Leiris (1901-1990).
Avant d´être auteur, il est ethnologue. Ce texte est un extrait de L´âge d´homme écrit en 1939 par Leiris ou il raconte un souvenir d´enfance qui est pour lui un souvenir de trahison.§1 : le récit de l´opération§2 : les conséquence de l´opération : le traumatisme de l´auteur§3 : discours de l´auteur qui commente l´évènement passé avec le recul de l´adulte.Il n´y a pas de décalage entre la vision adulte et enfant.C´est un souvenir autobiographique, l´auteur démontre l´influence d´un souvenir d´enfance sur la personnalité d´adulte que l´auteur est devenu.I/Les marques d´autobiographie : 1) Enonciation : « je » : Le premier « je »=narrateurLe « je » de la partie discours (§3)=auteur(ligne4) « mes parents »=personnage + »me dire »Ce texte est bien autobiographique puisque l´équation auteur=narrateur=personnage est présente.I y a aussi autobiographie car il y a une alternance récit, discours. 2) Alternance passé/présent : §1 et §2 : passé§3 : présent d´énonciation, discours.(Ligne 1 : « je veux dire » = présent de vérité générale. 3) problème de mémoire : Ligne 13 « telle est du moins. » Ligne 5 « si mes souvenirs sont justes » Ligne 16 »je ne me souviens de rien » Ligne 23 « Tout ce que je me rappelle » Ces 4 exemples montrent que le souvenir est lacunaire. Ces relevés montrent qu´il y a une concordance entre le personnage enfant et adulte. Il n´a pas évolué.II/Le récit d´une trahison : 1) Le champ lexical de la trahison, du mensonge, de la tromperie : Il y a une insistance car le champ lexical est important. Il est divisé en deux : celui de la victime et celui du monde du mensonge. L´adulte se donne la place de victime dans un monde de tromperie 2) Récit mis en scène : L´évènement est transformé. « je fus » jusqu´à « je veux dire ».Dès la première phrase il y a transformation. Le texte est marqué par l´amplification : hyperboles : Ligne3 « très brutal » et ligne 18 « les cris de bêtes qu´on éventre » : il amplifie la violence.Ligne 7 « tour sinistre » et ligne 10 « guet-apens » : il amplifie le mensonge.Ligne 13 « l´ogre » : il amplifie la peur.Il y a amplification sur 3 thèmes : la violence, la peur et le mensonge. Ainsi l´auteur renforce sa place de victime. 3) Conséquences : récit traumatisme : a) un procédé de répétitions, redondance : Ligne 20 et24 « fiacre » ; Ligne 20 à 25 répétition sur le mutisme.La redondance rend compte de l´effort de souvenir que fait Leiris. Il y a 2 étapes : « je ne me souviens de rien » seulement de 2 choses : fiacre et le mutisme.Deuxième étape : l´effort de mémoire lui fait venir un troisième souvenir celui des fraises. Le souvenir n´est pas continu, ce ne sont que des flashs b) Deuxième procédé : la parataxe : Elle juxtapose les images du souvenir comme des flashs. 4 images brutales. Cet effet brutal se termine sur l´image du sang.III/ Le discours reflète la confirmation du traumatisme : Le discours du §3 se veut explicatif, argumentatif car il explique sa vision du monde. 1) le jeu des temps : Il est caractéristique du discours argumentatif.présent d´énonciation : le narrateur est devenu locuteur.Présent de vérité général ligne33 « le monde n´est qu´une vaste prison ». Il porte la vérité de Leiris. 2) Construction argumentative : Une thèse « toute la représentation de ma vie en est restée marquée » ligne 33. Elle renvoit à l´opération. De façon explicite l´auteur relie l´opération à sa vision du monde.Argument : « le monde est plein de chasse trappes » 3) Le champ lexical de la tromperie : Il révèle la paranoïa Ce thème de la tromperie est lié à celui de la mort « chair à canon » « abattoir » « cercueil » il y a une gradation. Sa vision est tellement paranoïaque qu´elle va l´entraîner à la mort.