Lu Archie vs Predator, c'était très bon.
Dans un bon crossover du type - qui sont presque systématiquement des séries comiques du fait de l'absurdité de la rencontre de base -, c'est l'utilisation croisée des codes de deux univers qui fonctionnent mal entre eux qui crée l'effet de comique de situation, et ici c'est pleinement le cas.
Contrairement à d'autres séries Archie qui tentaient d'explorer une écriture différente, comme la série zombie, on part d'une vraie histoire typique des lycéens de Riverdale, avec le style graphique original du verse et leurs triangles amoureux à deux ronds, qui dérape dans la folie au moment où ils remmènent dans leurs valises du Costa Rica un Predator au design archisé absolument fantastique qui va massacrer tout le monde à Riverdale.
Du côté de Archie, tous les éléments sont là : jughead est un abruti qui pense qu'à manger, veronica et betty font les bibitch pour séduire le héros, on a une saupoudrée de surnaturel avec Sabrina, on a la salle de classe, on a l'éternel diner et cie. Du côté du Predator, on retrouve des moments de fan service directement empruntés, la vue subjective en vision thermique, les crânes arrachés rattachés à la colonne vertébrale - la série est très violente globalement, et ça se marie parfaitement avec l'univers cartoonesque du style Archie original -, on a même la présence d'un perso qui fait penser à Schwarzy qui énonce précisément les règles de comportement observées par les Predators dans la plupart des séries. Seule petite entorse à la règle, on peut guère considérer que les perso de Archie constituent des grands guerriers à même d'être ciblés. La scénariste Alex de Campi s'en tire en faisant du Predator un alien adolescent avec une genre d'obsession pour Betty et Veronica. Dans la tonalité comique du titre ça passe, on lit guère de toute façon ce genre de bouquins pour la crédibilité des motifs des personnages.
L'écriture est vraiment chouette, beaucoup d'humour, beaucoup de cynisme assez brutal également dans les dialogues, les morts des différents personnages étant accueillies avec une certaine nonchalance par les survivants, quand ils se foutent pas ouvertement de leurs gueules. Le final est...surprenant, on adhérera ou pas mais il s'insère bien dans le reste. J'aime beaucoup la manière dont le design simpliste et pop de l'univers original sert de théâtre à cette histoire loufoque, et bien que ce soit un détail pour certains, ça fait plaisir de lire un bouquin dont l'encrage et le lettrage ont été faits à la main, à l'ancienne.
En bref c'est cool, si le délire des Alien versus / Predator versus le monde entier vous fait marrer, foncez, c'est un des meilleurs éléments du genre.
