Très bon manga dans l’ensemble. Pour moi, il n’y a pas une seule partie ratée, que ce soit l’arc du jeune Thorfinn jusqu’à celui du Vinland. J’aime beaucoup la fin, car elle correspond parfaitement à ce que l’auteur a voulu transmettre : il n’existe pas de solution définitive, et tout ce que l’on peut faire, c’est continuer d’essayer, parce qu’un monde en paix, sans guerre, est un idéal qui mérite qu’on se batte pour lui.
J’ai particulièrement aimé cette idée du cycle infini de la violence : même après tout ce que Thorfinn a traversé, il y aura toujours des ignorants prêts à reprendre les armes (Ivar et les autres). Au fond, ce que recherche Thorfinn relève presque d’une approche nietzschéenne : il veut un renversement des valeurs de la société de son époque, une société qui ne vit que pour la guerre et qui place l’honneur guerrier au-dessus de tout. Ce qu’il tente d’accomplir, c’est l’instauration de nouvelles valeurs pour remplacer les anciennes, et on voit tout au long du manga son combat presque désespéré pour y parvenir. J’ai trouvé cela très intéressant qu’il n’y arrive pas totalement à la fin. On aurait pu s’attendre à une happy ending où il réussit enfin, mais non, et cela apporte beaucoup de réalisme à l’œuvre.
J’ai aussi aimé le fait que même Einar finit par se laisser emporter par la violence et y succombe, aussi bien physiquement que moralement. Personne n’est réellement à l’abri.
Concernant les points “négatifs” qui n’en sont pas vraiment pour moi c’est vrai qu’on aurait pu avoir davantage de développement autour de Knut, Thorkell ou encore du voyage de Thorfinn en Turquie. Mais ce n’était tout simplement pas le propos de l’auteur. Il ne voulait pas faire un récit historique détaillé sur Knut ou sur les voyages de Thorfinn jusqu’à Istanbul ; il voulait raconter une œuvre centrée sur la guerre, la paix et l’évolution intérieure de Thorfinn.
Tout le manga tourne autour de son refus catégorique de la violence. Dans cette logique, il n’était pas nécessaire de continuer à développer Knut, puisque l’auteur avait déjà raconté tout ce qu’il voulait avec ce personnage. Même chose pour le voyage à Istanbul : oui, il aurait pu créer davantage de péripéties autour de cette partie, mais ce n’était pas la direction choisie, et je ne pense pas que ce soit un problème pour autant.