- Car jamais je n´ai trouvé dans la société4 de personne un charme aussi complet. « À M. Bain, de Givry-Saint-Martin ! » i j
- Aussi, moi, j´emporterai votre souvenir. —— «Pour un bélier mérinos... »
-Mais vous m´oublierez, j´aurai passé comme une ombre. , «À M. Belot, de Notre-Dame... »
- Oh ! non, n´est-ce pas, je serai quelque chose dans votre pensée, dans votre vie ? « Race porcine, prix ex aequo : à MM. Lehérissé et Cullembourg ; soixante francs ! » Rodolphe lui serrait la main, et il la sentait toute chaude et frémissante comme une tourterelle captive qui veut reprendre sa volée ; mais, soit qu´elle essayât de la dégager ou bien quelle répondît à cette pression, elle fit un mouvement des doigts ; il s´écria :
- Oh ! merci ! Vous ne me repoussez pas ! Vous êtes bonne ! Vous comprenez que je suis à vous ! Laissez que je vous voie, que je vous contemple !
Gustave Flaubert, Madame Bovary, II, 8, 1857