A mon sens, il n'y pas un support pour Maison Ikkoku qui soit plus fort que l'autre. Les deux versions ont chacune des points forts et sont excellents sur toute la ligne parfois pour des raisons similaires mais d'autres fois grâce à leurs forces propres.
Par exemple, vis à vis de la transmission des émotions, de la chaleur et de la vie que dégage l'oeuvre, c'est trés délicat d'en mettre un devant l'autre. Par exemple, pour les scènes de l'hôpital (Tome 4 et Episodes 41-42), le manga va beaucoup plus loin que l'anime. Les faits se déroulent plus naturellement de manière moins maniérée, le tout est fait avec plus de sensibilité et avec un talent narratif qui ne peut émaner QUE de la plume de Rumiko Takahashi. Il en résulte que ces scènes, si elles sont en effet superbes dans l'animé, n'atteignent pas -pour moi évidemment- le pourcent de ce qu'elles véhiculent dans le manga.
A contrario, tu as des scènes comme celles liées au "quiproquo des 2 restaurants" (Tome 2 il me semble et épisode 14) qui sont belles dans le manga mais qui sont totalement transcendées dans l'anime où l'agencement des images, le fond musical, les couleurs et les sons leur donnent une dimension grandiose avec un ton presque désespéré.
D'autres scènes encore comme certaines du dernier tome (tome 10 et épisodes aprés 92) sont explicitées TRES différemment entre manga et animé (un rideau qui se ferme -les gens ayant vu l'anime me comprendront-
), décrivent bien sur la même scène mais pas sous le même aspect ni avec la même sensibilité mais dans les deux cas le résultat est à la hauteur c'est-à-dire très haut (rappelons le).
Donc pour moi, si on regarde du côté du vrai fond de l'oeuvre (c'est-à-dire sa dimension sociale et la description des rapports humains et tout ce qui y est lié), on est au même niveau globalement entre manga et animé. Ca dépend des moments en fait.
Après, le point fort évident de l'animé par rapport au manga, c'est sa belle OST (des mélodies qui marquent pour longtemps + quelques insert songs assez bien foutues -exemple de l'épisode 27-) qui sublime vraiment la totalité des événements, à fortiori les moments dits "forts". Cela-dit, je reste convaincu que les talents de narratrice de l'auteur mettent l'intensité de ces moments (pour la plupart) au même niveau de puissance par des jeux de personnages (regards, silences suggérés, immobilisation de l'instant aussi suggérée).
En revanche, là où je reste ferme, c'est la supériorité du manga sur l'anime sur la question de l'humour. On a beau dire, transcrire parfaitement le génie absurde de Takahashi sur un écran, c'est absolument impossible et on le voit clairement avec l'anime de Maison Ikkoku (qui pourtant réussit à être drôle). Y a quand même un sacré côté de "gags" qui font dans le creux dans l'anime, ils ont plus un aspect "bon gros gag potache familial" alors que dans le manga, t'as cet humour rumikesque si particulier bâti à coup de grosses répliques et des gueules absolument imbouffables de persos comme Ichinose ou Yotsuya. Ça a pas de prix.
Pour résumer, à mes yeux, les deux versions butent autant et sont indispensables. Normal pour les meilleurs anime et manga au monde.
