Informations générales :
Titre
Lives
Année de parution
2006 au Japon, 2009 en France
Statut
Terminée
Genre
Seinen - Action, Fantastique
Auteur
Masayuki Taguchi
Editeur original
Akita Shoten
Editeur français
Soleil
Magazine de prépublication
Champion Red
Nombre de tomes parus
Deux
Prix
7,99€
Synopsis :
Une nuit sur Tokyo, une pluie de météorites inexpliquée s’abat sur la ville. Alors qu’elles croyaient avoir perdu la vie, plusieurs personnes s’éveillent dans un monde qu’elles ne reconnaissent pas.
Shinma Shingo, héritier d’une grande famille de combattant, se retrouve subitement plongé dans cet univers, en compagnie d’un jeune garçon. L’exploration de ce monde va lui révéler une horrible vérité : les hommes mutent et deviennent des créatures féroces prêtes à s’entretuer pour survivre !
Peut-on garder une part d’humanité quand notre bestialité est poussée à son paroxysme ?
Quelques pages utiles :
- http://www.manga-sanctuaruary.com/bdd/manga/6470-lives/ la page Manga Sanctuary du titre.
Quelques illustrations :
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Mon avis :
Bon, pas la peine de présenter le dessinateur Taguchi, Battle Royale, Black Joke, tout le monde connaît. Alors sur le trait je ne vois pas ce qu'il y a à dire excepté que le gars maîtrise vraiment son sujet. On aime ou pas le chara-design, personnellement je trouve qu'il se démarque des autres et est vraiment sympathique. Quant au reste, tout est soigné, détaillé, les cases sont remplies, l'action est très lisible, classe, la mise en scène est bonne elle aussi. De ce côté-là c'est vraiment du tout bon.
Taguchi doit être un type déjanté pour s'être toujours investi dans des projets un peu loufoques, se mettant au service d'histoires qui combinent toujours de la violence, de superbes gonzesses, des culturistes aux muscles hyper développés, du fan service, du sexe et quelques touches un peu immorales allant du massacre d'enfants à des relations pédophiles. Il faut croire qu'on ne change pas une méthode qui gagne avec Lives, seulement il ne se contente pas ici du crayon mais s'occupe aussi du scénario. Le pire est à craindre.
L'embryon de script ne consiste qu'en une justification d'un bouleversement du monde connu pour laisser carte blanche et créer n'importe quoi par la suite. On découvre donc concomitamment cet univers et le passé de différents groupes de personnages par flashbacks. J'ai lu des critiques sur la lisibilité de l'intrigue, mais à moins d'être un cotorep, il est quand même relativement aisé de distinguer l'avant et l'après cataclysme. Nous sommes en effet plongés dans la région du Kanto autrefois urbaine et peuplée devenue jungle luxuriante et mortelle remplie de monstres mutants et de rares survivants.
Rien n'a vraiment de justification ou de sens, entre l'absence de repères temporels, cette forêt sortie de nulle part, la survie de certaines victimes, leur réveil progressif dans ce qu'ils croient être le paradis, le déclenchement de transformations et cet ange bandant qui apparaît parfois pour délivrer des échantillons de philosophie de comptoir. De plus, cela s'additionne aux habituels délires sexuels de Taguchi, une bonasse léchant de manière équivoque les larmes d'un gosse de huit ans, tandis qu'une autre est prête à se faire troncher deux minutes après la découverte de cet univers et le massacre de ses amies.
Mais bon on s'en fout de tout ça, et sans croire lire une merveille, on poursuit en espérant d'éventuels développements sympathiques. Malheureusement les défauts apparaissent bien vite, et le seul point positif en sus des planches, réside dans l'action plaisante qui ne poursuit toutefois aucun but louable. Les personnages et les valeurs véhiculées reproduisent parfaitement le classique modèle de japoniaiserie parodiant valeurs humanistes et héritage d'arts martiaux. Les parcours et caractères des protagonistes sont clichés, et on verse rapidement dans l'amitié et la compassion salvatrices.
On contemple donc un peu hagards la simultanéité du déferlement de violence et cet appel à sortir renforcé d'une plongée dans les maux des hommes, à aider et comprendre l'autre se traduisant par les fadaises des séquences émotions pleines d'outrance inhérente au genre manga. La série se clôt à la fin de ce second tome au terme d'un dénouement bidesque reposant sur la vacuité du scénario pour finir d'achever un bordel parfaitement consommé. J'ai vu être évoquée une décision extérieure à l'auteur, mais qu'importe, pour ce que ça change.
Là où Black Joke était marrant, où Battle Royale était dérangeant et apportait, même infructueusement diront certains, un peu de fond, Lives n'est que néant. Au-delà de la forte impression que m'avait fait à l'époque ce titre par son contenu osé, aujourd'hui dissipée par la lecture de mangas du même acabit, il faut avouer que c'est quand même sacrément mauvais.