J'admire la subtilité et la perspicacité avec lesquelles tu parviens à déceler de l'ironie et de la mauvaise foi même là où il n'y en a pas.
Pour reprendre ta théorie de "l'hyper hollywoodien", je dois te faire remarquer que tu te trompes. Peut-être est-ce le cas dans la série TV (et j'avoue que je n'ai pas supporté d'en voir plus de deux ou trois épisodes - non pas à cause des écarts avec la BD de base, mais à cause des dialogues et du jeu des acteurs), mais ce n'est strictement pas le cas dans la BD.
Dans le matériel de base, tous les personnages sont logés à la même enseigne, indépendamment de leur popularité (qu'il s'agisse de mort, de blessures laissant de graves séquelles, de torture ou de folie - et cela peut arriver à tout moment).
Et ceci contribue grandement à la force de cette BD : le lecteur ne peut tout simplement pas se permettre de tourner la page suivante en se disant "tel ou tel personnage va rester en vie encore au moins un jour de plus".
En ce qui concerne le jeu vidéo, même si je l'ai beaucoup apprécié et même s'il applique généralement la même "technique" que la BD (à savoir : "tout le monde peut souffrir ou mourir à tout moment et il faut s'attendre le moins possible à des retournement de situation à la deus ex machina - même si ça peut arriver juste de temps en temps), je maintiens que le coup du "Je suis Kenny. Je suis pas mort, mais je vous dis pas comment j'ai survécu. Je me retrouve comme par hazard dans le même chalet que Clementine.", ça reste une gigaconincidence abracadabrantesque à la deus ex machina - donc du fanservice (encore moins crédible que l'histoire du type qui suit Lee à la trace et qui parvient à parler pendant la moitié de l'histoire par radio avec Clementine, sans que personne n'ait jamais rien remarqué).
Quant aux exemples que j'ai sortis (tous les personnages dont la survie n'est pas "garantie, juste parcequ'on ne les a pas vus se faire exploser la tête"), ça servait juste à exposer mes arguments : TWD est une BD dans laquelle, contrairement à tout ce qui se fait depuis des millénaires presque partout ailleurs, la théorie du "pas de cadavre visible = survie absolument certaine" ne tient pas la route.
A la limite, si Kenny avait dit "Il y avait un trou dans un mur très délâbré ou Molly m'a lancé une corde ou en me battant, j'ai été eclaboussé par du sang de Walker et ils ont dû me prendre pour l'un des leurs et j'en ai profité pour filer discrêtement.", dans ce cas j'aurais été d'accord : il a eu un coup de chance phénoménal et ça ne se reproduira sans doute pas de sitôt.
Si, en plus, il avait rajouté "J'ai pensé que tu rejoindrais Christa et Omid et que vous prendriez la direction opposée à celle des Walkers et, ensuite, j'ai tenté de retrouver votre trace grâce à des objets que vous avez laissés derrière vous (comme des bouts de vêtements coincés dans des branches ou des dessins tombés du sac de Clementine ou, en fait, presque n'importe quoi) ou j'ai croisé certains survivants qui m'ont dit avoir vu une grande femme enceinte, un petit rigolo et une gamine avec une casquette.", ça aurait été encore plus credible.
... mais le coup du "Vous vouliez Kenny. On vous donne Kenny. Mais on ne vous dit pas comment il a survécu. Et n'espérez même pas savoir par quel hazard incroyable il se retrouve exactement dans le même châlet.", Ca reste trop difficile à avaler.
Espérons qu'on en apprendra (BEAUCOUP) plus à ce sujet, dans les épisodes à venir.