Je suis d'accord avec Vico.
L'équipement dans Planescape, c'est un parti pris exotique, ça me parait clair. Entre l'absence de véritable choix d'armures, la présence d'équipement et de consommables jamais vus ailleurs (gouttes de sang, charbon, tatouages, etc) et l'univers en lui même (et son héros), il y a, en gros et sur ces points là, une nette cassure avec les poncifs du rpg occidental. Alors on aime ou on aime pas, mais ça a le mérite d'être franchement original.
Quant à la dernière partie du jeu, certes c'est chaud et ça vire parfois au hack'n'slash, mais combien de rpg peuvent se targuer de nous offrir des quêtes à foison jusqu'au bout et sans overdose de combat ? Vraiment très peu en réalité (je dis pas qu'il n'y en a pas, attention).
Peut être que PST est plus difficile dans ces passages, ça c'est bien possible. Mais en tout cas ces séquences de baston restent cohérentes avec ce qui se passe, avec la trame suivie. On défouraille pas du monstre à la chaîne dans des lieux lambda. On souffre certes, mais on continue surtout de découvrir des secrets, sur Sans Nom, sur Morte, etc. Ça reste très scénarisé et intéressant, contrairement à la plupart des rpg qui, quand ils nous font bouffer de la baston, c'est juste pour nous mettre des bâtons dans les roues, sans découverte supplémentaire, sans émotion entre deux, juste pour arriver moins vite au boss final.
Je pense que le défaut de PST c'est d'être beaucoup moins intéressant et plus dur quand on joue un guerrier sans cervelle. C'est bien connu que l'orientation mage est la plus efficace, la plus facile, et comme ça suggère d'avoir un personnage super intelligent, on peut faire facilement du mage un négociateur/manipulateur qui va permettre de résoudre certaines affaires juste avec la parole, même avec le boss final (combien de jeux le permettent ?). Et si ça marche pas, on crame tout ce qui bouge en levant le petit doigt.
Alors que si on joue guerrier (ou voleur), il devient bien plus difficile d'attribuer des points dans l'intellect de Sans Nom sans foirer son orientation guerrière. Déjà que jouer guerrier n'est pas le plus aisé, si en plus on veut que Sans Nom ait un peu de tchatche, on risque de s'en mordre les doigts pendant les combats.... et comme il ne sera de toute façon jamais aussi intelligent et persuasif qu'un mage, il pourra pas avoir accès à tous les dialogues (et autres trouvailles) pour intellos.
Mais bon, ça encore une fois, c'est un "problème" récurrent dans les rpg qui proposent des compétences sociales qui servent à quelque chose.
Bon puis après faut être sur de faire le max de quêtes possibles et aussi monter un personnage correcte, sinon on se retrouve comme une personne que j'ai aidé y a deux ans : niveau 12 à la fin du jeu, plein de quêtes passées/oubliées donc, un personnage archi nul (bon en rien, mauvais en tout), pas d'équipement, etc, et évidemment c'était la faute du jeu (en fait, c'est vrai que c'était incompréhensible d'arriver jusqu'aux trois incarnations dans ces conditions... encore un des défauts du jeu je suppose, même si perso je me souviens qu'on en chiait déjà bien avant d'en arriver là.... c'est vraiment incompréhensible...)
Bref, c'est un jeu sans concession qui a 14 ans. C'est sur qu'au milieu des Skyrim, des Call of et de Diablo 3, ça fait tout bizarre de rejouer à un PST (ou même à un Baldur 1).