tome 1
Que vaut Silver Spoon, l’actuel manga tant attendu d’Arakawa qui repasse aux commandes du scénario, annoncé comme original et dépaysant ? Quant au dessin, je le trouvais très efficace dans Full Metal Alchemist, et force est de constater que j’ai moins été porté ici, pour deux raisons. A bien y réfléchir, son trait est efficace, relativement original et reconnaissable au premier coup d’œil, mais pas vraiment beau. Il y a peu de boulot sur les ombres, tout est assez anguleux, le blanc prédomine souvent, et au final, beaucoup de cases laissent l’impression de n’être qu’une surface vierge noircie au minimum, juste assez pour faire naître décors et personnages.
Vous me répondrez que c’est ce en quoi consiste un dessin, et vous auriez raison, car l’impression est assez difficile à transmettre, mais je dirais qu’ils paraissent être le fruit d’un travail robotique, trop précis et propre, pas assez bouillonnant. En définitive cela manque de vie, d’autant plus que cette sensation est accrue par ce titre, avec une narration très posée, sans action pour colorer le tout comme dans Fullmetal Alchemist qui nous aspirait dans son récit captivant, or on ne peut pas renvoyer un bilan aussi positif une fois fini ce premier tome de Silver Spoon.
Silver Spoon est un manga à la fois tranche de vie et comique, deux registres qui imposent la méfiance. Quant au premier d’abord, pour faire simple, ça se lit mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Il y a beaucoup d’éléments attendus, ils s’occupent des animaux, ils font des activités sportives, ils ont une vie de pensionnaires. Rien ne surprend vraiment à part le parcours de notre intello de héros qui est assez décalé, voulant changer de vie tout en s’assurant un parcours facile en intégrant ce lycée agricole. Les personnages sont soit extrêmement banals, soit haut en couleurs, un peu trop même, car ils participent à cette finalité humoristique qui est pour moi un échec.
Peu nombreux sont les mangas à avoir réussi à me faire rire, et Silver Spoon ne me semble pas taillé pour en intégrer la liste. L’auteur abuse du comique basé sur l’exubérance des personnages comme le club de reproduction bovine, la répétition avec les chevaux ou les trous de balle de poules, l’exagération avec beaucoup de passages déformant et simplifiant les personnages, des émotions surjouées. Je sais pas, pour moi ça ne fonctionne pas. En réalité j’attends plus de son discours sur le rôle des animaux, condamnés à être utile ou mourir, que de ses traits d’esprit, mais je ne me fais que peu d’illusions, le premier sera largement relégué au second plan par le second.
Silver Spoon, un manga qui sans être pénible à lire ne fait pas forte impression, me laissant craindre qu’Arakawa a réalisé avec Fullmetal Alchemist le meilleur manga de sa carrière, qu’elle n’est pas près de nouveau ne serait-ce que de frôler. Rockin a totalement raison dans sa critique, c’est un titre qui manque d’enjeux, je me demande d’ailleurs comment il va tenir la cadence sur plus de six tomes. J’ai donc hâte de voir la suite en ayant la crainte de voir en celui-ci un suiveur de Thermae Romae condamné à sombrer dans l'oubli.
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