Hier ou aujourd'hui, j'avais dit
Premier "vrai" chapitre de cette fic, donc.
J'ai essayé de changer le style, mais j'ai pas l'impression que ça ait reussi...
C'est à vous d'en juger de toutes façon.
Pour le coup, je vous demande vivement de me dire ce qui ne va pas, histoire que je m'améliore.
En ce qui concerne l'histoire, je vous l'avais dit, ça commence tranquilou, hein
Bon, j'vais pas non plus blablater pendant une heure, alors j'envoie.
Chapitre 1: Plume
Une jeune fille se tenait debout sur le ponton, face à une ville bâtie au beau milieu d’un lac.
Après avoir passé une année entière à errer, elle y était.
Et tout ça grâce à ce garçon.
Elle lui était grandement redevable, mais avait déjà oublié son nom…
Ça lui arrivait souvent.
Enfin, l’essentiel, c’est qu’elle arrivait finalement à sa destination.
La cité de Lago.
La jeune fille portait une combinaison noire sans manche, renforcée en certains points par des composants de barioth et une grande épée était attachée à son dos par une lanière de cuir.
La lame était noire, virait au rouge vers le centre, puis, à l’orange sur le dos. Cette dernière partie était dentelée.
Ses longs cheveux ébène qui lui arrivaient jusqu’aux genoux contrastaient avec ses grands yeux et son sourire qui lui donnaient un air enfantin.
Elle inspira et s’élança vers le portail grand ouvert, mais alors qu’elle le passait, elle s’emmêla les pieds et tomba face contre terre dans un grand fracas.
La poussière soulevée par le choc lui retomba dessus.
Les larmes aux yeux, elle passa la main sur son visage.
Ça allait, elle ne saignait pas.
Alors qu’elle allait se remettre debout, quelque chose lui cacha la lumière du soleil.
Elle leva la tête et vit une main tendue devant elle.
Son regard remonta le bras jusqu’au visage de la personne. Elle le distinguait mal à cause de la poussière dans ses yeux et du contrejour.
-Besoin d’aide ?
La jeune fille se releva d’un seul coup, essuya ses yeux et croisa ses bras, avant même que l’autre ne se redresse.
-Nan ! Ça ira !
Maintenant, elle distinguait mieux son interlocuteur.
Elle le regarda avec un air méfiant.
C’était un jeune homme de carrure moyenne.
Il avait les cheveux bruns et plutôt courts, à l’exception de mèches qui descendaient juste au-dessus de ses yeux, légèrement fendus à la manière des wyverns et soulignés de petites cernes.
Ces dernières lui donnaient un air fatigué et son teint maladif n’améliorait en rien les choses.
Sur le côté droit de son visage, une petite mèche pendait, tressée et attachée à l’aide de minuscules bandes de tissu. Ses oreilles étaient pointues.
Il sembla tout d’abord perplexe face à la réaction de la jeune fille, puis il se mit à sourire.
-On dirait que tu n’as besoin de rien, dit-il, toujours en souriant.
Alors qu’il allait repartir dans l’autre sens, elle l’interpela, gênée.
-Euh… Vous ne sauriez pas où se trouve la taverne de la guilde ?
L’homme fit un encore plus grand sourire, ce qui effraya un peu la jeune fille.
Il ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit...
Il essaya encore… en vain.
Il se concentra et tenta de crier… Toujours rien...
Le silence total...
Le garçon abandonna et désigna du doigt un panneau un peu plus loin dans l’allée.
Elle le remercia d’un geste de tête et se dirigea vers l’endroit indiqué.
Alors que la jeune fille lui tournait le dos en se demandant comment elle avait pu tomber sur quelqu’un d’aussi étrange, l’homme remarqua l’épée dans son dos.
Il repensa au visage de cette fille…
Il lui était familier.
L’homme voulut l’interpeler une nouvelle fois, mais il ne pouvait toujours pas prononcer le moindre mot.
Alors qu’il allait se lancer à sa suite, il se mit à cracher du sang et s’effondra au sol, sans même qu’elle ne le remarque.
Le jeune fille s’arrêtta devant le panneau.
Un peu plus loin, elle apercevait une fontaine au milieu d’une place circulaire.
Quelques personnes marchaient d’un pas pressé.
Elle observa le panneau puis se dirigea vers une autre allée sur sa droite.
Maintenant qu’elle y pensait, c’était la première fois qu’elle venait dans une ville.
Jusqu’à présent, elle n’avait vécu que dans des territoires totalement naturels et à vrai dire, elle était un peu déçue par la superficie de Lago.
Elle imaginait ça beaucoup plus grand et bien plus peuplé.
Après avoir marché sur environ 300 mètres, elle arriva à la taverne.
Décidemment, cette cité était minuscule.
Elle ouvrit la porte et pénétra à l’intérieur.
Une dizaine de tables, entourées de chaises, occupaient inégalement l’espace.
Un panneau d’affichage,suspendu sur le mur en face de l’entrée, était recouvert de papiers.
Il n’y avait qu’une seule personne, assise derrière le comptoir :
Une jeune femme, vêtue d’une robe rouge et blanche, qui dormait, la tête posée sur un livre. Une tresse pendait dans son dos.
La porte claqua derrière la visiteuse et la dormeuse se réveilla en sursaut.
Toujours à moitié assoupie, elle observa la taverne à la recherche de la source du bruit.
Lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait une invitée, son visage s’illumina.
La gérante de la taverne essuya d’un geste rapide le filet de bave qui liait sa bouche à la page humidifiée du livre et déclara :
-Bienvenue à la taverne de Lago ! Que puis-je faire pour vous ?
-Eh bien en fait, je suis à la re…
La gérante l’interrompit et la bombarda de questions.
-Vous êtes chasseuses ?
-… oui…
-Et comment vous nommez-vous ?
-Plume…
Elle observa plus attentivement la jeune fille, puis, tout en feuilletant le livre sur lequel elle dormait, elle demanda :
-Tu m’as l’air un peu jeune pour être chasseuse, non ?! Quel
âge as-tu ?
-12 ans…
La femme dévisagea une nouvelle fois la jeune chasseuse.
Elle lui aurait presque donné moins...
Mais elle était équipée pour chasser, bien que théoriquement, la chasse n’est autorisée qu’à partir de 17 ans.
En tout cas, son nom ne figurait pas dans la liste.
La serveuse continua son interrogatoire, demandant tout et n’importe quoi à son invitée, de ses préférences gastronomiques à son poids où son QI.
Plume ne trouvait pas de réponse à la plupart de ces questions.
Après vingt minutes, elle en eut assez.
-Excusez-moi, mais…
- Ah, oui ! Désolée, je m’égare. Eh bien, que puis-je faire pour toi, Plume ?
-Je suis à la recherche d’un certain Scythe, vous connaissez ?
La gérante écarquilla les yeux en entendant ce nom, puis elle reprit, quelques instants plus tard:
-Tu es là pour combien de temps ? Tu as besoin d’une chambre pour la nuit ?
-Eh ! Je vous ai posé une question, arrêtez de changer sans cesse de sujet !
Elle prit un air sévère et dit :
- Ecoute-moi bien jeune fille, je ne sais pas où tu étais ces dernières années, mais la nouvelle a depuis longtemps fais le tour de Gardemine. Scythe est m…
Avant qu’elle eut terminé sa phrase, la porte de la taverne s’ouvrit dans un grand claquement, laissant entrer un homme trapu aux épaules très larges et aux bras musclés.
Il avait la tête rasée de prés, son crane était tatoué d’une tête de mort, et sa mâchoire proéminente lui donnait un air simiesque
Une masse était accrochée à son dos.
Il balaya la salle d’un regard noir, qui s’arrêta sur Plume. Ils se fixèrent pendant un instant, puis, elle éclata de rire.
Elle rigolait tellement qu’elle en tomba de sa chaise et se mis à se rouler par terre en se tenant les côtes, renversant les tables à proximité.
En reprenant son souffle, elle parvint à bafouiller avant de repartir de plus belle:
-Ce type… Il… Il est t… trop marrant !
Le type en question s’avança vers elle et la souleva au-dessus de sa tête en la tenant par le col.
-T’as un problème fillette ?! grogna-t-il.
Plume s’arrêta de rire.
Elle regarda à nouveau le visage de l’homme.
Il était du type « effrayant »… Puis, ses yeux s’attardèrent sur sa taille.
Même quand il la soulevait à bout de bras, elle parvenait à toucher le sol en étirant ses pieds…
Ce gars était minuscule !
C’était la première fois qu’elle voyait quelqu’un de plus petit que son mètre 47.
Cette seule pensée la fit s’esclaffer à nouveau.
-Grrrr ! Toi…
-Qu’est-ce que tu vas me faire ?!...…… S’pèce de Nain !
Cette remarque fit entrer l’homme dans une colère noire. Il leva le poing mais fut interrompu par la serveuse.
-Grog ! Arrête-toi là. Ce n’est qu’une enfant. Et puis, elle pourra peut-être nous aider, elle est chasseuse.
-Tss ! La guilde recrute vraiment n’importe qui ces derniers temps ! Mais c’est vrai qu’on sera pas trop de quatre pour résister à la crue.
Puis, l’homme lâcha Plume en lui annonçant :
-Tu as de la chance qu’Amelia soit là… Sinon, tu aurais morflé, gamine.
Il emprunta ensuite les escaliers dans le coin de la taverne et monta à l’étage.
Le sourire aux lèvres, La jeune chasseuse demanda à la gérante:
-La crue? C’est quoi ? Ca a l’air marrant !
- Ca n’a rien de marrant, répondit la femme, exaspérée. Tous les ans, à la même date, des leviathans remontent le fleuve et assaillent la cité. Quand on a de la chance, ce ne sont que des ludroths, voir quelques gobuls. Mais il arrive que des lagiacrus en plus ou moins grands nombres attaquent aussi. Le problème c’est que dans cette ville, il n’y a deux chasseurs… Trois depuis quelques mois. Donc, certaines années, on avait beaucoup de mal à repousser les monstres. Mais avec un chasseur de plus, ce sera déjà plus simple. Enfin, je dis ça, mais je ne sais pas ce que tu vaux au combat…
-A la chasse, je vaux mieux que n’importe qui dans cette ville.
-Tu m’as l’air bien confiante, dit Amelia en riant.
Plume lui répondit d’un air sérieux et déterminé :
-Je ne suis pas simplement confiante, c’est un fait.
Une telle certitude se lisait dans les yeux de la jeune chasseuse que la femme en aurait presque été convaincue elle aussi.
Une voix sombre se fit entendre du fond de la pièce.
-Et quand-est-ce exactement, cette crue ?
L’homme qui avait parlé se trouvait dans le coin de la taverne, assis les jambes et les bras croisés.
Il portait une cape et une capuche qui empêchaient de voir son visage.
-Ah, c’est toi Ash ? Je ne t’avais pas remarqué.
-Comme toujours… Et si tu répondais à ma question ?
-C’est dans 2 jours. Ce sera la première fois pour toi, c’est bien ça ?
-Oui… La toute première fois...
Il eut un temps d’absence avant de continuer :
-Bon, je monte me coucher. On aura besoin d’énergie pour demain.
L’homme encapuchonné monta à son tour les escaliers.
Il ne devait même pas être 17 heures.
Ce détail fit sourire Plume, qui trouvait les habitants de cette ville de plus en plus amusants.
-Et j’aurais le droit de participer, moi aussi ?
-On ne refusera pas un peu d’aide ! répondit Amélia.
Elle leva la tête vers l’horloge qui trônait au-dessus du comptoir. 16 heures vingt.
-En parlant d’aide, je me demande s’il n’y a pas quelqu’un qui en aurait besoin...
Reste là, je dois vérifier quelque chose.
Et elle sortit en courant.
Un quart d’heure plus tard, elle revint un homme à l’épaule.
Durant ce laps de temps, Plume avait vidé les placards et s’était constituée un casse-croute plus que consistant.
De nombreuses miettes gisaient sur le sol.
Amelia déposa l’homme sur une chaise et lui renversa un verre d’eau sur la tête. Il ne se réveilla pas.
Pendant que la serveuse essayait différentes méthodes, de plus en plus violentes, pour réveiller le malheureux, la jeune chasseuse l’observait de plus prés.
C’était l’homme qu’elle avait rencontré en passant le portail.
Celui-ci se réveilla alors qu’Amelia sortait du débarras, un énorme marteau à la main.
Il se mit à crier.
Cette fois, il y parvint.
-AAAAAAAAAAHH !! Qu’est-ce que tu fais avec ce truc !
Elle eut un sourire en coin.
-Dommage… Si tu ne t’étais pas réveillé…
-Tu allais vraiment me frapper avec ça ? Je me demande parfois si tu veux m’aider ou si tu veux ma mort…
L’homme remarqua Plume. Il se leva et s’approcha d’elle, les yeux écarquillés.
-Toi, ton épée, où te l’es-tu procurée ?
Elle eut un geste de recul.
-C’est un héritage, en quelques sortes…
-Comment t’appelles-tu ? Quel est ton nom ?
-Plume… Juste Plume…
Il parut décontenancé.
-Et qui sont tes parents ?
L’expression de la jeune fille changea, passant de la surprise à la tristesse.
Il n’obtint pas de réponses…
-Comment s’appelaient-ils ?!
-Je ne sais pas vraiment… Je ne me suis jamais posée la question. Pour moi, ça a toujours été « papa ».
-Et ta mère ?
Une nouvelle fois, aucune réponse.
-Qui était ta mère ?
-Je ne l’ai pas connue. J’ai toujours vécu avec mon père…
-Et tu as quel âge ?
-Douze ans. Mais je ne sais même pas pourquoi je vous raconte tout ça, c’est pas vos affaires. Qu’est-ce que vous avez tous à poser des questions ? Je commence à me demander si je ne préférais pas la compagnie du gorille.
L’homme ignora cette dernière remarque.
Ca lui semblait évident à présent.
Tout se rejoignait !
IL attrapa Plume par les épaules, la regarda droit dans les yeux et lui annonça :
-Je suis Scythe.