Paroles de Golgoth, le leader de la Horde.
"Y a eu un connard pour venir m'alpaguer au milieu de la plaine. "Sivou plaie, qui disait, sivou plaie !". Voulait de l'aide. L'avait douze ansn dix, moins ou plus, la gueule lisse des abricots nourris, typique, imboufable. "Mon père sous la poutre, j'arrive pas à soulever, besoin de vous", qu'il ânonnait, en me tirant par la manche. J'ai pas cherché à discuter le bout de gras. J'ai enlevé mon plastron, puis le maillot dessous et je lui ai collé le nez sur mon épaule, dans le gorce tatoué, avec le mot "Golgoth" marqué dessous etle chiffre 9. Il était impressionné. Pas par le blason : par mes plaies. Les quartiers de bidoche, le cou qui purule, dégueulasse. Il a refait son numéro. Il chialait maintenant. Une gamine, une petite fiotte d'abricot. A mettre le cul au vent pour pas salir son veston. Je lui ai fauché la jambe d'appui. "Dégage glaviot ! Gicle !" Il m'en a rechougné de son père, "question de minutes", "qu'il est encore vivant". J'aurais aimé y aller, finalement. Vrai. Juré. Juste pour le regarder crever, lentement. Comme j'aimerais voir mon père. Crever.
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