10h10 : enfin la voiture démarre, madame s’énerve de me voir à ce point survolté. Je suis intenable, insupportable, toute conversation ne touchant pas au match m’est impossible.
10h27 : sous fourvière, un indigène, probablement à la vue du drapeau étendu sur la plage arrière, me fait un doigt, auquel je réponds par un énorme sourire, l’idée que ce drapeau gâche une bonne partie de la matinée de ce demeuré me remplit d’aise. Je pense un instant au balcon de l’hôtel de ville lyonnais il y a onze mois. Les batards vous saluent bien.
10h51 : je l’attendais, ça n’a pas tardé, je double les premières voitures d’où dépassent des écharpes vertes. Je vibre. Affiche un sourire idiot. Avec au fond de moi cette fierté familière du sup qui croise un autre sup vert ailleurs qu’aux abords d’un stade. On sera toujours là, fredonne-je aussitôt dans le monospace en enchaînant par de frénétiques coups de klaxon sous les vivas de ma progéniture, toujours prompte à saluer mes 3P (puérils pétages de plomb).
