Oui, la force de Mandela a surtout été de réussir à imposer la paix dans une période de transition très difficile, et très chargée de haine, dans les deux camps. L'Afrique du Sud ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui; même si tout n'est pas parfait, loin de là (je vous renvoie à ce propos à la situation des mineurs de gisements de platine, ou autres, qui sont déplorables, catastrophe humaine dont nous participons d'ailleurs), sans son action. Saluons donc un homme "politique" au sens aristotélicien, un homme chez qui l'instinct social, je veux dire le sentiment de ce qui est bon pour son pays, et pour maintenir l'harmonie (ou plutot la rétablir) était si aiguisé qu'il l'a conduit à l'abnégation de soi et a sauvé bien des vies.
Alors bien sûr sa mort laisse un vide immense et une tristesse. Mais n'oublions pas que cette disparition, qui est d'ailleurs une sorte de libération pour un homme qui déjà était très diminué physiquement; est, en outre, l'ouverture à une nouvelle phase de son rayonnement. En effet, il entre à présent dans le panthéon de la mémoire collective, et de ces quelques uns qui ont participé à nous montrer par leur exemple que l'Humanité est aussi faite de générosité. Ne désespérons donc pas de sa perte, et considérant plutot qu'elle est l'occasion pour nous de devenir actifs, et de perpétuer par notre propre engagement (dans la commémoration par exemple) ces idées - universelles mais qui aux yeux de tant de personnes semblent etre contingentes- qu'il a, lui, incarnées à titre personnel et tout au long de son existence.
ps (anecdotique): kart: il était également grand par la taille, meme si cela n'était plus flagrant dans les dernières années