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- Pardon
« C’est encore loin ? » gémit une voix.
« Nous y sommes presque. » répondit une autre.
Dans la chaleur du désert, neuf êtres marchaient vers Clayra. Du moins, ce qu’il en restait ; à savoir quelques racines et une immense souche carbonisée. Ces morceaux de bois mort étaient les témoins de l’existence, jadis, de l’arbre millénaire.
« Alors c’est ça ? » fit Myo en arrivant.
« Oui, c’est cela. Tout ce qu’il reste après le passage de la folie d’une reine. » répondit Holos.
« Que doit-on faire ? » demanda Kokko.
« Ce que vous pensez bon de faire. » lui dit simplement le vieux prêtre.
Les six jeunes mages se souvinrent des paroles de Freyja à propos du pardon.
Ils s’agenouillèrent et fermèrent les yeux. Tous se concentrèrent.
Ils partirent au plus profond de leur âme, là où se trouvent les vertus, la sincérité et l’amour.
Ils demandèrent pardon aux morts. Pardon pour ce qu’avait commis leur peuple. Et ils restèrent là, tous les six, sans bouger.
Au bout d’un moment, Kokko ouvrit les yeux. Quelque chose vibrait dans sa poche. Elle y mit sa main et en sortit une sorte de grosse graine. C’était son père qui la lui avait confié. Ils pensait qu’elle s’avèrerait utile.
Kokko la saisit ferment et la jeta au loin sous le regard curieux d’Holos, Tarask et Freyja.
La jeune mage tendit alors la main dans le direction où elle avait lancé la noix et se concentra.
Autour d’elle, ses frères semblaient plongés dans une sorte de léthargie.
Des petites particules lumineuses d’un magnifique bleu turquoise leur flottaient autour. Puis, elles se regroupèrent et formèrent un flux en direction de Kokko qui se mit a baigner dans ces morceaux de lumière.
De sa main tendue émanait des sortes de vagues de ce flux magique.
Tout s’intensifia et les jeunes mages furent enrobés par la lumière. Il n’y avait plus de petites particules, mais seulement une sorte de mer bleutée qui enveloppait les six petits êtres.
Au loin, il se passait quelque chose.
Il y eut un craquement sec et une forme grimpa du sol vers le ciel.
C’était une sorte de pic vert. Ce pic s’épaissit et des appendices apparurent à sa surface. Les appendices grandirent, s’étirèrent, et d’eux naquirent de nouveaux appendices qui en firent de même.
Finalement, une lumière aveuglante s’installa. On aurait dit que le soleil s’était posé au centre du désert.
Et la lumière se retira, laissant place à un arbre.
Un jeune arbre.
Un arbre immense, géant, colossal.
Un arbre qui pointait vers le ciel.