Je suis d'accord, l'inutilité du Pape est criante aujourd'hui même s'il a encore de nombreux fidèles. Cependant il ne faut pas sous-estimer l'influence des chefs religieux encore aujourd'hui. Quand on voit par exemple la façon dont les musulmans se sont approprié les révolutions arabes, cela montre qu'il existe encore un vrai danger.
Ce ne sont pas les religions à proprement parler qu'il faut combattre, mais les chefs religieux. Le vrai danger c'est eux. Toute croyance devrait pouvoir exister sans chef, sans leader, sans gourou, sans prophète. Intuitivement, notre monde le comprend petit à petit et depuis longtemps (les protestants déjà se sont complètement désolidarisé du pape et de sa clique à la fin de l'empire romain). Aujourd'hui, de plus en plus de croyants vivent leur croyance librement sans prier, sans aller à l'église, et en ayant parfaitement conscience que leur prétendu chef spirituel raconte des conneries d'un autre âge. Ça ne les empêche pas d'être profondément croyant.
Ce qui est abject, ce sont les dogmes. Ce qui est abject ce sont les leaders qui s'approprient les croyances des peuples et qui imposent leur dogmes à leur fidèle. Le concept même de prêcher la "bonne parole" est abject. Une secte qui serait fondée sur une croyance commune, sur des idées, sur le dialogue, sur la réflexion serait parfaitement louable. Par contre une secte centrée autour d'un gourou et d'un ensemble de dogmes imposées doit être combattue. Une religion dans laquelle les adeptes cessent de penser est une mauvaise religion.
C'est aussi pour ça que le Bouddhisme connaît un essor dans le monde occidental. Finalement assez proche du panthéisme, c'est très certainement la religion la moins dogmatique et une des rares capables de cohabiter avec la science et son darwinisme. C'est d'ailleurs davantage une philosophie qu'une religion.