Fail
Ray79
C'est ce genre de commentaires que j'apprécie. Construits, donnant un avis détaillé et les attentes de la personne, soulignant les défauts qu'elle a remarqué. Merci de tes remarques et prenez exemple sur lui (svp).
Sinon, revenons à nos moutons.
Le plus long intervalle entre deux chapitres: 1 mois et 3 semaines ! Mais, je reviens parmi vous avec cette suite. Un chapitre qui n'a rien de particulier à part le temps qu'il a mis à paraître. Je l'ai commencé y'a presque deux mois, je l'ai fini hier
(pas qu'il fut long à écrire, juste que j'ai rien glandé).
En espérant qu'il vous plaira 
(j'ai tenté de tout poster d'un coup, mais un bug m'a empêché de poster un message trop long... le chapitre sera donc en deux parties, ne vous étonnez pas)
Chapitre 11 : Les sœurs Saikyuki
Avec sa peau foncée, elle avait un air d’habitante des terres arides, ce qui étonnait un peu étant donné son lieu de vie. Derrière ses lunettes rectangulaires, son regard bleu passait de l’un à l’autre des arrivants. Ses cheveux d’un blond extrêmement clair étaient coupés assez court et, du côté gauche, étaient attachés avec une barrette en une mèche qui descendait sur son visage jusqu’au niveau de son menton, laissant son front en grande partie dégagé. Son sourire faisait penser à celui d’un enfant, et pourtant elle dégageait comme une aura de cognition. Ses vêtements ressemblaient légèrement à ceux d’une beauté de guilde, mais de couleur différente. Une veste légère, une jupe, et des bottines, le tout en orange. Une tenue peu chaude qui laissait deviner son accoutumance aux basses températures. Les deux bras joints devant, elle tenait un livre volumineux titré « Léviathans ». La jeune femme se pencha bien bas pour saluer les étrangers et la neige qui lui restait dans les cheveux tomba à terre avec un petit « flop ». Elle se redressa avant de se présenter:
-Shinami Saikyuki, à votre service. Nous ne pouvons pas parler affaires pour l’instant, mais venez donc vous réchauffer à l’intérieur en attendant. Ma sœur ne devrait pas tarder.
Elle fit volte-face et retourna sur ses pas avant de s’arrêter dans l’encadrement de la porte. Tournant doucement la tête, elle jeta un coup d’œil derrière elle. Les quatre invités n’avaient pas bougé.
- Vous ne venez pas ?!
-Et si tu commençais par nous dire ce qu’il se passe, là ? Lui envoya sèchement Blade.
-Eh bien, je pensais que… Que c’était clair…
Elle marqua une pause.
-Avec le… Le panneau, je veux dire…
Une voix claire appela depuis les bois.
-Shinami ?
D’entre les troncs sombres des arbres, une autre femme arriva. Elle avançait d’un pas gracieux, sûr et léger, si bien qu’elle ne laissait pas, ou presque pas, de traces dans la neige. Ses yeux d’un bleu extrêmement pâle et livide, presque fantomatique, ne bougeaient pas et restaient parfaitement immobiles, comme fixant toujours le même point, mais avec une certaine dureté qui lui donnait un air sérieux. Sa peau était identique à celle de Shinami, mais ses cheveux étaient un peu plus pâles et bien plus longs, descendant jusqu’au bas de son dos. Ils lui cachaient le front et, de chaque côté de son visage, une longue mèche lui descendait jusqu’aux clavicules. Elle portait un serre-tête d’écailles blanches duquel partaient deux crocs orangés à l’avant, au-dessus des mèches, et de la fourrure à l’arrière, qui lui recouvrait le haut du crâne. Sur ses épaules, une veste lui descendant jusqu’aux genoux, des mêmes écailles et de la même fourrure blanche que celles du serre-tête, ornée par endroits de petits objets noirs, des morceaux de pointes de barioth. En dessous, faits des mêmes composants, un gilet et une jupe, la seconde s’arrêtant elle aussi aux genoux. Elle chaussait des bottes qui se prolongeaient en protège-tibias.
Elle et Shinami se ressemblaient autant qu’elles étaient différentes. En les voyant, on pouvait sentir qu’elles étaient radicalement opposées, et ce tout en leur trouvant un flagrant air de famille.
-Qui est-ce ? Lança-t-elle sèchement.
-Byan ! Tu es de retour ! Ce sont des clients, ne t’inquiète pas.
A la mention du mot « client », Blade fronça les sourcils. Etre un client implique une dépense, et il n’aimait pas vraiment utiliser l’argent sans que ce soit absolument nécessaire.
-Et si vous nous disiez qui vous êtes, vous ?
Le feu crépitait dans une grossière cheminée de pierre, ce qui ne l’empêchait pas de réchauffer toute la maison. Ils se trouvaient dans le salon, autour d’une petite table rectangulaire. Il n’y avait aucune décoration, simplement la table, quatre chaises, et le feu. La sobriété de la pièce n’était troublée que par les quelques trous dans les murs qui offraient une vue sur la neige de l’extérieur, contrastant avec la noirceur du bois. Des courants d’air ne cessaient de s’engouffrer à l’intérieur, faisant vaciller la flamme sans jamais l’éteindre.
Dans un coin, une porte menait à une seconde pièce, la dernière du cabanon, qui n’en comportait que deux. Elle menait à la chambre des deux sœurs et l’entrée était interdite aux clients.
Blade et Aol avaient entamé une discussion avec Byan et Shinami. Ils s’échangèrent des informations. Les uns sur eux-mêmes, leurs moyens, le but de leur voyage et les affaires de l’extérieur, omettant volontairement toute histoire de mise à prix. Les autres sur les services proposés et les tarifs qui les accompagnent. Rien de bien amicale, somme toute, même si les jeunes femmes apprécièrent de recevoir des nouvelles du reste du monde.
En fait, les sœurs Saikyuki aident les hérauts, voyageurs, et autres civils à traverser la toundra sains et saufs, moyennant finances, bien évidemment… Et les prix peuvent parfois monter très haut. Mais ce business reste peu intéressant, étant donné le peu de personnes qui s’aventurent dans cette région dangereuse, et parmi elles, le peu de marchands auprès desquels elles peuvent dépenser leurs gains. Cela leur permet simplement de petites fantaisies, à l’occasion.
Ainsi, elles survivent par leurs propres moyens la majorité du temps et, malgré les apparences, sont bien rodées à la vie dans les terres enneigées. Elles les connaissent plus que n’importe qui ou presque, et jusqu’à présent, aucune des personnes qui se sont fiées à elles n’a eu à le regretter.
-On n’a pas besoin d’elles !
Autant Aol semblait intéressé par l’offre des deux femmes, autant Blade la refusait catégoriquement. Pour les mener jusqu’aux limites nord de la région, elles demandaient deux cent-mille zennys. Une somme qui paraissait exorbitante au chasseur et raisonnable à son ami, puisqu’elle leur offrait la garantie d’arriver de l’autre côté rapidement, mais surtout en un seul morceau.
Voilà plusieurs minutes qu’ils se querellaient et leurs deux felynes avaient fini par s’endormir au coin du feu. Shinami ne savait pas quoi faire et bafouillait quelques phrases afin de les calmer, sans succès.
C’est Byan qui, perdant patience, les interrompit. Elle abattit son poing sur la table avec violence et le choc résonna dans la maisonnette réveillant les lyniens assoupis et faisant sursauter sa sœur.