Une montagne est une forme topographique de relief positif, à la surface de planètes telluriques (comme la Terre, Mars ou un satellite comme la Lune), et faisant partie d'un ensemble - une chaîne de montagnes - ou formant un relief isolé.
L'appellation de « montagne » est un terme général utilisé comme toponyme (jusque des volumes parfois proches de ceux d'une colline), comme relief énergique (défini par l'altitude et l'énergie et, on réserve les termes de colline ou de plateau à des formes de relief d'énergie plus faible et de mise en place autre) ou comme forme structurée par la tectonique. Il existe en effet une grande diversité de structures géologiques appelées «montagne» dans un langage commun (plissements, volcans actifs ou éteints, reliefs sous-marin, etc.). Pour définir un relief montagneux, selon son énergie et son âge, on parle communément, respectivement de petites, moyennes et hautes montagnes ou encore de montagne jeune ou ancienne.
Les termes comme sommet, pic, mont, aiguille, etc. sont employés comme synonymes.
La plus haute montagne connue du Système solaire est Olympus Mons, volcan bouclier de la planète Mars, avec une élévation de 27 km. Sur Terre, la montagne la plus élevée est l'Everest avec 8 848 mètres si l'on considère la différence entre son sommet et le niveau de la mer, ou le volcan Mauna Kea de 10 230 mètres en se référant à la différence entre son sommet et sa base sous-marine, ou encore le Chimborazo si l'on considère la distance par rapport au centre de la Terre.
Sommaire [masquer]
1 Étymologie
2 Caractéristiques et formation
3 Orogénèse
4 Morphologie des montagnes
4.1 Érosion en montagne
5 Histoire de l'étude de la montagne
6 Chaînes de montagnes (non exhaustif)
6.1 Ceinture alpine
6.1.1 Chaînes alpines
6.1.2 Chaîne des Pyrénées
6.1.3 Chaînes du Moyen-Orient
6.1.4 Chaînes péri-himalayennes
6.2 Système de la cordillère américaine
6.2.1 Montagnes Rocheuses
6.2.2 Chaînes côtières du Pacifique
6.2.3 Cordillère des Andes
6.3 Autres systèmes péri-pacifique
6.4 Système hercynien
6.5 Autres systèmes
7 Faune et flore
8 Économie de montagne
9 Sports de montagne
9.1 L'hiver
9.2 L'été
10 Oronyme
11 Les montagnes du Système solaire
12 Notes et références
13 Bibliographie
14 Voir aussi
Étymologie[modifier]
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L'approche géotechnique n'exclut pas les trois sens que lègue la tradition indo-européenne au mot montaigne, apparu vers 1020 en ancien français, par altération du latin vulgaire montanea, adjectif substantivé au féminin et à son évolution, le terme montagne qui n'apparaît finalement qu'au xiie siècle écrit dans le Voyage de Charlemagne :
le sens descriptif suppose la vision d'une forme topographique immobile, donc d'un lieu élevé pour un voyageur. Le latin mons, montem ou sa forme dérivée mont en ancien français dès le xe siècle est resté un rival. Les formations toponymiques conservent cette dernière forme. Il faut attendre 1265 pour que Jean de Meung utilise en ce sens le qualificatif montagneux ;
le sens de mouvement et d'activité (en début ou fin de période) est sans doute influencé par le verbe latin populaire montare qui a engendré en ancien français le verbe (re)monter ou la montée au xiie siècle, éliminant au passage la forme plus noble issue de ascendere, laissant seulement le substantif français ascension. Les montagnes sont définies ici comme un espace géographique de migration. La montagne est le lieu où l'on monte, de manière saisonnière par exemple pour l'estive des éleveurs ou un hivernage de bûcheron, ou occasionnellement sur le chemin d'une fuite ou d'un voyage. Au xiie siècle, montain et montanier qualifient la faune qui vit sur un mont ou des monts selon le fauconnier. Les verbes enmontagner ou démontagner' sont employés pour décrire l'activité de déménagement des montignons ou montagnards au xvie siècle ;
le sens figuré indique un amoncellement, selon le point de vue subjectif, une montagne d'objet, de richesse, de difficultés. C'est un des sens du mot ancien-français monte en 1180, il désigne selon le lieu ou la relation engagée, la valeur, le prix, le nombre, la valeur morale, l'intérêt, le taux d'emprunt. En ce sens, les formes verbales se sont mieux préservées en français, à l'instar du verbe surmonter attesté par Philippe de Thaun au xiie siècle, dans l'expression « le montant d'une somme » ou « monter un budget » lorsque cela paraît délicat.
Caractéristiques et formation[modifier]
Massif du Mercantour (Alpes françaises)
L'altitude d'une montagne terrestre est la hauteur de son sommet par rapport au niveau de la mer. L'importance d'une montagne peut également se mesurer par la différence d'altitude entre son sommet et les terres environnantes.
Les reliefs montagneux couvrent 54 % de l'Asie, 36 % de l'Amérique du Nord, 26 % de l'Europe, 22 % de l'Amérique du Sud, 17 % de l'Australie, et 3 % de l'Afrique. En tout, 24 % des paysages continentaux sont montagneux. 10 % de l'humanité vit dans des régions montagneuses. La plupart des cours d'eau du monde sont nourris par des sources de montagne, et plus de la moitié de l'humanité dépend de cette eau1,2.
Une montagne désigne strictement en géophysique une formation actuelle de grandes masses rocheuses dont l'élévation est provoquée par des forces provenant de la tectonique des plaques, en particulier la rencontre frontale de plaques terrestres avec suture ou subduction d'une plaque de densité plus grande, le coulissement de plaques avec création de failles responsables de surélévation ou subduction/relèvement des différents bords en frottement. À ces premières montagnes en croissance ou activité permanentes, les géologues continuent d'inclure les formations anciennes des bassins sédimentaires qui ont été portées en altitude avec leur socle primitif, parfois continûment à plus de 3 000 mètres d'altitude[réf. souhaitée]. Les bombements tectoniques provoqués par des épaississements progressifs de la croûte corrélatifs à des amincissements sous-jacents de la partie du manteau inclus dans la plaque, créateurs de zones chaudes permanentes, en sont la cause principale. Dans ce registre, ils admettent les diverses montagnes volcaniques en formation sous les points chauds délimités de l'écorce terrestre et leurs reliques transportées par la dérive des plaques[réf. souhaitée].
Une montagne est formée d'un sommet mais aussi d'une base et d'une racine dû aux plissements des couches géologiques : cette base et cette racine sont plus imposantes que le sommet, la profondeur de la racine pouvant être estimée par l'anomalie gravitationnelle qu'elle engendre (pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilomètres de profondeur).
Une montagne se forme toujours grâce à des forces qui modifient l'équilibre gravitaire (géoïde, ou champs d'égale pesanteur) en déplaçant (ou en ajoutant) des roches vers le haut. Le déséquilibre ainsi créé provoque un relief positif, et par compensation isostatique (flottaison de la croûte terrestre sur le manteau) un épaississement de la croûte (qui peut passer d'une épaisseur habituelle de 30 km à plus de 60 km). Deux mécanismes principaux permettent de retrouver un état d'équilibre (relief nul) :
l'extension, observée dans les Alpes, dans les Andes, au Tibet, dans la chaîne hercynienne il y a 300 millions d'année, et même dans la province géologique de Basin and Range de l'Ouest des États-Unis. Les failles transformantes déjà visibles au voisinage des massifs centraux en croissance expliquent la rapidité de l'effondrement d'une gigantesque chaîne en quelques millions d'années lorsque les forces tectoniques qui lui ont donné naissance s'amoindrissent ;
l'érosion-sédimentation : arrachage de matériaux rocheux par action mécanique (gel, différence thermique, action des glaciers, vent, etc) ou par altération chimique (dissolution de composés minéraux dans l'eau comme pour les paysages karstiques) puis transport de ceux-ci par action gravitationnelle simple (chute de pierres), glaciaire (moraines) ou fluviale (charriage). Les sédimentologues estiment que l'Himalaya a perdu ainsi depuis sa formation par érosion plus de trois fois son volume actuel, transporté essentiellement sous formes de sables et de limons fins vers le delta du Bengale et sa mer bordière qui les accumulent[réf. nécessaire].
Ces deux mécanismes provoquent un amincissement crustal, et provoquent généralement une diminution du relief (absolu et relatif).
Il existe d'autres mécanismes comme pour les montagnes qui sont des volcans (explosion du sommet comme pour celle du Mont Saint Helens en 1980), les processus magmatiques, les tremblements de terre de forte magnitude qui peuvent redéfinir le paysage.
Orogénèse[modifier]
Articles détaillés : Orogénèse et Collision continentale.
L'orogénèse (littéralement « naissance du relief ») peut avoir plusieurs causes mais la principale est due aux mouvements tectoniques. La subduction d'une plaque océanique sous une plaque océanique ou continentale forme une cordillère (la cordillère des Andes, les montagnes Rocheuses). La collision de deux plaques continentales peut suivre et créer une chaîne de collision (les Alpes, le Caucase, l'Himalaya). La croûte terrestre est épaissie par des failles et des plis s'exprimant à toutes les échelles (de l'échelle continentale à l'échelle microscopique).
La présence d'une anomalie thermique peut également provoquer la formation d'un relief par l'apport de matériel (volcan) et/ou par la modification de la densité (et donc la flottabilité) de la croûte ou de la lithosphère (plus chaud/moins dense). La croûte continentale étant plus légère que le manteau lithosphérique sous-jacent, la plus grande partie de l'épaississement crustal est absorbé à l'interface croûte/manteau (le Moho est plus profond). Cet épaississement provoque une augmentation du relief et, généralement une augmentation locale de l'érosion. L'érosion peut également être responsable de la création de relief par réponse isostatique.
Une chaîne de montagnes peut également être créée sur une frontière de plaque transformante (décrochante), ou extensive (bordure de rift ; le relief est créé par effet thermique)
Morphologie des montagnes[modifier]
Article connexe : Liste des types de montagnes.
Le Matterhorn (Cervin), sommet emblématique de Suisse (4 478 m)
La morphologie d'une chaîne de montagnes dépend de différents facteurs :
la vitesse de déformation (mouvements verticaux et horizontaux des roches) - la tectonique ;
la nature des roches (les roches tendres donnent des reliefs plus doux que les roches dures) - la lithologie ;
le climat, et en particulier l'intensité, la nature et la répartition des précipitations, comme la présence ou l'absence de glacier.
Une chaîne de montagnes tectoniquement active présente généralement des pentes importantes et des formes acérées, alors qu'une chaîne de montagnes inactive présente généralement des formes plus douces. Cette classification simpliste n'est cependant plus d'actualité.
La montagne la plus haute sur la Terre est le mont Everest dans l'Himalaya (8 848 mètres au-dessus du niveau de la mer), ou le volcan Mauna Kea à Hawaii qui émerge de 4 206 mètres au-dessus de la mer, avec sa base 5 500 mètres sous le niveau de la mer (soit presque 10 000 mètres de relief). La plus haute montagne en Europe est le mont Elbrouz dans le Caucase (le mont Blanc étant le plus haut sommet de l'Europe occidentale). La plus haute montagne connue à ce jour dans le Système solaire est Olympus Mons sur Mars, édifice volcanique de 26 km de haut pour un diamètre de 600 km.
Quelques montagnes célèbres : le K2, l'Annapurna, le Cervin, Ben Nevis, le Kilimandjaro, le mont McKinley, mont Rose, mont Whitney.
Érosion en montagne[modifier]
Croquis simplifié d'un paysage glaciaire en montagne
À l'échelle d'une chaîne de montagne, l'érosion est un puissant agent de répartition des masses ; en particulier, la réponse isostatique à l'érosion provoque un mouvement vertical vers le haut des roches, et éventuellement un soulèvement des sommets (si le rapport entre l'érosion des sommets et l'érosion des vallées le permet3).
L'action de la neige et du gel se produit sur les hautes pentes.
L'action des glaciers : Une vallée glaciaire est une vallée qui a été creusée par un glacier. Sous l'effet de son propre poids, le glacier glisse, se déplace (jusqu'à un mètre par jour pour le glacier des Bossons) et use la roche. Le domaine de plasticité de la glace étant particulièrement étendu, la masse de glace d'un glacier s'écoule lentement sous l'effet de la gravité. Elle entraîne avec elle des moraines frontales ou latérales. L'origine des moraines fait débat parmi les spécialistes : les ultraglacialistes estiment qu'elles sont produites par l'érosion du glacier. Les antiglacialistes pensent qu'elles ne sont que transportées par le glacier4. Après le retrait du glacier, il ne reste que des bourrelets parfois recouverts par la forêt.
Formes d'érosion