Informations générales :
Titre français
L'île Infernale
Titre original
Tengoku no Shima
Année de parution
2009 au Japon, 2012 en France
Statut
Terminé
Genre
Seinen - action, drame, social, anticipation
Auteur
Yusuke Ochiai
Editeur original
Nihon Bungeisha
Editeur français
Komikku Editions
Magazine de prépublication
Comic Break
Nombre de tomes parus
Trois
Prix
7,90 euros
Synopsis :
La peine de mort n’existe plus au Japon. La peine ultime qui la remplace est l’exil sur une île coupée de tout. C’est là qu’arrive Ei Mikoshiba après s’être fait intentionnellement condamné. Son but : retrouver l’assassin de sa famille, son ancien ami, Sasaki. L’île-pénitencier se révèle un véritable enfer sur terre, une jungle sans pitié où les prisonniers, livrés à eux- mêmes, ont constitué une société d’une violence inouïe dans laquelle seuls les forts peuvent survivre. Ei semble taillé pour cet environnement hostile, mais réussira-t-il à accomplir sa vengeance ?
Quelques pages utiles :
- http://www.manga-sanctuary.com/bdd/manga/12496-l-ile-infernale/ la page Manga sanctuary de l'oeuvre.
Quelques illustrations :
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Mon avis :
Tout lecteur un tant soit peu attentif ces dernières années aux parutions mangas aura remarqué que pullulent les titres mêlant anticipation judiciaire, isolement géographique et survie. L'île infernale s'inscrit parfaitement dans cette mouvance, et échoue en cherchant à jouer sur tous les tableaux comme nous le verrons ci-après, mais pour l'heure, intéressons nous aux dessins qui vont constituer la première source de déception du manga.
Le trait est généralement précis et fourni, conférant détail et relief aux personnages, les diverses émotions véhiculées par le regard et les traits du visage étant bien retranscrites, mais il s'avère parfois plat et manquant de dynamisme. L'originalité vient de la présence de planches partiellement ou totalement dessinées avec ce qui ressemble à du crayon à papier ou du fusain, dévoilant des teintes assez rares dans le manga et une coexistence intéressante avec le trait net plus classique. Le problème est leur rareté puisqu'elles se concentrent dans le premier tome et s'effacent peu à peu. Le rendu global, s'il est correct, échoue cependant à proposer une identité visuelle forte et novatrice alors que les ingrédients étaient réunis. Dommage.
Si la forme est acceptable, il n'en est pas de même pour le fond puisqu'on n'est jamais emporté par le récit plombé de défauts rédhibitoires. Comme je l'indiquais au à titre liminaire, ce ne sont pas les titres partageant une ou plusieurs des caractéristiques de l'île infernale qui manquent. Avec Battle Royale, Lives, l'île d'hozuki, le berceau des esprits, Btooom!, Suicide Island, Freesia, Area-D et consorts, Yusuke Ochiai se devait d'être inventif pour sortir du lot, mais il n'en est rien puisque le scénario est somme toute assez convenu avec les passages obligés comme la découverte de l'île, de la société des bannis, le héros vengeur, puis des enjeux plus singuliers mais qui ne parviennent jamais à se dégager de l'impression persistante de déjà vu.
Pèse ensuite le manque de profondeur du titre qui débute pourtant par l'annonce de l'abolition de la peine de mort, présentée comme la plus importante réforme judiciaire de l'archipel dans un contexte d'explosion de la criminalité. L'auteur n'exploitera jamais ce contexte en apportant des réflexions sur ce choix politique que toute société doit faire et ses conséquences, qui par conséquent ne restera qu'un prétexte au huit-clos et à l'arrivée d'autres pistes de réflexion artificielles. J'ai décelé une possible critique du conformisme et nationalisme japonais, mais si elle était réelle, elle manquerait tellement de substance que la mentionner est inutile.
Enfin, la dernière tare majeure de notre objet d'études réside dans sa trop grande dispersion. En effet, bien qu'Ochiai utilise une trame assez convenue dans son déroulement, l'île infernale foisonne de thèmes qui ne sont qu'ébauches écartelant l'unicité à laquelle aspire la plupart des oeuvres. Le titre cumule une anticipation inefficiente, un drame avec une traditionnelle vengeance, de la survie sur une île hostile, mais aussi une société de criminels flirtant douteusement avec le grotesque, et d'autres enjeux pas plus convaincants, le tout étant expédié et agrémenté de facilités pour tenir en trois tomes.
En conclusion, l'île infernale est un titre totalement dispensable que vous pouvez ignorer sans crainte. A réserver aux collectionneurs obsessionnels.