Me replonger dans Assassination Classroom et en poursuivre la découverte m'aura permis d'affiner mon jugement sur cette oeuvre. On constate que la lecture n'est pas éprouvante, on ne se surprend pas à souffler et pester en plongeant plus en avant dans l'histoire, et ce car l'auteur a la bonne idée d'adopter une narration très versatile qui se renouvelle sans cesse et vient se superposer au fil conducteur de l'assassinat du professeur. De nombreux arcs de quelques chapitres à une quinzaine pour le plus long s'enchaînent, apportant nouvelles situations et personnages, approfondissement de leurs passé, caractère, relations, en conséquence de quoi même si beaucoup de passages sont assez anecdotiques, on ne s'appesantit jamais.
L'autre point fort du titre n'est autre que Korosensei l'extra-terrestre, étant logiquement le personnage auquel le plus de soin est apporté. C'est d'abord de lui que sont issues la plupart des fantaisies qui pimentent le récit et qui visent souvent à découvrir ses faiblesses grotesques, et ensuite son rôle de professeur parfait qui se consacre entièrement au bien de ses élèves arrive à être attendrissant, même si on préférerait le voir développé au sein d'un titre plus réaliste à l'instar de Blessures nocturnes. Le revers de la médaille de cet épanchement de bons sentiments est que les contours du dénouement sont distinguables à l'avance, et que ça sent l'avalanche de niaiseries.
Mais le problème majeur du titre de Matsui est qu'il n'est absolument pas drôle. Durant cette grosse dizaine de tomes, je n'ai été touché par son humour que trois fois il me semble, et ce dans les deux premiers tomes seulement, après c'est le désert de l'inspiration comique. C'est vraiment dommage qu'il ne se creuse pas la tête pour faire plus de ces références externes à son manga que j'ai toutes trouvé drôles, qu'elles soient sur Naruto, Parodius ou encore l'Ecce Homo, j'étais plié pour cette dernière. 
Le gros de l'humour se résume bien souvent à des vannes récurrentes où les personnages surpris tirent des gueules pas possibles de trois pieds de long. Inutile de dire que c'est vraiment faible. En définitive, un titre anecdotique de plus au compteur du Jump.